‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 90 sur 111 · RUE DE REUILLY ET RUE ERA.RD · texte numérisé non relu

RUE DE REUILLY ET RUE ERA.RD

Doradour, Marguerite Chevré, Marguerite Goiissault, Jeanne Amelot, Antoinette de Roiivroy, Anne Bonnet, Marie Mole, Elisabeth Chevré, Elisabeth de Sainte-Foigne, Antoinette de Maintenant, Madeleine Chev/é, Madeleine d'Angest, Marie- Anne Duhamel et Françoise Macé, religieuses professes de cette Abbaye Royale. La maison faisant suite h la manufacture de glaces était louée à une boulangère par ces religieux, qui en avaient la propriété absolue. Beaucoup de boulangers habitaient alors ces parages. Le moyen de nous étonner qu'une boulangerie Bethmont et Déranger, 33 rue de Reuilly, se dise fondée en 1656 !

Lecarurier de Saint-Germain, gendarme de la garde ordinaire de Louis XV, gentilhomme des enfants de France, avait eu Dufix, tailleur d'habits, pour prédécesseur dans une maison et un jardin sis en haut de la rue ; Guillaume Barreau, bourgeois, lui succéda.

La petite-maison du marquis de Duras n'est-elle pas devenue, elle aussi, une manufacture sous le premier empire ? Le marquis y recevait M"'' Ledoux, qui lui vola un jour une boîte d'or ; la duchesse de Mazarin en avait fait cadeau, comme souvenir, à M. de Duras, lors de son mariage. Ce qui vient par la flûte s'en retourne par le tambour!

Royer, maître de pension, et un de ses confrères avaient été établis rue de Reuilly avant la fin du règne de Louis XIV ; les sieurs de Longpré et Le François y tenaient une école des sciences mathématiques et historiques sous Louis XVL M. Saint-Amaiid-Cimetière y fut ensuite chef d'institution. Des écoles et des pensionnats pour les jeunes filles catholiques et protestantes rivalisent, à notre époque, dans la même rue, que n'ont pas entièrement envahie les fabriques. Les diaconesses, sœurs de charité protestantes, ont le chef-lieu,

NAGUERE PETITE RUE DE REUILLY. f,27

de leur institution au n** 95 : un hospice, un pensionnat, une maison de refuge et une maison de correction y sont réunies sans se confondre. Un peu plus haut, les dames de Sainte-Clotilde, dont la communauté est enseignante, occupent, depuis 1821, l'ancienne propriété dans laquelle les carrosses du roi allaient prendre les ambassadeurs catholiques par la porte qui donne rue Picpus.

Rue Portâtes,

8ainte-Barbe, et vue Villeneuve,

NAGUERE

Saint-Étienne-Boniie-Hoiivelle. (il

Propriétaires en 1 720 rue Sainte-Barbe :

Côté des numéros impairs.

Godin.

Cudel.

Le Pas.

Dedieu, coin de la rue de la

Lune.

Les frères de Lenoncourt,

maîtres-cordonniers, autre

coin.

Idem.

Les filles de l'Union-Cbré-

tienne.

Côté des numéros pairs.

Dame Ledoux, à l'Ecu-de-

France.

Labarque, tailleur.

Frémont.

Denis, au Monarque.

Navet, aux Trois-Cornets.

Subtil, à b^ainte-Anne.

Marchand, architecte, coin

de la rue de la Lune.

Héron, mUre coin.

Les Filles-Dieu.

Dame Lataux.

(1) Notes publiées en 1802. Le bienfaisant M, Porlalès, dont la rue Sainte-Barbe porte maintenant le nom, était encore vivant et curé de l'église Notre-Dame-de-Bonne- Nouvelle. La rue Saint-Etienno-Bonne-Nouvelle n'avait pas encore reçu la dénomination de l'ancien quartier de la Ville-Neuvr, dont elle avait fait partie, comme la rue Sainte-Barbe, comme la rue Bourbon-Villeneuve, à-piésent Aboukir^ etc.

RUE PORTALÉS, ETC.

Rue Sainte-Etienne

Mi'e Mercier.

Questier.

Chambon,

Noury, avocat.

Leprince, marbrier.

Ferré, tailleur.

Idem.

Tirard, à la Fleur-de-Lis.

Levicomte.

Veuve Polsac, à Saint-Louis.

Idem.

Courin, coin de la rue de la

Cheuvry.

Lune.

Idem.

X, autre coin.

Veuve Titon, à la

re-

Huart, capitaine du quartier.

du-Roi.

Turpin.

Baudoin, coin de la

me

de

la Lune.

Dame Lemaître, autre

coin.

Dame Brion.

Raltelier.

Rue ]llaric-!§ltuai*cl. (i)

En passant dans une rue qu'elle ne connaissait pas, Marie Sluard, reine d'Ecosse et de France, demanda comment elle s'appellait ; mais le nom en était si peu honnête qu'on le corrigea une première fois en répondant : — Rue Tire-Boudin.

Cet adoucissement parut si nécessaire qu'on en oublia l'autre nom, qui rappelait trop que la rue avait été de celles où se parquaient les femmes de mauvaises vie et mœurs. Deux siècles avaient déjà accepté cette pudique réforme quand Saint- Foix rappela, dans ses Essais sur Paris, l'anecdote à laquelle elle était due. Fouché s'en inspira, alors qu'il exerçait le commandement dans la police impériale, pour donner au môme scrupule une satisfaction plus complète, en substituant le nom de Marie-Stuard h. celui de Tire-Boudin.

Cinq paysans, chargés de provisions pour les halles, furent gelés dans la nuit du 20 janvier 1608, h l'entrée de ladite rue. Le froid avait eu, cette nuit-là, une intensité rigoureuse dont Henri IV lui-même s'était ressenti au Louvre. Le roi raconta, en effet, h Pierre Mathieu, assistant à son petit-lever, qu'il s'était réveillé la bai'be toute gelée dans le lit que partageait la reine : circonstance aggravante pour la rigueur de la température!

Le n° 24, à l'enseigne de Saint-Sauveur, appartint simultanément à trois frères: Henri de Valois, écrivain critique, avocat, historiographe de Louis XIV; Charles de Valois et Adrien de Valois, seigneur de la Mare, poète latin, qui fut aussi historiographe du roi.

(1) Notice écrite en 1802.

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