IMPASSE DES PEINTRES
Vive la liberté... des théâtres! On pourra, grâce à cette liberté, rouvrir un jour ou l'autre la salle de spectacle qui, ou commencement du premier empire, occupait le quatrième étage d'une maison, impasse des Peintres. Ce* théâtre en chambre s'arrogeait le titre de spectacle bourgeois, bien qu'un savetier en fût le directeur. On payait 6 sous au parterre, dont l'entrée, basse comme la porte d'une geôle, obligeait à se plier en deux, et les places coûtaient le double aux premières loges, où les maris montaient derrière leurs femmes par l'échelle d'un moulin â vent.
Dans le même cul-de-sac, sous la Constituante, demeurait Hugon de Basseville, qui écrivit une Mythologie, puis des Mémoires sur la Révolution. La Convention l'ayant nommé secrétaire de légation à Naples, Hugon de Basseville passa eu Italie; mais à Rome, le 13 janvier 1793, il fut assailli par des gens du peuple, qui le frappèrent d'un coup mortel. De cet assassinat, une vengeance éclatante fut tirée par la Convention, qui, d'abord, adopta le fils de la victime.
Aussi bien le n° 4 ne peut-il pas ôtre la maison que Guyon Ledoux, maître peintre, faisait construire dans ce cul-de-sac, sous le règne de François I er ?
C'était là une petite nie, [dite de l'Arbalète, au commencement du xiv° siècle, et les enfants d'un peintre nommé Gilles, ou d'un particulier nommé Gilles Lepeintre, y jouissaient d'une maison à la même enseigne que la rue. Puis c'était, en l'année 1365, la ruelle sans chef des Étuves, qui passa rue de l'Asne-Rayé, à cause d'un hôtel qui arborait l'image de cette espèce de zèbre. .La dénomination de Portc-aux-Pcintres suivit de près, et ne fut abrégée qu'au momênt môme où la troupe du savetier donnait ses représentations. La porte aux Peintres, qu'on avait démolie du vivant de Guyon Ledoux, s'élevait dans la rue Saint-Denis, à la hauteur de notre impasse, depuis le règne de Philippe- Auguste.