‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 97 sur 111 · RUE DU RENARD, ETC · texte numérisé non relu

RUE DU RENARD, ETC

de-spectacle. Des amateurs y jouaient la comédie, au commencement de la République; des acteurs plus ambitieux leur succédèrent, en ouvrant au public payant le théâtre de la Concorde. Si la rue était trop étroite pour les voitures, il en fut autrement de ia salle pour les piétons, qui ne s'y aventurèrent eux-mêmes que peu de temps. Ce théâtre était-il à gauche, ou bien â droite? D'un côté comme de l'autre il y avait eu place, sur des cours ou jardins d'anciens hôtels, pour cet établissement malencontreux. Quels étaient-ils donc, les hôtels d'une voie si peu carrossable? Il se peut que le n" 1 de ce temps-ci ne soit pas absolument autre qu'une maison, située au même endroit, dont le propriétaire était Desnots, secrétaire des finances, vers la fin du xv!!*" siècle. Mais les chiffres impairs qui suivent ne montrent plus rien d'un hôtel qui communiquait aussi par une allée avec la rue Neuve-Saint-Merri et qui avait appartenu à René Potier, président au parlement : le conseiller d'État René de Marillac y avait pour voisins le président de Lesseville et M. de Ruzenval; puis la maison passa au petitfils de M. de Marillac, le duc de la Trémoille, encore mineur, mais déjà pair-de-France et président des États-de-Rretagne par droit de naissance. Quant aux chiffres pairs, ils commencent et ils finissent aristocratiquement par une construction séculaire, sans compter le n- 10, qui se flatte d'avoir eu pour maîtres, durant le dernier siècle presque entier, les princes d'Orléans. Il nous paraît probable néanmoins que le propriétaire de cette maison, sous la Régence, fut un simple conseiller au parlement, Lucas, seigneur de Muin, qui en avait une autre adjacente, et non pas le régent. M. Lucas y tenait d'une part à Arnauld de Pomponne, conseiller d'État, garde-d es-sceaux, abbé commendataire de l'abbaye Saint-Médard de

Page 1