RUE DE CLUNY
VHâtel de Scdni-Qumtin occupait le n^ 5 ; sa porte était rue deg Cordiers, où la remplace de no» jours la boutique d'une marchande à la toilette. Des pierres en saillie^ qui hérissent la fagade domiamt rue de Clwiy, prçuvent qu'une
& LES ANàÊNNKS MAISONS DE PARIS
wûtea servi d'issue à c^e rue, du côté d# la ruè des Grés. Au surplus, l'édifice est haut, e^ né dirait-on pas que tout y parle? Un escalier à baiustres de bois le mesure perpendiculainement; des fenêtres à coulisses, prenant jour sur différentes faces du bâtiment, le croisent d'étage est ^tage, mais avec mdns de symétrie que dans 1^ constructions modernes qui ue disent rien. Au quatrième, gémit une porte en chêne, lorsqu'elle met à découvert un pas usé, seuil d'une chambre mémorable dans laquelle Jean- Jacques Rousseau reçut d'abord Thérèse Levasseur. C'est même la maison dès grands hommes, en cetjue Mably et Gondillac l'habitèrent, comme le philosophe genevois.
Sur la même ligne sont le 1 et le 3 ; l'une de ces vieilles bâtisses se tient parfaitement droite encore , sur un rez-dechaussée que l'abaissement du terrain a déchaussé pourtant jusqu'au sous-sol ; l'autre s'affaisse, comme un soldat obèse, n'ayant plus que ses pieds qui gaulent l'alignement. Toutes les deux datent, comme la première, il n'en faut pas douter, de l'ouverture de la rue, qui eut lieu dans le xni* siècle. On y remarque fort peu une boutique, où Robert donnait à manger, du t^nps de Mably et de Gondillac, à raison de 12 et 16 sols, et qui traite encore au même prix, mais avec un menu différent. En 1714, cinq maisons, deux lanternes composaient le contingent dé cette voie de conununication, qui finissait à l'arcade précitée. Son prolongeiûent jusqu'à la rue Soufflot ne remonte qu'à Tannée
SOUSNAPOLëON Hi. 9»
4849; mais le projet en fut conçu Tan xiu^ et la prescription en eut lieu dès Pannes 18316. Sur cinq maisons, nous en avons vu trois; cherchons -en deux sur Tautre rive, qui a subi un reçutement notable, la seconde année du règne de Louig*Philippe.
Sur cette ligne des numéros pairs, on a élevé des maisons encore neuves.. Ne voyez-vous pas, n** 6, un hôtel garni d'étudiants, qui ne ressemble plus du tout au ci*devant hôtel Saint-Quentin? Franchissez néanmoins la porte, et TOUS parviendrez à reconnaître que le bâtiment du fond n'est pas nouveau. Autrefois, en effet, il se trouvait incorporé à une vaste propriété qui partait de la place Sorbonne, allait jusqu'à la rue des Grés et longeait toute la rue de Cluny, en s'étendant, grâce à l'ancienne arcade, sur une partie de la rue des Cordiers. La maison qu'habita Jean- Jacques dépendait, par son origine, de ce domaine considérable, siège du collège de Climy, qui donna son nom à la rue. Il en reste surtout une chapelle dont le fronton, surmonté d'une crête sculptée, dépasse à peine la toiture d'une maison de la place qui porte le n^ 7 ; mais cet ornement délateur n'est visible que du haut des marches de réglise. Un grand libraire, M. Hachette, a fait un magasin de livres de cette chapelle abandonnée, masquée sous toutes ges faces, abordable uniquement par la cour d'une autre maison neuve, le %\ de la rue des Grés. Plusieurs abbés, prieurs et docteurs en théologie^ de la congrégation de
Gluny, furent inhumés dans les caveaux de la petite église, à son tour ensevelie dans l'ombre» Ce sous^^ol, mis à découvert par la décroissance du niveau, donne accès, sous d'épais arceaux, aux porte-faix de la maison Hachette, qui, chaque jour, font un vide et en renaplissent un autre, dans les rayons de cette bibliothèque de volumes en feuilles et brochés, profond tonneau des Danaïdes qui s*épanche sur le monde entier! Le collège de Cluny regardait comme ses fondateurs Yves de Vergy, abbé de Cluny sous te règne de saint Louis, Yves de Chasant, son neveu et successeur, puis Henri de Fautières, abbé au commencement du xiv^ siècle. Tous les prieurs et doyens subordonnés à Tabbaye èd Cluny étaient obligés d'entretenir un ou deux boursiers dans ce collège, créé en 1 269 au profit des reKgieux de leur ordre, dans Thôtel des évêques d'Auxerre, attenant à la porte Saint-Michel. La maison était exclusivement destinée à l'étude de la philosophie et de la théologie. Quant au nombre des élèves, il devait s'élever à vingthuit ; toutefois, on ne comptait, en 1779, que six boursiers et un prieur. L'importance de l'établissement, comme édifice, ne se fut pas trop justifiée, si les abbés de Cluny, n'avaient pas fait dans ce collège leur séjour, lorsqu'ils s'arrêtairat à Paris, avant que Pierre de Chalus eût acquis une partie du palais des Thermes. Nonobstant, les abbés de Cluny avaient déjà un h6tel faubourg Saint-Germain.
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