RUE DES DOUZE- PORTES
lies familles de Jaj^ de Harlay , IKipenreii ^ de Uleslay, Feydean^ de Mesmes, fVémiii, Iicqac»siic.— CréllilÉoii le <rasi<liie«
Elles n'ont jamais pu être doU26, les» portes* de la rue .Sain1>-NicolaS; fondée; à la diligence de Nicolas Le Jay, premier président 911 parlement de 1640 à 1^56) qui y posséda plusieurs maisons^I Maisf il s^'^n est fallu de peu, et la rue a pu prendre un peu §i^ tarjdr^"^ forfanterie, le nom qui est yçdu jusqu'à nous. .
Toutefois rien B>mpêclie;da compter^ comme incorporée à la rue, une propriété qui fait le coin de la rue Saint-Louis^ au^Marais^ et que décore une Notre-Dame 4ans renfoncement pratiqué sur Tayêle. Dame Yvonne de la Vogadce , veuve de Charles Solu de Mouliœaut , brigadier des ar-^ mées du roi , en était locataire au temps de la Régence ; Cbefcier, un marchand tapissier, lui succéda dès 17â&. De Louis-Augnster Achille de Harlay, conseiller d'État , inten<^ dant de Paris, cette propriété passa, ainsi qu'une autre dans la rue, à la présidente de CrevQçoeur, sa fille, p^tite-'fil le du chancelier Boucherat, veuve d'un président à mortier ; seulement elle n'y demeurait pas, car elle était à l'abbaye royale du Val-de-Grâce, et elle tfamsporta ses droits, dès 1 734,3 sa sœur, veuve de Louis-René de Vielbourg, marquid de Miennes , lieutenant pour le roi en ses provinces de Nivernais
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et Donzois. Cinq ans après 'tnouraît à 6t ans leur père, dernier mâle de? sa race, puisque âon unique fifs avait œssé d'exister avant lui à l*âge de 17 ans. L'ancien intendant de Paris laissait des créanciers^. "Les abbé et reli£:ieux de Saint- Denis percevaient lé droit de cens et de lods et ventes sur ce côté de la voie. ' • — ' •
La porte du 8 forme arcade, mode de construction uniforme à rdrigine pour toute la rue , et une rampe de fer tournoie à Tintérieur. Ce fût une des deux propriétés cédées en 1657 par le sieur Dublet à Guénégaud, trésorier de répargne, propriétaire à cette date rue Saint -Louis de Thôtel Boucherat, plus tard d'Écquevilly, où se trouve le couvent de Sainte-ÉIisabeth depuis le règne de Charles X. Plus d'une maison de notre petite rue dépendit donc , ne fÛt-ce que par le fait de racquisition-Guénégaud^ de V hôtel dont le jardin les touche encore par derrière.
BrîUon-Duperron, secrétaire du roi, conservateur des hypothèques, possédait le 4, dont lé 2 n^est encore que lé jardin , du chef de son père , qif une adjudication y avait fait succéder à l'union des créanciers du derniîer Harlay . En 1781, un autre Brilloû-Duperron , recevieur des dhnes du ' diocèse de Paris, vendait à Laurenft Gervais, conseiller du roi, contrôleur des rentes dePHôtel-de-ViUe, grand-père de M. Frémin, propriétaire actuel. Mf^*" Frémm là mère, née Gervais, est décédée H y a peu d'années, après avoir vécu plus d'un demi-siècle dans le même appartement^ jja^
maison. De celle-ci on avait fttit bail précédemment à M"**, Juvénal d*Arvel des Ursins de Trainel, femme de Regiiault, comte de Barres^ baron de Law, gouverneur d'Étampes, puis à M"* Ghanut, veuve de ^oissy.
Le moyen d'en vouloir au 9 , de ce qu'il garde sa porte des premiers jours ! Un charbonnier s'en sert à lui tout seul, car le passage des autres locataires est une allée qui donne rue Saint-Louis» Un petit hôtel garni est plus coquet, n^ 7 : il est vrai qu'une marquise y payait loyer , sous Louis XV, à Massin, comte de Meslay, président à la Cour des comptes. Mérault, seigneur de Gif, grand-père deM""* de Meslay ,ravaitau commencement du même siècle. L'an 1 775, s'en arrangea le président de Gourgues , dont le mur mitoyen était parallèle à la rue. Or, ne savait-on plus à cette époque à qui payer la redevance censitaire? On eût pu attribuer à M. de Lapalisse la teneur des contrats de vente à cet égard : a Étant ladite maison en la censive des sei- « gneUrs et dames de qui elle peut relever. »
Aux anciennes maisons de Nicolas Le Jay, arrivons-en. Elles sont trois qui se suivent, entre l'hôtel garni et la rue Neuve-Saint-Pierre* Claude -Joseph Le Jay, marquis de Maison-Rouge, gouverneur d'Aire en Artois, épouse vers la fin du XVII** siècle la fille de Pajot d'Onzcfmbrai^ contrôleur général des Postes, et de Marie- Anne Rouillé; il meurt w 1736, laissant sa trinité d'immeubles à sa|fille^ qu'à épousée en secondes noces Paul-Esprit Feydeau de Brou, iol^dant
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de Paris, puis garde des sceaux en 1 762^ démissionnaire l'année suivante, et décédé quatre ans après. Or un Feydeau de Brou, président au grand conseil, a déjà marié sa fille au président de Mesmes, en 1695; cette alliance entre mêmes familles est renouvelée, Tannée 1749, par l'union du marquis de Mesmes, seigneur de Bougival, avec une petite-fille du gouverneur d'Aire et du chancelier Feydeau : le roi et toute la famille royale signent au contrat. Après quoi les époux de Mesmes vendent en 1780àFain, couvreur, ces trois propriétés, savoir : le 5, habité alors par M. de Sandrecour; le 3, par M"* de Waubert; le 1 enfin, par M. de la Mauselière.
Les bas-relièfs du 3 et sa petite porte ne sont pas d'un temps éloigné du nôtre. L'abbé Fournier, chanoine de Notre- Dame, vient de mourir au 5, où il était logé depuis le Concordat. M. Lequesne, sculpteur distingué et joueur d'échecs dont les parties se notent, est le fils du propriétaire de la maison du coin de la rue Saint-Pierre, et le petit-fils de M. Garand, directeur général des subsistances militaires, dont le citoyen Snoble fut le prédécesseur : ce dernier possédait également les deux autres.
Mais quel souvenir encore se rattache à la maison Lequesne ! Un grand nom, celui de Crébillon, pourrait y être inscrit si l'on voulait; mais une plaque municipale l'a donné aune autre rue, et c'est bien le moins que dût la Grèce moderne à son Bèchyle. Il disait : -^ Corneille a le ciel ; Racine^'
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la terre; il.ue me mste que les enfers... Le genre terrible adopta donc l'auteur d'Atrée^ qui le lui rendit bien. Au beau milieu desa répujtation, il en était réduit à ses traitements d'académicien et de censeur de I^ police; la totalité en suffisait mal à T^ppétit de sa nature robuste, à remplir de tabac sa pipe^ car il. fumait comme laan-Bart, et sur-tout à nourrir la ménagerie d'animaux de toute espèce qui faisaient partie de sa maison. Que si vous lui, demandiez d'oii venait cet amour pour le^ bêtes, il nç vous mâchait pas le mot: r^ Depuis que je connais trop bien les hommes... Aussi fut-il traité, en misanthrope par tous les Philintes, ses confrères, auxquels toutefois il crut rendre service en provoquant un arrêt du conseil, qui j[ugeaque les produits de l'esprit, les droits d'autour^ n'étaient pas effets saisissablés. Cette juirisprudence fit toniber le peu de crédit qu'avait eu jusque-là Grébilion. Fcwt lueurçwsement^ M"* dc^ Pompadour, pour humilier un peu Voltaire, le sauva du dçoouragem^nt, lui fit fyoir i,60û fr. de pension du rpi et une place à la Bibliothèqjiiie» et la réiinpresçian de ses œuvres ^ l'impri^nerie roy^le du Louvre^ édition déchargée dei tous frais. Enfin dès que Louis XY apprit la fin de ce poète, si majuvais cquxtisau,, il envoya lui-même prendre son corps, rue des Douze-Portes,- pejirJe^ faire inhumer . à ses dépens dans l'église Saint-Gervais^ paroisse de la m,aison mortuaire. Les comédiens Français firent célébrer <)u^que tçmp^ après un ^eririce pour Crébilloft,. à Saint-Jean-de-Latrup» .
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