PLACE DE U CONCORDE
Coislin. — m. de Pastoret* — M. Péan de 9ain(-Gille«. — lie due de Crineii.
Daa^ UD recuâl agréable- à lire^ fait sous la directionde M. Lurine^ et désigné d'abord sous ce titre : Les itves de Park , a été esquissée rhistoire de cette place de la Concorde, qui àmt à une loi du 86 octobre 1795 la dénomifmtion qu'elle a reprise en 1830, nom pajssablement ironique, pour une fiAce dont les jours de fête eux-mêraes font des victimes, qu'étouffe la foule qui s'y presse ! Après le «lar- Tiage du dauphin de France avec l'ardiiduche^se d'Autriche, il y eut le soir un feu d^artifioe qui de cette façon coûta la vie à 1 8,000 personnes , nous dit Mercier, dans son Tableau de Paris ; voilà donc un beau jour qui , par hasard , fit encore iplus de mal que plusieurs de ces mauvais jours où l'échafaud en permanence y rendit odieux à son tour, après plasiieurs autres lanaitisnies, lefamatisme jrévaiutionnaire* Gomme place Lauis KY, etlnen avant tjue les éhevaaxfle Mnrly, uû chef-d'œuvre de Coustou, fissent partie de sa décoration, elle 4PQçut, le 80 juin 1763 , ta statue équestre de ce prinoe, ^9on fo«6atteûr, modelée par fiouchardon^ fmdfœ par Gor, «et votée^epuvs quinze années
par les édiles parisiens. La foire de Saiirt-Ovide profita là première des embellissements de la place, en y attirant de nombreux saltimbanques ; mais Tembrasement de leurs baraques, dans la nuit du SS au S3 septembre 1777, mit forcément un terme à cette prise de possession. Plus tard, à la statue de Louis XV fut substituée celle de la Liberté, voisine de l'instrument de supplice , et ce n'en était que trop pour justifier la qualification transitoire de place de la Révolution. En 1 826 , Charles X eut le courage d'imposer, comme une expiation, le nom même de Louis XVI au lieu de son exécution , en adoptant le projet d'y ériger la statue de ce prince, dont, le piédestal d'attente demeura vide, grâce aux journées de Juillet 1830. L'autre frère du royal martyr, le politique Louis XVIII, s'était contenté de ramener la place à sa désignation originaire, depuis le jour oii, devant les troupes étrangères, on y avait chanté suivant le rit grec un Te Deum. Puis, l'an 1 836 , fut érigé l'obélisque de Louqsor, sur la place de la Concorde , que sa situation incomparable rend la plus magnifique du monde.
Un siècle tout au plus nous contemple du haut des ter* rasses à colonnes qui régnent au milieu de la façade des bâtiments bordant la place, du côté de la rue Royale. Après avoir doté la ville de l'espace découvert, dont l'ornemeùtation a d'abord pivoté autour de la statue royale (concession de terrain méconnue sous la République, mais renoù-
sous NAPOLÉON m. . 5
valée par Charles X), Louis XY fit acheter en. son nom les terrains qui attenaient à la nouvelle pi^ce , pour en faire l'hôtel des Monnaies ; mais avant peu la translation de cet établissement public fut décidée hôtel Conti; on songea un moment à mettre place Louis XY la première compagnie des mousquetaires de la garde ordinaire du roi ; un troisième projet y qui n'avorta pas moins j destinait les deux^ édifices séparés par la rue Royale à la réception des ambassadeurs. Gabriel, premier architecte de Sa Majesté, avait dessiné le plan de ces belles constructions jumelles , plan resté au cahier des charges ; mais l'exécution en eut lieu^ quant à l'un des deux édifices, pour le compte de particuliers j concessionnaires de la ville. Car l'emplacement acquis de par le roi avait fait l'objet d'un échange avec les prévôt et échevins , lesquels avaient donné un pouvoir, le %% avril 1774, à Taitbout, greffier en chef de l'Hôtel-de-Yille, pour retirer d'entre les mains des officiers de la Monnaie les titres de propriété relatifs aux susdits terrains. Bien des expéditions nouvelles ont du , depuis lors , s'ajouter à ces actes ; tout n'en est pas indifférent au point de vue de l'histoire de Paris, que nous faisons par rues et par maisons.
Cet hôtel de Conti, transformé par Louis XY en seigneurie de la Monnaie, avait servi de garde-meuble à l'Opéra , lorsque M. de Marigny avait fait détruire les bâtiments offusquant la grande colonnade du Louvre. Pour le mobi-
6 LES ANCIfiNNteS MAKÏ)]«; fiÈ PARIS
lier de la Couronne ftrttrtifiéé, ptetel^otïte XV, ci^ui iJes deux édificee paraïlèlèfs qui isfe l*êpRa\t rtetle Ssâînt-fliorfetitin. Armes préciéus^es <, splénâtdès tapîssertes , 'prëôMtfe offerts à tieô rois par é&» rôitt, â'y trouvaient rëtrais ^tiorè et vitrtbies à de èertains jouf s , au momeirt de la Révolution ; paï-mi toutes ceè richesses figuraient ïes diamants de 4a Cotirotttte, volés ëttttB îa nuit du i6 ^au 1^7 septetnlire 17^lt, et dont une «partie fut impofe^ble à ressaisir sur lefs complices deCaïûb^^t 'de Douligny, dont le procès trtminei eut l^îhauftnid pour éénoument. Le ïninistèfe de la Marine oecupe die "nos joui^s le ci-ilevant garde-meùWe. Mais rhabSttide'ëist si blan prise de considérer le R^nt, œuf en diamëtit iqae CambOn avait naifé, comme couvé à tout jamais par les deux ailes monumentales des maisons de la place louis X?, qii'àcliaque Instant les concierges donnent audience à des étrangers qui demanfleni; à ^nsîter le Garde-Meuble.
Lesn** i, 6, 8, 10 sont pourtant demeurés toujours vierges du mobilier de la Cottronne, la marquise de Coislm, par contrat du îil juin <77fe , acquérait la propriété qui fait angle SiïT ïa rtee» Royale'; lïée de'MaîHy, W^ de Cotsliti était une des femmes les plus spirituelles et les ]^ltrs retnarquéés -Ôe son temps; "éle a ^prolongé assez longtempé son existence pour -assister *de 'sa tenStre à * fa rentrée deîs Bourbons. L'es partisans de*M. ftonapartearâieiit déjà tesi^yè les liatrteurs de têtte 'fetmae -de lô r*ur ^e
Louis XV, qui se flattait, même sovis l'ancien régime, d'avoir mis un roi à la porte. Un ^oir, effectivement, on avait annoncé chez M"'. de Coi^lin : — M. le comte de Wa^a.! — Je ne le connais p8^,.objecta-t-elIe. —Marquise, lui dit un de ses amis, vqu^ savez bien que c'est le roi de Suède ; Sa Majesté a entendu parler de votre salon avec éloge, et elle daigne B'y présenter incognito. -^En Suède, répondit la grande daflae, je ne sais pas cojKwaent on s'arrange; mais je ne- reçois cb«2; moi; à Pariis, que les personnes que j'ai priées, ou qui m'ont fait demander audience.
Une ^mxée avant la marquise. Rouillé de l'Estang, écuyer, secrétaire du roi, trésorier» général des deniers delà Police, se rendait maître. de l'hôtel adjacent, et le même fonctionnaire cautioMa, à six ans de là, André Aubert, entrepreneur, lequel traitait avec la Ville de 1304 toises de terrain ? attenantes à la maison de Rouillé dans le gens de la rue RoyaJe; ces 1304 toises, qjje la spéculation d'Aubert consistait à vendre en détail , en j bâti^ant des hôtels , étaient ce qui restait vacant d'une contenance de 2,388 toiser, sur lesquelles Trouai-d , iatendant-gépéral et contrôleur de^ bâtiments du .roi ^ 9'Yait commencé à opérer de Iaj»êmej»anièreen 1775,,1^'bôtel de Rouillé de l'Estang passa à eaniècç, femme duchaflpeUer Pa^toret, professeur, m^^mbre de Tln^titut, 4o.nt la carrière politique avait commencé par la première pré^deace de l'Assemblée législative, Le titra de «larquis , cooféré parXpuip XVJU à M. de
8 LES ANaENNES MAISONS DE PARIS
Pastoret^ échut, après lui, à soa fils^ ainsi que l'iàimeuble de la place de la Concorde. Longtemps cet héritier du nom fut, à Paris, ainsi que le chargé d'affaires du comte de Gham^ bord, exilé ; puis, comme son père , il devint sénateur. Depuis sa mort, Thôtel est à sa fille , M""' la marquise du Plessis-Bellière.
Le n"" 8 fut fondé à la même date que les deux précédents pour Pierre-Louis Moreau. Etait-ce bien Tarchitecte du roi, portant ce nom, maître général des bâtiments de la Ville? Nous serions porté aie croire. Il exista néanmoins un Moreau, seigneurdeBeaumont, intendant des finances en 1 756, époux de la fille du premier litdu fermier-général Grimod de la Reynière , et on sait que celui-ci, qui était un riche financier, demeurait près la place Louis XY, à l'autre coin de la rue des Champs-Elysées. A coup sûr, notre Pierre-Louis Moreau eut pour héritières ses deux filles , qui se partagèrent sa fortune ; M"' Lambot de Fougères laissa la maison à sa sœur, M°*^ la vicomtesse de Chezelles , et cette dame eut pour acquéreur, vers 1830, M. Péan-de-Saint-Gilles , notaire. Pendant la République, ou sous l'Empire, le limonadier Corazza avait fait un café des appartements de cette propriété ; il existait alors des restaurants dans les deux pavillons de la place, qui fiirent aussi des corps de garde, et qu'on a démolis lorsqu'on a comblé les fossés, transformés en jolis jardins sous Louis-Philippe.
Trouard, déjà nommé, édifia l'hôtel de Crillon y dont il
sous NAP(».ÉON ni.
fit bail d'alKMrd au duc d'Autnont (celui qu'on accusa plus tard^ en qualité de commandant d'une division de la garde nationale y d'avoir favorisé l'évasion du roi). Le comte de Grillon succéda^ comme locataire, au duc d'Aumont avant de faire acquisition de l'immeubto en 1788. Puis ce Ait l'ambassade d'Espagne , au commencement de la Révolution : on revoit encore, sous une des arcades qui servent de galerie à toutes les maisons précitées î un éteignoir en fer à l'usage des torches des courri^s. Ensuite les logements de la maison se divisèrent , comme hôtel garni , jusqu'au retour de ses propriétaires qui ne se firent pas attendre* M. le marquis de Grillon , qui l'occupe , est un des fils du premier acquéreur. Les initiés remarquent dans cette belle résidepce une salle rempliie d'armoiries et de trophées, entièrement consacrée aux souvenirs de l'époque d'Henri IV, par les descendants du Grillon auquel ce prince écrivait : ce Pends-toi , brave Grillon ; nous avons combattu à Ar- « ques, et tu n'y étais pas. d
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RUE DE.GONDR
M. de Oranont-CaderoiiMe.— Beamnarehai». — lMkI«iaisoiui danger retotfènl — Ciastaire mnucBé. — €a4ottdal* — VMdrd.
Pâdsage est litre à cette nie, Vers Tan 1 500, sw te grand clog Bruneau;dîx années pftis tard, elle porte îà désignation de rue Neiive-de-la-Faire, à cânse de la foire Saint-Cermain ; ptifs elle est dite me Nenve-Saint-Lambert: Vei*s le commencement âù. siède suivant, Jérôme de Gondî, duc de Retz, manéchal de France, y achète Phôte!' bâti pour pour Antoine de Côtbîe , qu'il' Cède ensuite , moyennant 40^,000 écus, à la reine Marie de Médicis, laquelle en gra^ tifle ïïenri de Bourbon, prince de Condë, qui donne son nom à la rue- Cette gracieuseté royale semble; au surplus, une marque de gratitude d'un caractère particulier : antérieurement le prince de Condé a rendu service à la reine , en épousant mademoiselle de Montmorency, dont s'était épris Henri IV, et en cherchant refuge avec elle à Bruxelles et puis à Milan, jusqû*à là fiïï du règne de ce prince. Que s'il n'est rien de très-remarquable dans l'intérieur de cet hôtel, que les Condé ne quitteront que sous Louis XVI, pour occuper le Palais-Bourbon, une magnificence de bon goût en rehausse néanmoins les commodes appartements .
SOUSNAPOXÉON m. H
LpB plafonds de la chambre de la prin^Qi^e soût peinte par de Sèvei um bibliothèque, riche eu certes, est ea quahiue façon publique pour les recherches, des savants ; le Baptême de Notre-Sieignwry œuvre de TAlbiwie, a quitté l'hôtel Lesdigère, et de belles tapisserie^,, le château des Montmorency^ pour décorer, en outre, la r^sidpnçe des princes de la maison de Bourbon. Le jardin en est for^ joli, et^ du côt^ de la rue^de Vaugirard, où fait a^gle certain. pavillon, visible sur le plan de 16531, mais trajaçfoimé Qomme en m h&tel indépendant sur le plan de 1739 ; d'ailUurs, ce jardin n'est {»s grand, bi^n que les dépendances, de la maison prinqière longent aus^i la rue Mowfteçr^J/ÇrPrince* Louis XVI, ^rè0 avoir prêté auq^ comédÂ^s ^t au public la salle de spectacle du palaiadeis Tuilerie^, fait bâtir l'Odéon, à la place du susdit jardin, et c^ théâtre au:i| ^rds r^Iés avec grandeur est ijn yéritaWçjttopuwervt-v
Bien des gens en eoncluent^ de nos jours, que de Ymr cien hôtel Condé il ne rest^ plus Tambre d'une pierre. IVfais on était plus économe sou3 l'ancien régime qu'à présient ^ après avoir nenouveléun quartier eo. y taillant nne place et des rues, neuves à coups de oisèauisi pleins d'ampl^ur^ qn rejirendait Içs pwa d'hôiteU les po]?tioB/9 de maisons retournéeSj^.quaQd les morceauj^ en élisaient bops^ et la spéculation avait, son regain, sans faucber jusqu'à la racine. On utilisa donc^ enajontan^ ait Ism. d'abattre^ différents corps de bâtiment qui survéair^^nt au, Iqgis s^^gi^emal ^t à 49UX
hôtels cQntigus, Tun d'Angleterre, l'autre de Provence^ édifices bien carrés qui pouvaient s'en être détachés. Ces deux maisons voisines avaient été acquises par ordre, conome la maison principale et comme plusieurs autres encore surgissant au futur carrefour de l'Odéon ; ce qu'il en resta fut vendu par les deux commissaires du roi, le
13 juillet 1779, à Machelet de Velye, un officier du point d'honneur, qui demeurait rue de Condé au n* 10 d'à présent, pour être rétrocédé par lots. De cette quantité de constructions déjà faites et de terrains propres à bâtir, dépendaient certainement les n*** 9, il, 13, 1 5, qui n'ont à eux quatre que deux puits, d'usage qui est demeuré commun à quatre autres propriétés sises sur la rue de l'Odéon, et formant, avec les premières, un double quadrille demaisons. L'une d'elles, c'est le n** 9, a eu pour locataires, M. Gravier, pair de France sous Louis-Philippe, et S. E.le cardinal Dupont, archevêque de Bourges; le nom très-cqnnu de Sacy y est encore porté, avec sa renommée de sagesse, par une demoiselle d'une rare érudition, laquelle a pour voisin le colonel Martner, commandant en second de l'école d'État-major. Cette maison et les trois qui suivent, pas-sent pour n'avoir pas un siècle ; toutefois les plans de Ghalgrin ont su tirer parti, à leur profit, de la bâtisse préexistante, en alignant, divisant, exhaussant. Quant à la porte principale de l'ancien séjour des Condé, qui jouissait du droit de barrièfe, réservé aux princes du sang, aux
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grands dignitaires de TÉtat , elle faisait face au n* 20. Au chiffre que nous venons de citer répond un immeuble peu distinct d'un autre immeuble donnant rue deTournon^ et rétabli en 1819, mais dont voici le bilan historique. En 1 61 %y décret sur Jacques Deunet^ et par suite adjudication de sa maison au profit de Claude Yeillard, seigneur de Malassis, trésorier de France à Orléans, qui la lègue à Poncher, conseiller du roi et mattre des requêtes. Le fils de ce dernier est conseiller d'État et doyen des doyens des maîtres des requêtes, lorsqu'il vend, le 14 mars 1767, à François de la Chapelle, seigneur de Senant, sa propriété tenant alors à l'hôtel de Valois, à l'hôtel de la Fressillière et de plus à M. de La Paluz. M"''' de Yieil-Castel, femme en premières noces de Poncher, le remplace comme propriétaire. Quant à M. de La Paluz prénommé, il ne dispose du n"" 18, au milieu du xvui* siècle, que du chef de sa femine^ Elisabeth Hennequin, veuve de Trudaine en premier lit; le marquis Claude-Joseph Delarue de Mareilles, décédé le 18 thermidor an v, auVigan, laisse le ci-devant immeuble de La Paluz à sa famille; mais la rue de Condé s'appelle alors rue de l'Égalité, et le droit de censive, ayant appartenu au roi du côté gauche de la rue, à Saint-Germain-des- Prés du côté droit, ne figure plus dans l'inventaire, quoicpie les charges des successions se soient en général accrues. Sous le règne de Louis-Philippe, Orfila, médecin^ professeiir, liabîte à son tour, le 18, et il y donne de beaux
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Concerts ^ ear le savant atuteur du TraUé de Toœicalogie est chaiiirtear daD6 l'après-dteée^ et sa feiBme^ fille d'un architecte, edt passionilée pour le même art. Âpottou était à la fois, diéu dfe la médecine et des beaux-arts -^ A M°^ Orftla, veutiè du physiologiste, les élèves d'un p6ûBiotiii«t succèdent dépars des années, dans Poccupation de cet immeuble, encore po«va d'un jardin et d'une beile rampe d'e^îalier en fér^ œuvre probable de Damono. Que dire enfin de cet hôtel de Valois, iJésigné comme contigu au patrimoine de Pbncfeer? A cause dtete prox,imité de Thôtel des AmbassadeurS.efxtraordraaïfeS', qui se trouve rue de Tournon avant la mort de Lmiis XlV, avec retour rue de €ondé, ainsi que ITiôtet de Ventadour, un certain nombre d'hôtelleries offrent asile attx étrangers, dans Tane et l'autre de ces voies paraHèles rôn compte en ce tefltfps-^là, rue deGondé, Sï toits, l-e mèches de lanternes. Valois, Provenee el Angfeterre, afinsi s^appellent probablement des hôtels garnis, rien de pftis; En 9tts, n'en est-il pa» un de Vienne, attenant par derrière à Joachim-Thomas Cohom de La- Paluz t
Puisque non» sommes ^ns les numéros pairs, gardonsudu^ de passer fe ^4, ancren hôtd de Gramont-Caderousse : it snbsiêrte encore un mai*qais de ce nom-fà, ei un-château dont les murs blancs se dressent sur la rive minée par le Rhône. Moins encore onbKons le 26, qui a servi de logeménl à Beaumarchais, prcç^riétaire rue Vieille-du-Temple et à 06** delà Bafirtille, mais locataire rue de l'Égalité : il aimait
sous NAPOLEON lU. èli
pas une mi\»qm,tvdm(QTaM ^a une bcmn^ aAiinc^ean entrepcisô 4<^ «QtÛQQ f«9Usu U %8 fut bâti laocs A^l^ pour le pséMdeQtL^Bieboi]rfiii,qp^éaiigm9 mats.qm^.nNiteé en Fronoe pour conserver à «lix «n&ntd «eâ hftsoiKiti'aii allait confi^iquery ât partie â'ond fetaniée 4e ^rifidnikes k t4iwa 1X94.. I^e danweîfe: d'iïà^i»er:^:fliMDdNDe4e te Goor ventioD^ et que Ghandeâoie de Laatod a peimt^ dit^ion, idans te QbowKer dfi Valfiimt^. béDoa.<jf un:nQnian héBbt^étdâk de okémô &u n"^ 30 ; mais, pédant la Révohiiftoii^jAdqui^avftil; 4'aiitre9 UmBOOS^^iui n!^ient paiiipcûastdangertiiaâs;, anree le dâc rOrtéanB'et.DantonsAïQiiieu avant k4 SfMdémiaire 4»! V, il fiif asse^ prmiefit pour eburcher gîte . .dans une tat base qui eûstait.enooare) auprès du Pont-Toumanlb, danft uaitoBBédefli JmkfmBfet il y atteodût iwiévémàùesàB^ ^p9ât à renirar au séiii de la €oiiYentioA, ai elle pcaoaît^aiiieeaiia^ ou à se jeter dans le camp des Parimpa, ai V:9tm&[tàA'ée étaâft siiiai dié&nduatAii 4i4^1iabité deinaaioursipar M . <Quatremère de Qoioey^ ^se tete^aùt >aoiinneat Gnstaro Plaoche^ ponrécriiie lesanoiUdurB airtiol^ de critiipie qui aient paru de noire 1;empa!; jichi frèm et sa beUe-omur y doonaieirt Ifliôspitaliié à<iQat hdwnne de talent, Diog^e àt\laJbMm des Deu(XhI[ûnd^* Un bel liàtel fraf^ du chiffm, 4)2, aouB «embte. avoir p£flrM:kii-m&axe Jâ. qaaIi£caiioa d'bôtei. Sovndiac, sucruh Jteh^idrdiejS^int^GerfliaimHâeshPÉéd^ fâèc;^>qiiL remonte à 1713. Nicol as Laugeieau^ 1*' chirurgien de M. le
Prince en Tan 1 ôîS, possède alors une maison^ au coin de la rue des Quatre-Vents; Lantaigne^ ancien greffier des dépôts des requêtes du palais, la vend un siècle aprèis aux commissaires de Sa Majesté, qui la transportent en t78^4 à Moreau, architecte du roi/lequel dans ces parages spécule avec Tappui de Moreau de la Yigerie, et cet immeuble, encoignure de carrefour, semble n'avoir pas même reculé, quoique antérieur à la rue de Condé.
Au seuil de cette propriété est arrêté Georges Cadoudal en 1804, le 9 mars, vers la chute du jour : des espions de Police Tout vu monter, place du Panthéon, dans un cabriolet que mène un chouan déterminé ! Un officier de paix se précipite à la tête du cheval ; Georges le tue d'un coup de pistolet. Un second assaillant fombe grièvement blessé. Le jeune chef vendéen va échapper au procès, au supplice; mais un groupe s'est formé, l'enveloppe, et d'autres agents s'emparent de sa personne.
Reste à dire, quant aux nombres impairs, que le n"" 1 se représentera, lorsque nous serons carrefour de l'Odéon. L'académie d'Arnautfiny, que nous devons croire un manège, occupait son emplacement, sous Louis XIV. N'omettons pourtant pas que Picard, acteur et auteur df àmatique, a résidé dans la maison qui suit, avant de quitter le théâtre Louvois ; il ne fut que plus tard membre de l'Académie française et directeur de l'Opéra, puis de l'Odéon.
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QUAICONTI.
Iiee^fé ABslato. - I^'orféiverif mu ^um% Ç«Mi. ~ L'omMer d^«r«il|erie. - L'aetewr Caillot. — Hôtels Coati et Sillery» — IMtairelVyoa* — m. #0 C i — i é .: <* M polatro Reivaalt.
Il y avait^ sous Louis XY, un café auglais^^ quai Gonti ; on s'y réunissait pour lire la Gazette de Westmmstery le London evening Post, le DaiU/ Advertiser^ etc. Cabinet littéraire, presque autant qu^officine de limonade et de café^ il était tenu par Béchet, chef d'une dynastie de libraires^ à l'époqu^ où le quai Conti fut élargi, c'est-à-dire en l'année 1769. Ce café date, qui plus est, du commencement du xviii'' siècle, et il existe encore de notre temps, à l'angle de la rue Dauphine, sous le nom de Café Conti^ qu'il n'a jamais quitté entièrement. Avant que son extension fût prise par le quai, des échoppes l'obstruaient, entre le Pont* Neuf et le Château-Gaillard, et par devant l'hôtel de Nevers, en vertu d'une permission octroyée par Louis Xlil au premier président du parlement. Rappelons que le Château-Gaillard, accordé par François P' à Benvenuto Cellini, mais qui a fait retour à la Ville comme dépendance de l'ancienne porte de Nesle, était situé au bord de l'eau, sur le point, auquel font à présent vis-à-vis les rues de Nevers et Guénégaud^
Sans se mettre sous l'invocation de l'illustre orfèvre flo-
j8 les anciennes maisons dé paris
rentin, plusieurs joailliers sont venus s'établir quai Conti ; mais on n'en voit pluB aujcMird'lMii; Jbien que leurs établissements aient prospéré. Le fameux bijoutier de la reine Marie-Antoinettç^ à Teuseagpe du J^etit-Î)miherqti^^ avait son magasin^ n* 3^ à l'endroit oè M<1roi}7eBt.imwBtona»t un horloger et un marchand de vin. Ses mascarons et autres menues sculptures prouvent que la maison est centenaire ; mais ce n'en était pas assez pour mâriter que Napoléon I*', quand sa voiture passait sur le Pont-Neuf, les fît remarquer à Marîe-Lonîse. Le^ habitants de cette pfartîô Vaquai ne pouvaient voir dans fâttentron de Pempereur qu'ttnc menace d'expropriation, quifeisaît du tort au qnartîer : on pensait qu'à une' rue nouvelle toutes les îmbitudes parisiennes, de ce cMé, allaient être sacrifiées. Propriétaires et boutiquiers d'en gémir à l'avance, tout en s'^ soumettant, car il n'y avait pSus d'écheVinspouT dSlibéreP à loisfr, et encore moins de parlement pour se prêter aux remon^ trances. Toutetors il s'en:fàHarit, et de beaucoup, que Napoléon songeât à modifier Taspect du quai Conti. Une inscription placée, n"* '5, depuis tSSS, nous apprend à présent ce qtfen passant par là it montrait à 'l'impératrice; tout un souvenir àconservery tient en peu de mots 'ce que voici : L'empereur Napoléon Sonapwrtéy officier d'artillerie^ sortant de V école de Brienne^ deyaeurait au 5® étage de cette maison, Demay, joaillier de la Couronne, transfuge du pont au Change vers le milieu du dernier siècle, fit bâtir îe tî^ 7,
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dont une eoseigoa oa^ ie. bakoa; maà» un tableau de S15 pii^, lors de k création éa la L^on d'bonaeur^ an* noDC^it aus: deux riiresi-de la Seine qu'Halbqut, bijoutier de la L^ioA d'bonneur et de la Gourdes oomptes^ fabriquait lesnouYelies croix. Un. autre ov£év4r0 Qoatfoé Caillot avait donné liTJottr^ quand le roi homff KY étaît jeiune^ à .loseph Caillot^ comédien ) qu'appréetait Gri'inm avec quelque entbousiasme, qui fréqueiatasC Jean^^Jacques Rousâeau^ et enfin qui demeurait, avant la un du même règne, dans la maison de jon besm-4rère Demay* Get acteur de la Comédie italienne nn jouait déjà plus, eki ee teopps^à que dtiQa les spectacles des petits appattements, dont il dirigeait les répétitionB« LàAto^nç^B JéfcAott^ ne craint paa de dire qu'il éÉait eapitoinedeackMaea'du eooite d' Artois; matante charge, réservée à des ^fn de qulitév éteft remplie par le baron deCourviUe. Eh 1776^ il frit tout à iaiiaa retraite, avee$a mène' et: une da^ seaisœors^ daoa une maÈioa que lui avait donnée b prince domk cm Vh crur tort à tort le; veneur, au bas de: la terrasse de Saint-Germain. Ruiné à la Révolution, Cailtot se^ M maître de mAaupzB^ sans quitter cet abri de campagne, et m; mourut ^'en 4846.
La rue GuéoégBud'n'eat jtts linnr, d^nt te qaai a porté le nom^ apres^ qu'on Feut <Ët quai de Nesie. Mais d'où vient qu'il b'appeltèCûsiti? Toute la largcuzr duiqualétait nemplie, dans le [H^oipe, par legratad et ie petft Nesle, dont la tour regardait le Louvre, en reprochant à la RenaÉâaanee
de lui avoir enlevé les siennes. Ce mérae hôtel de Nesie où Benvenuto Cetlini avait reçu du roi les commandes^ les en*couragements, les visites^ passa aux ducs de Nevers, de la maison de Gonzague, dont la lignée, quant à la branche française, alla s'éteindre sur des trônes étrangers, deux princesses ne lui donnant pas de rejetons mâles. Puis aux Nevers succéda un secrétaire d'Etat, Henri du Plessis* Guénégaud, qui en fit un petit palais, pour le céder à la princesse de Gonti, Marie Martinozzi, laquelle lui livra en échange la terre du Bouchet, à 6 lieues de Paris, et un cidevant hôtel Conti, plus tard Lauzun, ensuite hôtel Laroche-sur-Yon. Le crayon de Mansard, celui de Lenôtre, le pinceau de Jouvenet et d'autres notabilités avaient embelli ce séjour; par exemple Mazarin lui avait porté préjudice, en élevant près de l'hôtel Cooti un palais qui masquait sa vue, et qui ne l'écrasait pas moins à titre. de comparaison. Dès 1739 une fontaine placée dans le mur de l'hôtel Gonti, sur le quai, avait tari, bien que Santeuil et Gorneille l'eussent chantée au siècle d'avant : dessèchement de mauvais augure, annonçant comme une fin prochaine. Louis XVI, à son avènement, y trouva l'hôtel des. Monnaies, édifié sur le terrain de l'autre» L'or et l'argent s'y usent, depuis un siècle, à force de changer d'effigie, à peu i^rès à la mâme place où l'artiste de François P' ajoutait la valeur réelle du chef-d'œuvre au prix puremMt de convention. de, l'un et de l'autre métal. V^ t
sous NAPOLÉON HI. 2*
Néanmoins^ à vrai dire, tout n'a pas disparu absolument de l'édifice supprimé par la construction de la Monnaie. Au fond de Fimpasse de Gonti^ qu'on regarde, bien à tort, comme n'ayant été formée qu'en 1 771 , il suffit de pousser une reconnaissance pour découvrir un ou deux pavillons peu élevés, des œils-de-bœuf et une porte condamnée, reste de l'hôtel de Conti, qui était divisé en grand et petit hôtel, tous deux sous la censive royale.
Dans le même cul-de-sac, n**" 2 et 4, se trouve l'hôtel Siiiery-Genlis, pareillement du dessin de Mansard ; la décoration intérieure en était riche , en dépit de ses dehors qui n'avaient pas grande apparence. Un Sillery, arrièrepetit-fils du chancelier, ainsi nommé, était de l'Académie française, vers la fin de la vie du grand roi, sous la minorité duquel Mazarin avait érigé la terre de Genlis en marquisat en faveur de Florimont Brulard de Sillery, lieutenant des gendarmes d'Orléans. L'époux de M"*^ de Genlis, député à la Goi^vention, partagea les plaisirs, les opinions de Philippe-Égalité; il eut aussi la même fin, en 1793. Sa veuve était encore propriétaire de la. maison et demeurait à l'Arsenal, lorsqu'en 1806 la librairie Maire-Nyon se transféra dans son aile de bâtiment en façade sur le quai Conti, n* 1 3. Les Maire-Nyon sont libraires depuis le XVI* siècle, de père en fils, de mère en fille, et depuis deux cents ans sur divers points du même quai. Mais, quant au principal appartement du ci-devant hôtel Sillery, il était occupé, sous
22L LES ANOKIHÏieS: MAISONS % PARIS
lafiasitaucaïkiûH^ par k cétèbre Jiaron i^ftprey^ ebîrwgidï^eD ch£f de rariaée d'Egypteu,
M. de Cussé^ référandairo'à laCcfur deBcompt^a^ dî^pofie* actuellement du 45; c^eetle gendre (fe. M •;.HaU;KMxt, que nous' avons tcouivé.au 7.; Sanmisoo a été coustruite'SQW' Louis UlYy sur les foodementa da l'anfiieu séjour de Negile, tout comme le 4*7 et la 19, que GoliiootrPeltrot, msorchaïui. de diamants sous rËiii>pire, tenait de M. Dtjktbail^ de la Bi^ bliothèqua impériale. La diTision de ees^ deo;:^ dernier» immeubles eut lien sous laBesjtiumratietii; ua.hgdrlK^r gépe^ Yois, en grande réptutation, M. Mey^ry laUiaa^ avan^ 1 830, la maison a"" 1 d à son gendre^ Regnauit| peintre d'IrâtiDiva^ autour de P EdiAcaHon d'à^hUky da JhkpU^r et lo^ etc.
RUE GOQ-HÉRON.
Liste des prapnétmres rue Coq-Héron en 1786
Côté gauche.
1k omit it illarfag, .
M. Bojrbirr îre O^su, Mtiiimu Dupai,
i&aufCrir.
Côté droit*
Mn/3inbmnxt, Ce9tl)rdtim du mM%\ii$}^
M. 6arri,
sous NAPOLÉON 111. 23
Strr le tableau- d-dessdgr tferralt en outre figurer le proiprriétaire de deux petites maisons à l'entrée de la rue , côté droit ; mais son nom nous est inconnu. Il y avait donc encore sous Louis XVI le môme nombre de propriétés, me Coq-Héron , qu*au commencement du même siècle , c'està-dire 14 toits, avec 7 réverbères. Seulement, des gens considérables , que ITiîstoîre ii^'a pas oubliés, s'y étaient succédé pendant ub siècle et deani, dont Tes hôtels portaient encore le nom avant la grande Révolution.
Dans la propriété du comte de Marçay était mort, le 1 8 décembre 1T59, le maréchal de Coîgny, vainqueur de Parme et Guastalla, et dont le fils, lieutenant-général, colonel-général des dragons, avait été en faveur sous Louis XV. Avant le maréchal , qui avait eu Gentil-Bernard pour secrétaire, sous ce toit avait résidé Chamillart, contrôleur-généra! des •finances et ministre de la guerre. Aussi bien la famille de Gesvrés y avait succédé antérietrrement aux Fontenay- Mareuil, qu'on y voyait encore en t6B2f et qui avaient, trente ans plus tard, par Férection d'uTie terre en marquisat, savonné leur nom dé Duval. Or, 1-Kôtel Chamillart, qui s'étendait, au xvni* siècle, par son jardin, jusqu'à la rue des Vieux-Augustins , occupait 'l'emplacement des n" 3, 5 et 7, sur la rue dont nous réveillons les souvenirs. H subsiste un corps de bâtiment peu important, dans le fond du n° 3, dont la façade n^a que trente ans : on y héberge les étrangers. De cet immeuble était propriétaire M. Paul Dupont,
24 XES ANClEPiNES MAISONS DE PARIS
imprimeur^ il n!y a pas beaucoup d'années y et Casimir Périer l'était lui-même, avant M. Dupout/de tout le terrain de l'hôtel Ghamillart, dans le sens de la rue Coq- Héron*
Le baron Thoinard de Vougy, fermier général, fit construire, en 1730, sur territoire acquis de l'archevêché, l'hôtel superbe qui, de nos jours, est le siège de la Caisse d'épargne. Cette institution prévoyante profite ainsi, comme d'une première mise, des profusions du financier, qui ont ^ laissé dans la salle où s'exerce la vigilance d'un conseil sur les économies des petites bourses^ des panneaux sculptés avec art et de jolis dessus de portç, frappés des armes de de Vougy. Un balcon magnifique^ où le fer et la pierre luttent de solidité , règne en diadème sur la porte, mais à l'intérieur, et sur la foule des porteurs de livrets qui, la franchissent le dimanche ; des ferrures d'escalier, qui ne« scînt pas moins riches,- prouvent également que la maison est douée à un degré providentiel du mérite de bien conserver. Thoinard avait pour gendres M. de Nicolaï, premier président à la Cour des comptes, et M. de la Briffe, président au parlement. Le poète Demoustier, dont le père était parent de Racine, comme sa mère l'était de la Fon^ taine, fréquenta beaucoup cet hôtel, lors de la publication de ses Lettres àErnUiey lesquelles parurent par volume avec un succès merveilleux , de 1 786 à 1 798 : son Emilie demeurait là, W"* Benoist d'Ozy, femme d'un, directeur des
sous NAPOUÉON IlL 2Î5
contributions indirectes et mère d'un vice-président de l'Assemblée nationale , inspirait son meilleur ouvrage à Demoustier : combien de femmes en furent jalouses! Pendant le Directoire , le ci-devant hôtel Thôinard fut occupé par la maison de banque des quatre frères Enfantin : l'un d'eux a eu pour fils le père des saint-simoniens. Vers le même temps en était locataire Etienne Clavier, helléniste et légiste, ami de Paul-Louis Courier, qui épousa sa fille en 1 81 4. On sait que ce savant fut évincé de la magistrature, pour avoir répondu , lors du procès Moreau, à ceux qui l'engageaient à se prononcer pour la peine capitale, en l'assurant que le premier consul donnerait sa grâce au condamné : — Et moi , qui donc me fera grâce?... Clavier y a connu probablement M. Dupin qui, avant d'être président de la Chambre, y passa un grand nombre d'années et, qui plus est, devint le gendre du propriétaire.
A la Caisse d'épargne également appartient le n"* 11, hôtel garni depuis cinquante ans , qu'elle tient du comte de Mallet. Le 13, dont l'aspect est sénile, se contente d'une trop petite porte pour n'avoir pas dépendu de la maison qui précède, ou de celle qui suit ; la tradition veut que cette derpière ait été, par son origine, le logis du prieur des Âugustins : son escalier tournoie sur une belle rampe de fer, menant à des appartements, qui n'avaient pas autrefois de cuisines, et dont plusieurs chambres à coucher étaient pourvues d'un corridor, caché par des portes à
%Q LES ANGHENNKS MAÏSOKS JDE PARIS
coulîs&es. Yrâisemb^bleiueDt le 13 et le f 5. ont vu l'impasse Goq-Héroa se cqaveBtir.eQ rue^par auite de la démo^ lition de l'hÀtel de.FlaAdr^^ordo.anée{)!ax FraiigoisI^ en 1543. •..••;.•.'••
M"?' de Ghoiseul-Gouffier, penda^t que 30u .mari était, en Grèce^ résidait bien rue. Coq-Héron, dans ce i)ue les voya^ geurs de notre époque nomment Tbôtel de3 Gaules. Les signes de race de cette propriété sont des sculptures de toutes parts, une cour aristocratique, etunjardii), mats qui ne va plus, comme jadis, jusqu'à l'autre rue par-derrière. La comtesse de Gboiseul y remplaçait les Pbelypeaux, qui se sont perpétués, de père en fils pendant au moips un siècle, dans iets principaux ministères, sou£jes noms de Pontchartrain, M?.urepas , <Saint^Florentiii et la. VrilUèr^ ; ceux qui craignaient les lettres decacbet n'avaieint garde de passer dansJe quartier des la Yrilliàre.
Il est pwïbaikle que le 19 a iait partie de l'hûtel Phelypeaux, dpnt la, place était. occupée en 165^par;Jfiséourie» de l'hôtel d'Epernon» On dit aussi que le couvent voisin allait jusque-là dans le principe;, mais Tocci^ation monastique en remonterait. au premier âablissement des Augui»^ tins, bien antérieua^ lui-même à la transformation de l'im^ passe en rAie.
Baithazâxd Phelypeauic;^ marquis de .Gbàteauneuf^ a ^powié, en 1670, M"' deBoircy, fiJle de Jean.de fwwy^ conseiller au grand^^conseil, et de M$^rguerj;(e 4a JFleurm ;
«)0S^NAP6LÈON m. ^
or, ce dernier nom se rattache à l'histoire de l'hôtel qui, aujôurd^hffi encore fait face à l'immense résidence de notre dyna^ie de «secrétaires d'Etet. Un de leurs ieollègues; Fle«- Tîau, ôhevàlier d'Armenonville, dont le fils devint garde des sceaux en 47^2, acquit ladite propriété de Barthélémy d'Hertiart, -eo^trôleur général des 'finances*, qui venait de te faire bâtir magnifiquement sur *le jardm de l'hôtel d'Eperieion, déjà neimné; Jean-Louis de Nogaret de Lavalette, -ftnc tf fiperaon, avait créé Thôtel ^éexiirtant sur les débrrs d'une maison k l'image de saânl JacK^ues, qui^ppartenait, fin du XV* sîèfcïe, au procwear Jacques Rebours, tes d'Ar- 'toen^»vilte'desoendai«t d'une faimlle de marchands, comme Colbert ^ beaucoup d^autree. Le chancelier de ce nom nwjurut bientôt autchàteau de Madrid, près Paris. On l'enterra à Saittt-Eufiftache, ^ l'hôtel passa à son fils, le comte de Morville , nrinrstre ^des aiflFaires (étrangères , membre de l'Académie française, qui'^irra, conmiepléHipoteHtiaire de TLimrsîT, flairs raccommodement signé 'le SI mai J 727 et conmi sous le nom de PréKminaires tfe 'Paris. Celui-ci eut pour fils le marquis d'ArmenonviUe, %aifli d'épée de Barsur-Seine, brigadier des armées éuroi, ^t qi4 mourut dans la Bohême. Puis, en 'HB? , la maison devint Fhôtel de Tintendknt généraï des portes.
?hisieurs immeubles tmft dû qùitterlaj^îace à l'extension de la bureaticrtêtie des-Postes, deptirs le «règne ife louis XVI ; mais le 8 n'a été quetéfaît îly a trente nos. Le 6, naguère
le bureau des messageries Kellermann, puis Loisel, est encore, par-devant, une maison plus que séculaire ; mais un autre grand corps de bâtiment, au moment que voici^ esten train de s'élever par-derrière, qui nous donne tout à craindre pour son atné. Dépendance de l'hôte IBullion dont elle était l'arrière-corps, cette propriété communiqua d'à* bord avec les galerieô enrichies de peintures de Philippe de Champagne, Simon Youet et Sarrazin ; elle fut, dans la suite, convertie en loge maçonnique du Contrat-Social^ ace essible uniquement par la rue Coq-Héron.
Quand à l'hôtel de Flandre, des flancs duquel a été tirée la rue, il embrassait l'espace compris entre les rues des Vieux-Augustins, Jean-Jacques Rousseau et Coq-Héron. Gui de Dampierre, comte de Flandre, avait acquis vers 1 Si9SS, d'un sieur Coquillier^ une maison hors de ville, près l'impasse qui donna naissance à notre nie ; il y ajouta trois arpens achetés à Simon Matiphas de Buci, évéque de Paris; et après lui, Robert, son fils aîné, acquit dei'évéque « le pourpris ou manoir y> ayant servi aux Augustins lors de leur première installation. En 1 493, l'hôtel appartenait encore à Marie de Bourgogne, fille unique du dernier duc de ce nom, qui épousa Maximilten, iirchiduc d'Autriche. Un demi-siècle après, les confrères de la P^sion, forcés de quitter l'hôpital de la Trinité, vinrent jouer leurs mystères, pendant sept ans, hôtel de Flandre^ avant de passer à l'hôtel de Bourgogne, rue Mauconseil.
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RUE COQUILLIÉRE.
hMcI de mQUmomm, — Mmo Preud'lioii. » l<e« Crisenol. — I^e flermeMe du Jlea de paume. — Mine T»lii|i». — Fleury.
L'hôtel de Flandre, que nous venons de citer, était en dehorâ du Paris circonscrit par Philippe-Auguste, dont une porte, appelée Coquillière, ouvrait entre les rues actuelles de Grenelle et Jean-Jacques Rousseau. Coquillier, qui avait .vendu une de ses maisons au comte de Flandre, était d'une famille notable aux xu* et xni'' siècles, dont plusieurs membres sont connus , par exemple Robert et Adam Coquillier, comme signataires de plusieurs actes , et Odeline Coquillière, pour avoir fondé une chapelle à Saint-Eustache en 1262. Porte et rue devaient leur nom aux susdits Coquillier. De l'autre côté de la porte de ville se trouvait un séjour qui, tout à tour, porta la dénomination de Nesie, de la Reine, de Bohême , des Filles pénitentes et dé Soissons* Jean de Nesles, sous le règne de saint Louis, en fît hommage à la reine Blanche, qu^ y rendit le dernier soupir ; Philippe-le-Bel en gratifia Charles d;e Valois, son frère ; puis Philippe de Valois^ en 1327 , c'est-à-dire avant de prendre le sceptre, en favorisa Jean de Luxembourg, roi de Bohême. La fille de ce prince, Bonne de Luxembourg, épousa Jean de France, qui monta sur le trône de son père, Philippe de Valois : le palais de Bohême, par ce mariage, revenait à la Couronne ; il était éclairé par des fenêtres grillées
^ LES ANCIENNES MAISOÎSS Ittî: PARIS
de fils d'archal, et presque étroites comme des meurtrières; son grand luxe était la sculpture ; son jardin , pourvu d'un bassin avec jetd'eaa, agrément peu •oommuttftiors, 6'é()Mdait depuis la rue d'Orléans jusqu'à Saînt-Euslache à peu près ; sa chapelle^ dite de la Reme, feiisait coin SBr la rue de Oenelle. La maison de Savoie^ puis la maison d^Anjou disposèrent du manovr royal, ^u'o» se passait comme un^ bague au doigt ; Chartes VI le racàefta, po«r en faire présent à son frère le d«c d'Orléans. Pais Louis XII aocorda aux Filles pénitentes cne portion de ce séjour, pour 7 éta- 'blir leur maison ; mais Catherine de Médicis transféra ces Teligîeuses rue Saint-Denis, et elle fit conftribifer les grands artistes de son temps an rétaMissement du palais, pour y fixer sa résidence. L'hôtel de Soissons fa* légué par la reine à sa petite-^fiUe, Christine de Lorraine; la testartrice, par malheur, avait laissé des créanciers, qui le f rent vendre à Catherine de Bourbon, la swar de Henri IV. Thomas- François de Sa^e, prince de «Carignan, fut le dernier propriétaire de cette hôtellerie princière; ses créanciers requirent 'la démolition, en f 7i8, du palais quiavaittant de fois changé de mains à titre d'abandon, sans déroger jusqu'à la vente. M. de la Veypière, sous Louis XVI, possédait un Tiôtel, à l'angle de la me du Feur^aint-Honeuré, bâti avec les pierres de l'fa6tei de Soissens, sur un point eu même sol. impossible d'en dire mrtant'd'iin autre hôte!, qiie M. de la Granville avait en oe temps^Tà presque ^en face, entre la
sous. Napoléon m. , zi
rue du Jour Qt la rue Platrière, maiuiienant JeanrJacques Bousseau^ et que M. Âguada accapara eu dernier lieu; FraniQûis Mausart avait créé pour Charles de TAubespine, marquis de Cbâteauneuf, cette propriété passée à la famille de Laval en 1765. En interrogeant les personnes qui habitent les maisons édifiées à sa .place, doqt Talignement n'a été pris qu'en 4850, mais çn vertu d'ujoe ordoqnajice royale de 1847, notre éditeur a fait la connaissance de la portière du 1 4, qui a vu jeter- bas l'oBuvre. de l'architecte du roi, et que chacup i^péile femme Pr4mdhon* Aucune alliance que norks.sadhions.avec le sophiste socialiste^ sml homme de talent révélé par ,1a révolution de févirier,,. ne justifie pareille coi^jpnction ; mais les oreilles de la bonqe femme lui tintent, depuis que sa maiaoja fut un club, et elle racoate incessemmeilt que si le tumulte des frères et amis de Sobrier et de Proudhoa Ta étoifrdie pom: le restant de ses jours, du.moins les citoyens clubistes avaient pour elle plus d'égards, plus d'anaénité, que les locataires d'à présent, portés à se croire tout permis parce qu'on augmente leurs loyers/ En foi de quoi tout le quartier lui a voté, à l'unanimité, le sobriquet de mère Proudhon.
Une plaisanterie d'un autre gexuce fit traiter de ci-devant hôtel de Casse-Noisette, sous la première^ République^ une propriété dont s'arrondit encore l'angle rue dm Bouloi, avec un balcon pour ceLntui^ Clément nouée sur la rue Goquillière, et où siégeait à cette époque la 4* municipalité.
32 LES ANCIENNES MAISONS DE PARIS SOUS NAPOLEON lU.
Avec le temps on a pris au sérieux la désignaticm de Casse- Noisette, qui avait de quoi nous dérouter. D^anciênnes écuries de la maison ont été transformées, il est vrai, en une pharmacie ; mais, au lieu de broyer les noisettes au moyen d'un petit étau, les droguistes les passent au pilon, et d'ailleurs cette pharmacie, fondée vers 1750 au n"* SIS de la même rue, n'est au S15 que depuis 1804. I^es pièces inédites nous ont appris fort heureusement que cet hôtel, paraissant annexé à l'hôtel de la Douane sur le plan de Turgot, ainsi que les n*" 21 et 25 actuels, appartenait du temps de Louis XVI aux Grisenoi, de la maison de Chauvelin, laquelle a fourni un ministre, collègue du cardinal de Fleury, et s'est alliée aux Grouchy, aux Talon, aux Chamillart, etc. Louis Chauvelin de Grisenoi ne fut-il pas , dès le milieu du xvn* siècle, receveur général des domaines et bois de la généralité de Paris? Le domaine n'en a pas moins pris possession de Thôtel Grisenoi, à l'époque révolutionnaire, pour le céder aux héritiers de Jacques Vaussy, en échange du célèbre Jeu de Paume oii avait commencé par un serment l'ère nouvelle, et regardé pour cela même comme un monument national, en exécution de la loi du 23 messidor an vu, conformément à un arrêté consulaire du 1 9 prairial an ix, et par décision du ministre des finances du 12 messidor même année.
{La fin de la notice de larue Coq^UUièrefaraUra dan» laHwaison suivanteJ)
Pwis. — Imprimerie de Pomiumt el Morbau» 42» me Vitviii.