‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 12 sur 85 · RUE CADET · texte numérisé non relu

RUE CADET

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L'amiral Duperré n'était encore que capitaine de vaisseau lorsque, sous Louis XVIII, il demeurait rue Cadet, 30, maison dont le fond fut bâti en 1717 pour Magne, voiturier, sur une place vague en marais, avec permission d'alignement sur le chemin des Percherons à Clie^nancourt.

sous NAPOLÉON IH. 5

Ce chemin e&t dit rue de la Voirie sur le plan de Paris en 1739^ où il nous apparaît bordé de murs et de quelques maisons ; mais celles-ci n'y sont Tune contre Pautre que vers le milieu à main droite. En dépit de cette autorité to>pograpbique, la dénomination de Cadet, dans les actes, a commencé à être préférée dès que le chemin s'est érigé en ruelle ; elle lui venait d'un clos Cadet, appartenant à une famille qui ne s'appelait pas encore de Chamhine; le clos était situé à droite et au-dessus d'une croix, plantée au point qui, à présent, fait l'angle de la rue Montholon. Les numéros S8, 26 sont des constructions basses de ce tempslà. Le 24, tenu sur les fonts un peu plus tard, a eu pour parrain les amours; rien d'étonnant à ce qu'un grand seigneur ait tenu petite maison aux Porcherons.

Disons adieu, en traversant la rue, à l'ancien manège royal, transféré rue Cadet en 1823, afin d'y succéder à un quartier de cavalerie, qui lui-même avait occupé l'hôtel d'un ci-devant grand seigneur; le comte d'Aure a dirigé avant Tassinari cette école d'équitation , dont la Ville payait le loyer et que subventionnait l'État; sa porte mo-^ numei\taleet décorée de chevaux sculptés, va disparaître; la pioche aura raison de ce qu'a épargné la flamme il y a treize ans, dans cet ancien manège où pendent encore, in-^ tacts par prévoyance, les tronçons de poutres qu'a noircis l'incendie; heureusement que Tassinari a transporté l'école tout près de là, passage des Deux-Sœurs, où te ma-

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flége Le Blanc soutient la renommée de ses prédécesseurs. Adieu de mémeaux masures contiguës, ancien logement do maraîcher. La partie reculée des numéros 19, f5, t3, dbnt les constructions remontent seulement à 1 828, repose sur un terrain qui appartenait aux Hospices.

Le 16, qu'a occupé André Gottier père, négociant, et puis le maréchal Clause!, figure déjà sur Fancien plan dit de Turgot; quelques grands arbres, qu'on surprend encore, malgré les empiétements de la pierre de taille et du moellon, y ont été plantés par les ordres de M. de Savary^ grand- maître des eaux et forêts dé Normandie, donataire en l'année 1773 de Le.Cordier de Bégars, marquis de îa Londe, président à mortier au parlement de Rouen. Du tout dispose en ce» temps-ci la famille dfci prince Murât, alliée à celle du^ prince de Wagram ; le firand-Orient y siège.

En face, ▼oioi , n* 9, Pancien hôtel du marquis de Gromont (nous croyons que ce nom est l'abr^é usuel de Coqueromont); là ftirent donnés des concerts par Tùlou, Martin, M*^ Malibran, Nourrit, Ponchard et autres vir^ tuoses, quand' c'était la salle Pieyel ; on y retrouve à notre époque plusieurs comptoirs de négociants, ainsi que la Caisse hypothécaire. Le 7 a été édifié en 181^, sur les jardins du maïquîSid'à côt^.

Concluons en rappelant que Claude Michelet, écuyer, oapiilaine> des chaises el^ garde de la véneriè^ de Louis XIV,

SCRJS NAFOLÉO!! HI. 7

a épousé M"' Ambroise Hérissions propriétaire de deux arpents et demi sur le terroir des Porcherons en la censive de Sainte- Opportune, et grevés d'une petite rente à l'hôpital de Sainte-Catherine. Jean Baudin, jardinier, les a achetés de cette dame en 1693, et revendus ensuite par lots; cette origine est certainement, commune à toutes les propriétés qui portent des numéros impairs, et peut-être à l'autre côté dans notre rue, déjà nommée Cadet au commencement du règne de Louis XY, mais bordée d'une berge de voirie sur sa rive gauche. Les bicoques respectables qu'on réussit à découvrir dans une cour, n** 5, étaient déjà sur pied à cette date. Avant l'avènement de Louis XVI, c'était, comme de nos jours, une vacherie, et rien n'est plus eu* rieux que cette persévérance de destination campagnarde sur un point de Paris devenu central, financier et porté à réduire toAis les appartements aux proportions des alvéoles d'uneruche.LegrandpèredeM. Guilliet, qui commande actuellement dans cette propriété héréditaire, l'acquérait en l'année 1773; ce crémier fournissait d'un petit lait réparateur les maltôtiers et les filles d'Opéra, dont le Champagne des petits-soupers avait délabré l'estomac.

LES ÂNOËNNES MÂfêONS DE. PARIS

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