RUE DU GLOÏTRE-SAINT-MERRY
ff^eA épït^erm en gros. — I.'héritière des Gouffler, dues de Roanne. — .!<• «ne VaUlvpaki. -^ Iléfpl 9mhQm. ^ Esprie Yieanet* — t<es Jaseseonsols.
L'angle de la rue Saint-Martin et de la rue du Cloître- Saint-Merry s'appelait la Barre de Saint-Merry^ et il y existait une barrière attenante aux prisons du chapitre de Saint- Merry et au lieu qui servait aux assemblées capitulaires. L'aspect dû n** 84, toisin de ladite encoignure, et possédé longtemps par les chanoines, n'a pourtant rien d'une geôle du moyen Age; le S12 eât resté lui-même jusqu'à ta pre* mière République au chapitre de Saint-Merry, teqad y a eu poiB* locataire, au milieu du xtu"" siècle, Ragcieneau, «rmcàt en pariement. Pour en augmenter le produit, les chanoines ont ftdt rebâtir l'une et l'autre maison sous Louis XV, époque oà le commerce en gros et l'industrie, y succédant à la ' magistrature, dominait déjà rue du Cloître, t^omme dans tottt ie quartier des Lombards. Les épices, il est vrai, ne faisaient pas peur au palak ; dame Justice, a dit un vieux poêle sans vergogne,
t*|yar avoir mangé trop d'épico,
S e*t ttif tout le fMiMf en feu. ^ ,
S6US NAPOLEON lU; i5
Le 48, damr lequel réside Mv Moinery, président naguère du tribunal de commerce, date de 66 ans par-devant; majs^, par-derrière, il a trois siècles, grâce à son origine commune arec le SIO, dont la façade ne dissimule pas Page. Arant rînvasîo» des Lombards, nous voulons dire des négociants en gros, on y trouve messire Pierre Hennequrn, président à mortier; puis Nicolas Hennequin, président âa grand conseil ; puis Henri de Gouffier, marqoîs de Boissy , époux de Renée-Marie Hennequin. Charlotte GouflSer, fille de Marie-Hénée, épouse François d'Aubusson, comte de la Feuillade, lieutenant-général; mais Charlotte a pour frère Artus GouflSer, seul héritier du titre de duc de Roanne, créé pour Claude Gouffier, marquis de Boissy, par Charles IX. Ce seigneur désintéressé abandonne à sa sœur la totalité de ses biens, en Tannée 1666, résigne volontairement son duché et son marquisat, en faveur de Charlotte, qui les apporte à son mari, substitution que confirme Louis XIY. La seule réserva que fasse te donateur a pour objet Phôtel héréditaire qa!\l habite au doitre S^int-Merry. Artus acquitte une dette de coeur, qu'il eolore du titre d'échange, en gratifiant de cette propriété une dame, qu'un événement récent rend opportuT^ de consoler, Marguerite Archambault, qualifiée dans l'acte de cession veuve de noble homme- Pierre Héli^y en son w&ant bourgeois âe Paris, Certes, on n'est
ft» f\uB genttthomim ! Un autre eAt enricU 1» veuve sans
IB LES ANCttNNfiS MAISONS OË PARIS
y fiftirè la part du défuni ; m^s Artus de Goliffier^ ea difitii*^ buant des titre», en a fait porter an m qian de la teadrQ« Margu^ite, qui sonnmt mal de son \itant ; le moins que, sa mémoire mérite, c'est une seigneurie postixao^, et le^ Toilà; par aete notarié) transformé eu ombre ampfaiiNe, noble homme par-ci, bourgeois par-ià, de qualité une fois mort, roturier et vilain la veille ! C'est alors que se divise l'hôtel ; M""* Héliot en vend une partie à Petitjean, chape^ lier ; Savari, garde-mattre des eaux et forêts de Norimidie^ et sa femme, Louise-€atiierine Ragueneau^ acquièrent,, d'autre part, le n*" %0 d'à présent : tes deux maisons tiennent, par derrière, à l'hôtel Pontcarré, qui, plus tard, vers la fin du règne de Louis XY, devient l'hôtel d'Abbe** ville. Pierre-Paul Savari, sieur de Bontervilliers, gentil^ homme de la maison du roi, transporte, en l'année t704^ la propriété de son père à Jacques Molin, marchand, bour^ geois de Paris ; puis Delbos de la Borde, président*tréso* ner de France an bureau des finances de Guienne, en dispose après Jacques Molin, et la baille, à son tour, à Le Conte, épicier-(h*oguiste,^ qui en était déjà le locataire^ ainsi que Gerbet, son confrère. Des Le Conte, en 1S08, l'immeuble passe, par voie d'acquisition,< entre les mains du sieur Chevalier, lequel, trente-six années après, est le vendeur de M. Broux, père du propriétaire actuel.
Aussi bien le cloître Saint-^M^ry comprenait dans son périmètre la rue Brise-Miche^ ainsi que la rue Taitlepaiii,
sous N^yPOLÉOM m. . 1J7»
qui côtoie la n"" i8 ; msué ladite nielle est sous de£, depuis (pie tes quatre propriétaires riverains out obtenu de la pourvoir d'iaie double ^ille. Ou s'est boraé^ au reste^ à reproduire de notice temps une mesure déjà prise^ en 4 779> à la requête des chefciers et chanoines de Saint-Merry, qui s'étaieat &it autoriser à verrouiller la rue TaiHepain^ par le bureau des présidents-trésoriers de France^ géoérau^ des finances etgrands-voyers de la généralité de Paris* Âiutoine^ Masiîmilien Dabos, seigneur de Biuanville^ conseiUer au parlement, était alors propriétaire du 16, que son fiis, le marquis Dabos de Binanville , premier cbambeliaû de MoBsieur, frère du roi^ réunit au 14^ vers le commence* ment du règne de Louis XVI; cette famille tenait par al<* Mance à cdle des Bauyn de Cormery, qui a donné un officier général auK armées du roi. Quant à ses deux maisons dû cloître Saint'Merry, elles^ touchaient par derrière à Thètel d'Orléans^ d'après une de8criptk)n de 4783, ce qui prouve qu'à cette époque-là on ne comptait plus la pauvre rue TaHie"pain. Mais, que dis-jel les Dabos avaient déjà vendu le44 à Robert Aniel, huissier à cheval au Cbâtelet ; ils ne posséf daierït plus que l'autre maison, confisquée {«ir l'Etat en^ suite et adjugée en 4791, au citoyen Simon Gabrid. M. le docteur Barroux signe aujourd'hui les quittances de loyers des deux immeubles, ramenés au sort commun.
Une inscription, n"" 40, attire l'attention des curieux ; Fedt fr^i magna quipotm$ est, 4783. Dans cette maison
sont réunis un fourneau économi<]tïe de bienfaisance^ un bureau de gecour», «ne école pour les filles et un bospke transitoire de quinze lits. Esprit Viennet, mort en fTtô, après aToir été curé de Saint-Merry pendant quarante aB$, a fondé cet hospice dans une propriété à lur. 11 mait prêté serment à la Constitution civile du clergé, eh 1796 ; mais il* avait refusé d'occuper, comme évêque de Paris, fe siège dMn titulaire vivant. Ce curé bienferisant a eu pour frère Jacques- Joseph Viennet, député de l'Hérault à l'Assemblée législative et à la Convention; il était l'oncîe de M. Vîennet, membre de TAcadémie française.
La rue du Cloître Saint-lVferry n'a été prolongée jusqu'à la rue du Renard qu^après avoir perdu son propre débouché sur la rue de la Verrerie. À Tendroi* où elle faisait coude, s'élevait la maison de la juridiction consulaire, diteles Juges- Consuls, et dont la porte fiit, décorée d^une statue de Louis XIV, en marbre, par GuiRain. Cesten 1844 qu'on a donné au bout de rue, détacM de celle du Cîoître-Satnt- Merry, le nom de rue des Juge«^-Consuls. Celte-ci, par conséquent, a hérité d*Hne belle maison à l'angle des deu* rues, qui tient par derrière à TégHse, et dont If^rchitecture virile, due à Rîcher, était vantée au dernier siède. RScard, trésorier de France honoraire, jouissait de cette résidence vers 1750 ; la rue du Cloître-Saint-Merry était alors portée, sur les états de l'Hôtel-de-Ville, pour *5 maisons, 6 lanterne».
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