‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 22 sur 65 · RUES GARANCIÈRE, ETC · texte numérisé non relu

RUES GARANCIÈRE, ETC

Paris, conseiller au parlement, et à sa sœur, la présidente Dugué. La branche de Sourdéac remontait à René de Rieux, lieutenant-général au gouvernement de Rretagne, en faveur duquel Henri IV, qui se plaisait à l'appeler mon cousin, érigea l'île d'Ouessant en marquisat; Elisabeth Nivelle épousa l'arrière-petit-tils, Réné-Louis, dit le comte de Rieux, mais elle ne l'empêcha pas d'être le dernier Sourdéac. L'hôtel oui fut successivement Garance, Léon, Rieux, Sourdéac, de la Sordière, Montagu, Lubersac et mairie du XI* arrondissement, se dit Roquelaure. C'est qu'en pareille matière il faut compter avec une autorité populaii;e dont les dépositaires gagnent à être désignés poétiquement par ce vers de Virgile :

Snnl quihiiy ad pertas cecidil custodia sorti.

Dulau-d'Allemans, gouverneur de Doullens, brigadier des armées du roi, prenait la maison suivante, en 1751, des mains de Roivin, procureur du roi au bureau des finances.

La propriété venant au-dessous du double hôtel avait été vendue l'année d'avant par Elisabeth de Reauvau, veuve du duc de Rochechouart, premier gentilhomme de la chambre, h l'Aubespine, marquis de Verderonne, seigneur de Villeflix, lieutenant des gendarmes écossais, ainsi que trois autres maisons. L'une d'elles est le n" 5 de la rue Palatine, construit pour la princesse Anne-Charlotte, palatine de Ravière, qui survécut à son mari, Henri-Jules de Rourbon-Gondé, et se fixa au Petit-Luxembourg. L'archevêque de Sens habita longtemps la maison, puis M. de Ronald, le philosophe catholique. On retrouve rue Servandoni les deux autres maisons qui firent partie de la même acquisition. Les filles de la Très-Sainte-Vierge, communauté dite de M""' Saujon, avaient eu, près d'un siècle aupara-

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vaut, la totalité du terrain et les constructions qui s'y élevaient déjà. Cette communauté s'était formée en 1663, et elle avait donné de l'extension à son établissement trois années plus tard : l'avocat Bénard avait alors cédé moyennant échange à M""" Saujon, supérieure, assistée dans l'acte par Thérèse d'Auvray, Anne-Marie Lechevalier et Marie- Madeleine Divrot, représentant avec elle la plus grande et saine partie des filles de la communauté, 75 toises à prendre dans les héritages du coin de la rue Neuve-Saint-Sulpice (Palatine) et des Fossoyeurs (Servandoni), où deux maisons étaient bâties, plus une grande maison tenant par-devant à la rue Garancière, par-derrière auxdits héritages, en aile à la rue Neuve-Saint-Sulpice. Agrandissement qui n'a pas fait durer plus de quatorze ans la communauté de M""^ Saujon.

Les Dulau-d'Allemans, déjà propriétaires dans la rue Garancière sur le côté droit, occupèrent de l'autre un hôtel ; c'était probablement la seconde face de la maison qui leur appartenait rue de Tournon. Avec laquelle des deux propriétés était de front ce qu'on appelait alors n" 1 ? Poncelindela Roche-Tilliac y ouvrit une souscription à son ouvrage intitulé : Chefs-d'œuvre de l'antiquité sur les heaux-arts ; Monuments précieux de la religion des Grecs et des Romains, de leurs sciences, etc. (2 vol. in-folio 1784). D'autres compilations sont dues à cet auteur d'une Description historique de Paris. D'éditeur il se mit imprimeur et libraire, pour publier des journaux et brochures patriotiques de sa composition, au commencement d'une révolution dont il épousa tout d'abord les idées avec enthousiasme. Il avait jeté le froc aux orties pour se faire homme du monde; il fut l'un des premiers à ne pas craindre d'y jeter aussi le célibat. Mais les événements du 10 août le ramenèrent, comme journaliste, ci mettre de l'eau dans son vin; un

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