‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 26 sur 65 · G RUES NEUVE -DES-PETITS-CHAMPS · texte numérisé non relu

G RUES NEUVE -DES-PETITS-CHAMPS

jardin, devenu pour les jeux de toute espèce une foire permanente, a Uni par avoir son cirque, tenu par Franconi, son théâtre des Jeunes-Comédiens et son panorama. Presque tout fut enlevé, au milieu d'un nuage de poussière, par le tracé de la belle rue de la Paix, dite Napoléon jusqu'en 1814, qui vit appliquer îi l'administration du Timbre d'anciens bâtiments conventuels, encore intacts sous Louis-Philippe.

La rue Neuve-des-Capucines, percée au commencement du xvni« siècle, ne commence plus qu'à la rue de la Paix. Une patrouille d'hôtels a pris son temps pour s'y former entre le couvent et le rempart; mais si le guet, en la croisant, avait osé demander : Qui vive? elle aurait assurément craint de s'encanailler au point de répondre : Amis. — Faquins ! aurait-elle [Plutôt dit, passez au large!

L'hôtel de Cotte, quoique élevé en l'année 1713 pour l'architecte de ce nom, n'avait lui-même envie de se commettre en aucune sorte. Tavenoten en avait dessiné deux ultérieurement, qui voulaient aussi tenir leur rang: celui-ci pour M. Castanier, directeur de la compagnie des Indes, celui-là pour le lermier-général Desvieux. Fils d'un avocat au conseil du roi. Desvieux l'avait été lui-même avant que d'entrer dans les fermes ! Maintenu en 1726 par M. Le Peletier des Forts dans la place lucrative qu'il occupait depuis cinq années, il dut à un caractère susceptible l'originalité de mourir de chagrin avec plus de trois millions de bien, Irois jours après une scène que lui avait faite l'intendant des finances Fagon, fils du médecin en vogue, pour avoir nommé à un emploi vacant un candidat de son propre choix, au lieu du candidat recommandé par son supérieur. Ce Vatel de la finance était le père d'un président aux requêtes du parlement de Paris ; l'une de ses

filles avait pour épouse M. Joly de Fleuri, avocalgénéral près la même cour,

M. de Laborde, autre matador de la rue Neuvedes-Capuciiies, n'(^tait-il pas un favori et le premier valet-de-chambre de Louis XV? Il cultiva, d'ailleurs, les lettres et les beaux-arts, mit en musique plusieurs pièces de théâtre et fit imprimer avec luxe plusieurs ouvrages de sa façon. Enfin le premier occupant de La principale maison de la rue était le ministre d'État Bertin, qui y avait forme un cabinet d'histoire naturelle et de chinoiseries.

M. de Meulan, receveur général de la généralité de Paris, occupait au milieu du même siècle la maison de Cotte, et il y eut pour successeur M. Legendre d'Armini. Rappelons à la même, comme un titre de gloire, qu'elle a logé le général Bonaparte, après le 13 vendémiaire. Également y a résidé le ministre du Trésor sous le premier empire, puis le duc de Montmorency, ancien député aux.États-Généraux, ministre sous la Restauration, et puis M. Bethmont, qui a été ministre de la seconde république.

Les bureaux du Crédit-Foncier remplissent deux immeubles, dont l'un, ancien hôtel Pilazade et Villequier-d'Aumont, avait probablement commencé par être Castanier, et dont l'autre, acquis de M. le baron de Septeuil, aurait appartenu à Desvieux. Ce grand établissement, dont les finances courent moins d'aventures que tant d'autres, se rend, qui plus est, acquéreur d'un des hôtels Crozat, qui a été d'Estrées, pour avoir sur la place Vendôme ses grandes entrées. La voil'i donc plus affairée que jamais cette maison du chevalier Crozat, dit le pauvre par égard pour son tVère, mais qui n'en laissa pas moins le grands biens il son neveu, le marquis Crozat du Chàtel ! Le père du riche et du pauvre était le Crozat qu'on avait vu venir en sabots ; le comte d'Evreux, un

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