‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 10 sur 65 · RUE DU VIEUX-COLOMBIER · texte numérisé non relu

RUE DU VIEUX-COLOMBIER

Vieux-Colombier, où les numéros 6 et 8 ne sont pas tout ce qui subsiste de cet ancien établissement religieux. Les tilles de Notre-Dame-de-la- Miséricorde étaient au nombre approximatif de vingt, tout de noir vêtues, avec un scapulaire blanc et un christ en sautoir. Dans leur monastère, la dot était de 3,000 livres; la prise d'habit revenait à 1,000, et le noviciat à 300, pour les 18 mois de sa durée ou par année. Ces religieuses recevaient aussi, gratuitement, des filles se destinant h la profession religieuse, et elles donnaient asile auxdemoisellesde condition peu fortunées. Madeleine Martin, fille d'un soldat, et Yvan, père de l'Oratoire, avaient fondé leur institut h Aix-en-Provence ; Anne d'Autriche avait attiré à Paris des religieuses de cet ordre et posé la première pierre de leur chapelle; néanmoins elles avaient été réduites par les désordres de la Fronde à accepter l'hospitalité de M""' de Boutteville, dans son hôtel, et la munificence de cette dame, de la duchesse d'Aiguillon et de M. de Mortemart avait sui-lout permis à la supérieure, mère Madeleine, d'installer sa maison de fondation royale dans la rue du Vieux-Colombier.

Une caserne occupe l'ancien établissement des Orphelines-de-la-Mère-de-Dieu, créé en 16S0 par le curé de Saint-Sulpice et un certain nombre de ses paroissiens. On y recevait, dès le berceau, des enfants légitimes du sexe féminin, nées sur le territoire de la paroisse, lesquelles étaient élevées moyennant la somme de 100 livres une fois donnée.

Il y avait à voir dans cette rue, un peu avant la Révolution, le cabinet d'histoire naturelle formé par le médecin Morand. La plupart des maisons voisines étaient alors des hôtelleries. L'hôtel de Montgommery, meublé, touchait presque à la Croix-Rouge, du côté de l'hôtel Balincourt. De l'autre côté, entre la rue du Pot-de-Fer, présen-

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tement Bonaparte, et le carrefour, nous retrouvons tous les lieux occupés par les anciens hôtels de Saxe, de Londres, du Roi-George, de Bruxelles et de Notre- Dame. Cette dernière enseigne se rapportait au n° 29, habité sous Louis XV par M. Peyrenc de Moras et (mairie du XI'' arrondissement au siècle suivant.

r N'est-ce pas k l'hôtellerie du Roi-Georges, dite alors du Parc-Royal, que ne craignit pas de descendre le protecteur des lettres Horace Walpole, qui devait être difficile sur le choix de son pied-à-terre? Il avait à Strawberry-Iiill une résidence princière, dans laquelle s'imprimaient ses propres ouvrages. Cet ami de M"'^' du Detlanl fut alternativement poète, historien, publicisle, romancier et auteur dramati'.jue. La publication posthume de sa correspondance le met h la tête des épistolaires anglais.

La rue dont la monographie touche pour nous à sa fin doit sa dénomination à un colombier, que l'abbaye de Saint-Germain fit élever au XV*^^ siècle. On l'a dite aussi rue Cassel, en raison de l'hôtel Cassel, qui depuis a laissé son nom h une autre rue, par corruption Cassette.

Rue du Jai'iliiiet. (t)

Le 12 et le 4, dans la rue que voici, ont appartenu au collège Mignon. L'acquéreur du n" 1, en 1690, était René de Maupeou, président au parlement, qui avait pour vendeur Leboutz, maîtredes-requêtes : la famille Leboutz avait acheté de la famille Gobelin, vingt ans avant. Gibert avait le 3 h sa disposition. Le 9 et le 11 étaient h la marquise d'Houartigny, bien qu'alors on y exploitât le grand hôtel-garni de Tours.

Vers le même temps et dans la même rue, l'hôtel d'Anneval passait de Françoise Leroux, veuve du marquis de Lussac, h Claude Leroux, prêtre, seigneur de Bouge.

Les copropriétaires du 13 étaient la marquise de Brosse et la marquise de Garennes, née Lefebvre deCaumartin. Ces dames convinrent de la mettre aux enchères en tête-à-tête, pour simplifier la licitation, et M"'° de Brosse n'eut pas le dernier mot : elle se tut la première, hélas ! pour la première fois peut-être de sa vie. M'"" de Garennes garda et habita l'hôtel ; elle y eut néanmoins des locataires, notamment l'abbé d'Artagnan et la marquise de Mouchy. Comme sa propriété avait appartenu avant 1584 à l'archevêché de Rouen, la marquise paya l'impôt dont se trouvaient frappés, en 1704 et 170S, tous les biens aliénés des communautés laïques ou ecclésiastiques ; elle payait aussi un droit de cens à l'abbaye de Saint-Germain, mais non sans

(1) Notice écrite en 1861.

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