‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 85 sur 85 · RUE PU DRAGON · texte numérisé non relu

RUE PU DRAGON

I<e Petit-l^cp^Qlero. — li^éçole d*éi|iiitAtion. — I.a cour du Drason. — — Beifnard de |Pa|iMiy.

L6£i.obAiioÂfiefit daSaint-SépukM avaiepA^ des le xv' srède, une propriété qu'ils habitaient, .diams une rue qu'ils firent désigner soua le nom de leuor conâwie, ordre religieux et militaire. La maisoD était appelée la BetiVSépulcre, ce qui U disitiog^aifr sufSsammemt de l'égliae coUégiâte du Sépulcre me f iiet Sa^iot-Denis. Puisque le Petit-Sépulcre était eo ce tempsihià voisin de i^habitaftjon de^]a latoaille Taranne^ laquelle b^ trouvait rue Tsuanne, Boik boia de kurue Saint- B^^% nQUi" sommes por^â à Groiore^qttehiGduractiielIe du IXragou servait de demeipre tout d'abord à la susdite jcon* frérie. Ua di^gon sculpté^ q/oài fi^ume^ ayjéc d'autees reliefe solidafli^ ai:»iitsés et de vieiHes ferruse» de croisées, sur la^ poi^ d^ ci^te cour^ du côtér dhe 1b^ rue Saintes-Marguerite^ a^rvit d'eoaeigi^ 4 la propifiété; ojétait une aHusion sai^, doiiteiaur d^ragon qu^ Jbnil^ettdbœet soàs lès pieds de sati{Mie;Marsi|^fi4»^ l^eil wijnfin^tifi fobiiteuxique terrassa de. m^me mmt MiolaM^I.. 14^ couc était dsove^ diie du« Dragcui dès h mUi^VL àm., imnf msk^^xa^txpiei: tarw^à^ Séfmlofet

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tè LES ANCHSNNSS MAISONS DE PARIS

fût déDommée comme la cour, qui ne servait pas encore de passage sous Louis XIV. A cette dernière époque, l'ancienne Académie, dite bientôt l'Académie royale, y recevait des élèves tant internes qu'externes^ initiés par M. de Longpré à cette èquitation française, dont Técole était sans rivale. Au commencement du règne de Louis XVI, M°** Crozat, la mère, et ne sait-on pas que le ducde Ghoiseulavait épousé une Crozat ? était propriétaire de cet immeuble, où pullulaient déjà, comme locataires, des marchands de poêles et de ferraille.

Jusqu'à l'embouchure de la rue Sainte-Marguerite s'étendit égalemait, à l'origine, le jardin d^m hôtd presque contigu au manège royal de Longpré, et qui porte le n* 3. II se peut très-bien que Jean ou Christophe de Taraime y ait été de longue date le prédécesseur de Boucher, écuyer, conseiller du toi, dont une autre rue a pris le nom ; dans tous les cas, Boudier a Imissé la propriété à M. de Senneville, puis à Mlle d'Haraucourt, qui descendait d'une des quatre maisons de rancienne chevalerie de Paris, et M. le comte d'HaussouviUe l'a h^ttée de Mile d'Haraucourt.

Les immeubles séculaires se suivent de près rue du Dragon, et on peut ajouter que beaucoup d'entre eux se ressemblent. Le 1 3 fat acquis avant la grande révolution par la ftunille de M""* Rayneau-Fontaine, actuallemeut piopriétaire ; 15, 17, 19, 81 , SI3, ont d^ alhires non moins bourgeoises, que la robe très-probabl^nent avait anoblies. Les

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n**' 25, 27, 29, 31 et 33 ont été signalés à M. Rousseau, notre éclaireur patient, comme l'ancienne résidence des chanoines du Saint-Sépulcre; Unanimité de traditions à cet égard, dans le quartier. Qui plus est, des rapports de construction subsistent, pour confirmer en apparence l'opinion de la localité. Pour en trouver le démenti, il a fallu remonter dans les actes, et en compau^er la teneur avec le peu qu'ont dit à cet égard les vieux ouvrages sur Paris. L'enàplacement de ces immeubles a dépendu, dans le principe, d'un terrain dit la Chasse royale, et le carrefour de la Croix-Rouge a d'abord porté le nom de carrefour de la Maladrerie, parce que des granges hospitalières y ont été ouvertes aux pstuvres gens atteints du mal de Naples ; puis on a mis les Incurables en possession d'une portion des' dépendances de la Maladrerie. L'administration des biens réunis des hospices, dont le siège était à ï'Hôtel-Dieu, a consenti emphytéose en 1784 à Raveneau, carrossier de la cour, du 25, du 27, du 31 et du 33, en lui imposant la construction d'un nouveau corps de bâtiment. Mais l'industrie de luxe de Raveneau a tant souffert des tempêtes politiques qui ont changé la croix rouge en bonnet de la même couleur, qu'il a quitté le coin de la ruQ du Dragon, pour s'attacher comme inspecteur des charrois aux armées de la République. Quant au bail emphytéotique, il a été converti en toute propriété, et dans ces conditions nouvelles ont été adjugés : 1b n"" 27 à Lambert, marchand

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d'hommes, le 23 avril 1813; le n* 39 à M. Magîn, gendre de Raveneau, le 8 mai ♦812f ; le n"* 33, ïe^ 4 juin ♦813, ainsi que le n^ 92 de la nie du Four. M. Sfegîn, qu^ a rempli longtemps les fonctions de caissier dé f âdmînistràtton des ' Hospices, a acquis également, le 17 décembre 1813, la nue-propriété du n* 31 , dont son bèau-pêre ne Tavait fait qu'usufruitier.

On dit bien que vis-à-vis du f&- fut une propriété du Saint- Sépulcre; mais no«s ne sommes pas tombé sur des documents qui confirmasssent ou démentissent cette occupation primitive. Lé éôté des numéros pairs compte encore des grandes portes, telles que le 34, le 30, le 18, le 16, qui n'ont pas attendu que le sellier d*en face, fournisseur 'du temps de Louis XVI, muttipMt les voitures dans la rue, pour leur ouvrir leurs deux battants , lesquels semblent avoir pris la mesure des carrosses du xvn* siècle, plutôt que des vis-àrvis à la mode sous te règne de Louis XV. ' Parmi les maisons plus modestes, qui remontent à une époque assurément plus reculéo, il en est une> répondant au chiffre 24, que signale pour enseigne une terre-cuite de Bernard' de Palissy^ oùSamson est représenté terrassant le lion historique, dont la mâchôiro servit d'épouvantail à une arméô de Philistins. C'est maîntenant un fiôtel garni, avec une boutique honorant efle^même, à. sa manière, 7a mémoire de ce protestant, savant et émàilleur célèbre , en débitant par choppes lè vin dfes huguenots, ses corelîgion-

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naires. Ua eacajlier à quillea de bois coiiiduit aux chambres çt date sans doute daxv®* siècle, L'écussoBen poterie a pour légende ; Au fort Samson; guisune inscription toutemoderne s'exprime ainsi : Ancienne demeura de Berna/rd de PnHs^y^ 1 57 5* Cethorame de génie était; déjà dans un âge avancé lorsqu'il ouvrit, en 1575jUi)COi|irs 4'histo ire naturelle etde physique, dans la rue du Sépulcre; il y fornia ou il y transféra le premier cabinet d?hitoira natucplle qu'on ytt ^ ,Paris,sNé dans le midi au connïitenciemiçnt du «i^dci il p,v9iit échappé à la Saint-Barthélémy,! grâce aulqgpment qu'il pçcup^itau Louvre, atelier d'qu étaient sorties, t^nt de belles poteries , dites par lui.sesi^iyuimes. M4is,,en dépit de sa renommée d'artiste, du mérite initiateur de ses éci*its, du suqcès croissant de ses leçons „ et quelles que fussent ses vertus, le maître fut incarcéré.pjai: ripfluence des Ligueui;s, etmourut en prison dans sa quatre-vingt-dixième année, tout à la fin du règne de Henri III.

De bois tout de même étaient les garnitures d'un escalier, dans le fond du n^ 20 ; mais une très-jolie rampe de fer y fut substituée à mi-corps, du temps de Louis XIII, aux balustres. Bien plus tard, le baron Boyer, chirurgien de l'empereur, laissa cet immeuble à sa fille, qui épousa M. Laplagne^Barris, président à la Cour de cassation.

M. Lacave-Laplagne, qui eut depuis le portefeuille des finances, habitait lui-même le n** 10, en 1823. Propriété dans laquelle a remarqué M. Rousseau : une porte à grande

32 LES ANCIENNES MAISONS IMS PARIS SOUS NAPOLEON Ul. envergure, des vignes grimpantes qiii égaient ]a cour, un ancien puits à si petit orifice que pas un poète ne saurait s'y noyer, et enfin une ferrure du siècle de Louis XIV aux degrés encagés dans l'arrière-corps de logis, qui est évidemment l'ainé. En 1 673 lurent élevées des constructions sur le terrain des n""' 14, 1S, 40 et 8, <& sis à Saint-Germain-des-Prés, » disait encore Tacte d'alors, et que s'étaient partagé plusieurs cohéritiers. Au nombre de (ceux-ci, nous remarquons Le Maistre, architecte et ingénieur du roi, qui n'a sans doute pas cru trop déroger en travaillant dans cette rue pour lui-même. Que plus petit et plus vieux est le n** 2 ! Deux mansardes lui font des cornes, dont l'ombre bifurquant dans la rue n'a pas manqué de protéger, contre les ardeurs de l'été, l'admirable vieillard Palissy, ombre au contraire qui fait la rue radieuse au soleil de l'illustration.

Paris. — Imprimerie de Vomuùr él Mo»uT| A3, rat V«Tiii«

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