RUE CLOVIS
N'attribuons pas aux rois mérovingiens l'ouverture de la rue Clovis ; elle ne fut percée qu'en l'an xni de la République, entre les rues Clotilde et Descartes, sur l'emplacement de l'abbaye de Sp^inte-Geneviève, et prolongée jusqu'à la rué dés Fossés-Saint- Victor qu'en 1 809. Le collège Henri IV, lycée Napoléon, a conservé une tour génovéfaine, dont nous vous parlerions assurément, ainsi que de Saint-Étienne-du-Mont, si les églises et les collèges actuels se trouvaient dans notre ressort. Aux maisons particulières d'un autre âge s'étend uniquement, chose convenue, là juridiction de nos enquêtes, et le malheur veut qu'aucune habitation ne partage avec la tour carrée et le Dûonument consacré au culte précités, leurs droits d'aînesse ?ur la voie publique tracée, comme pour les séparer, aussir
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tôt>cpie rUniversité eut divorcé avec PEglise- Cette nie déjà monumentale, appelée à dominer Paris du haut des ruines d'un monastère royal, n'était pas taillée dans le vide; au lieu de fui infligi^ un nom tiré du Panthéon moderne, le fondateur d'une dynastie nouvelle la fit monter «ur le pavois du conquérant, père de la monarchie.
Faute d'anciens logis humains, nous découvrons le Ioï^ de la rue Clovis, à travers des bocages encore plus élevés que la chaussée, des nids d'hirondelles historiques grâce au granit où ils s'attachent. Chaque année en renouvelle uniquement la mousse, dans les fissures d'un pan de mur, large environ d'un mètre et demi, et qui nous reste de l'enceinte de Philippe- Auguste. Ce fragment de clôture, vu de profil, qu'éclaire la nuit un bec de gaz, indique l'ancien niveau du sol; mais on n'y retrouve plus les créneaux qui d'abord couronnaie^nt l'enceinte. Le collège de Boncourt et celui de Navarre avaient de ce côté pour limite la muraille de Philippe-Âuguste. Une Histoire de PariSy publiée en 4781 par Poncelin, avocat au parlement, fut ornée de gravures précieuses par Martinet ; nous y revoyons la belle entrée de ce collège de Navarre, que décoraient des statues et d'autres sculptures ; la grande cour du collège y est éga^ ment reproduite, puis le jardin du principal, enfin un ^tee dortoirs de la maison qu'une ingénieuse disposition avait fait les modèles du genre. Des bâtiments e^ la c^pdte 4e cet illustre établissement subsistent enccare de nos jouM,
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comrne pour excuser Martinet de n'en avoir pas donné le dessin. Fondé en 1304, par Jeanne de Navarre, reine de France, au profit de soixante-dix boursiers, ce collège de plein exercice a compté pour élèves Henri III, Henri IV, le duc de Guise, le cardinal Louis de Bourbon, le prince Eugène de Savoie ; on disait que le roi de France en était le premier boursier, de fondation, et que les revenus de sa bourse s^employaient à acheter des verges pour entretenir ta discipline. Les archives de la nation de France étaient confiées atrx écoliers de Navarre, avant que Tuniversité de Paris les transférât à Louis-le-Grand. Réunie à celle de Boncourt, la maison n'a été fermée que par la grande Révolution. En vertu d'un décret daté de Saint-Cloud, le 9 germinal an xm, Napoléon a décrété que l'école Polytechnique fût transférées dans les ci-devant collèges de Navarre et de Boncourt.