‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 59 sur 85 · RUE CLOPIN · texte numérisé non relu

RUE CLOPIN

Elle doit sa dénominatioa à un logis du xm^ fc>^ècle^ et ce logis à un sieur Clopin. La rue, en revafiche^ a tr>s-bien pu donner naissance ^ comme nooi propre^ au verbe clopiner; par respect pour ce dérivé , six siècles se sont succédé sans la gratifiâr d'un pavé y et wcore bien moins de trottoirs ; elle est toujours fort escarpée ; on n'y marche que clopin-clopant* Elle lut dite aussi, au xvi' siècle, Chemin-Gaillard et du Champ-Gaillard^ désigniation qui se trouve expliquée dans la uotioe coûsacrée par nous-méme à son aboutiissant , la rue d'Arras, au coin de laquelle se trouve un marchand de vin. Jusque-là venait probablement, sous Henri lY, Tbabitation de ces hjommes d'armes occupant la partie élevée de la rue d'Ârras ; la salle-basse où se débitent le via. et Teau-de-vie doit, être un ancien corps de garde. Les chiffonniers et. chiffonnières en ont fait leurs Frères-Provençaux,Une senteur saumAtre s'en exhale, xjui remplace Tarème delà truffe; ce qu'<»n y dépèce de harengs, fmîs en hiver, saurets l'éfaé, pourrait se compter sur le plancher, joacbé de tètes, de queues et d'arêtes. Mais les habitués des deux sexes, qui déjainent sur le pouce chez ce marcbaïad de vin, n'oublient jamais, «quand leur poisson de mer de prédilection est iout frais , de jeter eu

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Pair certaine petite membrane^ luisante dbmme une pièce d'argent neuve, prise à tort pour son estomac, et que la rue Clopin appelle Tâme du hareng. Si le boyau reste collé au plafond, cela porte bonheur à l'homme ou à la femme qui en a constellé le ciel enfumé de la salie-basse, et il paraît qu'en général les convives ont la main heureuse : . les mouches s'en réjouissent en automne, mais n'y réus* sissent pas à faire place nette.

L'ancien mur de Philippe- Auguste séparait autrefois la rue Clopin de celle des Fossés-Saint- Victor, dite des Anglaises; le rapprochement date du siècle xvn, et la seule maison d'à présent dont l'origine s'y rapporte, nous la voyons n^ 6. Mais pour qu^en 1714 la rue Clopin ne fût forte encore que de trois maisons et d'uirë lanterne^ il ikllait que des murs la bordassent des deux côtés , car elle s'étendait ensuite, à cette époque, sur le territoire actuel de l'école Polytechnique, sans compter qu'elle avait pour débouché une petite rue Clopin, qu'on retrouve à l'état d'impasse rue Descartes. La portion de ta rue supprimée en 1809 longeait ci-devant, du côté droit, le collège de Boncourt, fondé en 1 357 , et où Voiture avait été élevé, puis réuni au collège de Navarre, dont le mur donnait du côté gauche. Une arcade avait mis en communication l'un avec l'autre ces deux collèges, séparés par la rue Clopin, et que depuis 1 809 remplace l'école Polytechnique.

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RUE DU aOS-BRUNEAU.

M. Rousseau, notre éditeur^ est désolé que tous les frais de repiherçhe^, de rédaction et d'impression incombant aux présentes brochures, sur les maisons anciennes de Paris, rem pèchent d'en acquérir une, avec Targent des sousçripteurB. Les neuves, au point de vue du revenu, sont évidemment les meilleures. Quel dommage qu'elles se ressem* blent toutes I L'ancien Paris s'est fait tout seul, quant aux maisons particulières ; chaque règne n'en a pas moins frappé de son empreinte iœffacée les ru«s ouvertes en vertu de ses lettres patentes, mais dues à une initiative qui diffé-^ rait à chaque instant. Sur cette chevelure, où frisent de» traditions que nous tâchons d'accommoder, mais redevenue presque crépue pour avoir essayé de toutes les coiffures, leis décrets impériaux tirent des raies imprévues, sans rendre chauve la tète volumineuse dont les cheveux druidiques se coupèrent à la malcontent cinq ou. six fois en dix-lmit siècles, ondulèrent pompeusement du temps de Louis XIV, et puis jetèrent tant de poudre aux yeux sous le règne de son successeur. Les tranchées opérées par le génie moderne entassent, il est vrai, )^ familles dans des habitations noui> velles plus pressées l'une contre l'aigre, mais pour rendre

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à la voie publique l'ampleur retranchée an logement ..San^ cette satisfaction donnée aux besoins d'une circulation multipliée par les chemin de fer, il noijseût été impossible d'entreprendre le travail auquel nous nous livrons. N'eut-il pas fallu toute une vie pour en trouver les éléments^ si les sinuosités curieuses du vieux Paris^ insurgé une fois de plus; nous avaient joué te tour de résister aux coups de ciseau de la ligne droite , diminuant les plis et replis de$ souvenirs de tant de siècles?

C'est ainsi que la rue des Ecoles vient de supprimer tous les numéros pairs de la vieille Tue du Clos-Bruneau, où nous a déjà entraîné la notiee de la rue des Carmes. M. Rousseau, qui connaît bien Paris, a gagné par là une gageure ! On lui avait porté le défide jp^onnaître, à la seule inspection de quatre maisons coatiguës , dans quelle me s'arrêterait un fiacre, qui l'amena par de longs détouj^s, les stores baissés, au beau milieu de la nie doait nous I>ar- Ions. Notre brave collaborateur aurait, certes, perdu son pari si le cocher Teût fait descendre dans une rue de création récente : les traits particuliers y manquent k la plupart des constructions. Par ex^nple, oo ne trouve pas deux rues du Cios-Bruneau , et fraacbem^it c'était assez d'une»

Il exista pourtant deux clos ayant cette dénomination; l'un, à la place du Luxembourg; l'autre, près de ia rm Judas, pseudonyme de la me du Clo«-Bruneatt, 4oflt 4e

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nmn fut aitôsî porté par la me Jean-de-Beauvais. L'ancienne rue Jttdas est maintenant sur des échasses^ à cause de l'abatôseoient du sol, ^teroûné par la rue des Ecoles. X'bôtel des Pyrénées s'y fait remarquer, b'* i 3, en situation pittoresque comme il convient à son titre montagnard; puis il est récrépi à neuf. Les autres maisons de cettq rive escarpée sont noires, comme si eUes portaient ie deuil de la rive dont la leur est veuve, après tant de siècles d'hyméoée. L'enswgne d'un iparchand de vin, au coin de la rue de la Montagne-Sainte^Geneviève, s'est de même inspirée de Télévation du site; ui> paysage alpestre y repose la vue, avec ces mots : Au repos de la montagne. Des balayeurs, des marchands de peaux de lapin et des étameurs de casseroUes couchent, par chambrées, en vue de la voie nour velle qui, disent-ils, leur fera froid l'hiver, et leur tiendra trop chaud l'été. Ils demandent une indemnité. ^

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