RUE DES MOULINS
Sur un horizon de collines plus élevées, plus verdoyantes. Jeanne d'Arc s'y est postée courageusement en 1429, quand les Anglais tenaient encore Paris; les ducs d'Alençon, de Vendôme et tant "d'autres, ses compagnons d'armes, revoyaient de là les tours du Louvre, et l'envie leur y vint, le 8 septembre, de pardonner au nom. du roi, si la ville leur ouvrait la porte Saint-Honoré. Mais un trait d'arbalète blessa Jeanne d'Arc, et les soldats de Charles VII allèrent en rejoindre d'autres près de la Loire.
Sous Louis XV, la rue des Moulins n'était pas dépourvue de boutiques ; mais il en manquait rue Royale. Durant le règne suivant, le chevalier de Saint-Lambert avait ce même n" i qui fait le coin de la rue des Moineaux, et dont les œils-de-bœuf restent braqués sur les maisons d'en face à petites portes, ou bien ce grand n° 11 qui se replie jusque sur la rue Ventadour.
Le n° 14 appartenait à l'abbé de l'Épée, et il y commença h étendre le bienfait de l'instruction aux sourds-muets. Un nommé Péreire, il est vrai, avait déjà imaginé un moyen d'enseignement spécial ; mais il avait le tort de n'en rien faire et de vouloir que l'abbé de l'Épée négligeât d'expérimenter des découvertes analogues au profit de l'humanité. Les ressources pécuniaires de l'illustre instituteur se bornant à 7,000 livres de rente, le duc de Penthièvre et d'autres amis de l'humanité l'aidèrent à instituer non-seulement un établissement, mais encore une science d'utilité publique. L'empereur Joseph II, pendant son séjour à Paris, assista plusieurs fois, dans la rue des Moulins, aux leçons que l'abbé de l'Épée y donnait.
M"* Marguerite Hébert, épouse séparée de biens du sieur Dufour, disposait du n° 15, dont la cour magistrale mène à un escalier à rampe de fer. Cet hôtel est sans doute le doyen de la rue. Le père