‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 23 sur 65 · SERVANDONI ET PALATINE · texte numérisé non relu

SERVANDONI ET PALATINE

peu plus tard il figurait au nombre des publicistes purement réactionnaires. Il attaqua Barras avec une violence qui lui valut les représailles d'un guet-h-pens, car il eut le malheur d'être enlevé par la police du Directoire, traîné au Luxembourg, dans une pièce reculée, et fouetté jusqu'au sang. Est-ce que le Consulat ne vengea pas lui-même le Directoire, d'ime manière plus complète, en rendant impossible l'indépendance d'une feuille politique?

La princesse palatine a donné une fontaine h la rue Garancière, année 1715, et a laissé son titre à la rue Palatine, primitivement un cimetière.

La dénomination de l'autre rue était justement due au fossoyeur de ce cimetière de Saint-Sulpice, qui habita, dit-on, le n".l. Comme cette voie empiétait, en formant coude, sur le terrain de la place Saint-Sulpice, on l'appela aussi du Pied-de-Biche, du Fer-à-Cheval. L'architecte Servandoni n'existait plus quand on s'est souvenu qu'il avait demeuré en face du fossoyeur, et cet auteur du portail de l'église Saint-Sulpice a été le parrain posthume de son ancienne rue, en vertu d'un nouveau baptême. Un bas-relief d'une grande finesse, représentant la Charité, décore celle des portes de l'église qu'on dit porte Servandoni. Nous croyons, au surplus, que la communauté de M"''" Picart, fondée en 1692 par la grande-duchesse de Toscane, le fut dans cette maisonnette et dans la maison attenante. Les orphelins de la paroisse, dits enfants de la Mère-de-Dieu, eurent pour asile le n° 10, dont l'entrée est rue Canivet. Sous Louis XIV également, une communauté de filles occupa la seconde encoignure que cette rue forme avec celle Servandoni.

Est-ce à dire que tous les souvenirs de cette dernière se rattachent à de pieuses fondations?

190 RUES GARANCIERE,

Le florentin Servandoni lui-même ne se bornait pas à dessiner des monuments religieux; cet architecte, qui savait manier le ciseau et surtout le pinceau, a travaillé, comme peintre-décorateur, ii l'Opéra, avec Boucher, l'artiste qu'inspirait exclusivement le plaisir. Sa rue, à l'ombre de Saint-Sulpice, n'a pas été incessamment peuplée d'abbés, demarguiliiers et de donneurs d'eau bénite.

M"'' Dangeville, qui a joué les soubrettes, les grandes coquettes et les travestis pendant un tiers de siècle, a pu recevoir nombre d'excommuniés, rien qu'en donnant des fêtes de famille, dans la maison où elle tenait d'une part au comte de Breteuil et d'autre part a la famille Godonèche, propriétaire à l'encoignure des rues deVaugirard et des Fossoyeurs. Bourdelin, docteur en médecine, ayant pour locataire Dupin, seigneur de Montinéa, avait vendu en 1740 au couple Botot ladite propriété, et Marie- Anne Botot, dite Dangeville, a racheté douze ans plus tard la part des héritiers de son mari, avec lequel elle avait été commune en biens. Dans cette circonstance, M"* veuve Dangeville, comédienne du roi, demeurant rue du Petit-Bourbon (aujourd'iiui Saint-Sulpice) passait un nouvel acte, et les autres contractants étaient : D"*" Marie- Hortense Racot de Grandval, veuve de Charles- Claude Botot-Dangeville, pensionnaire du roi ; sieur Antoine-François Botot-Dangeville, maître de danse, membre de l'Académie royale de danse et pensionnaire du roi; dame Anne-Catherine Desmares, épouse du susnommé ; Franpois-Etienne Botot- Dangeville de Montlleury et Etienne Botot-Dangeville de Champmeslé, tous, deux comédiens pensionnaires de S. A. S. Électorale Palatine, et Nicolas Botot-Dangeville, bourgeois de Paris. Les intéressés, à eux seuls, n'auraient-ils pas pu donner la comédie au notaire, après la signature du contrat?

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