‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 15 sur 99 · BOULEVARD SAINT-MARCEL, ETC · texte numérisé non relu

BOULEVARD SAINT-MARCEL, ETC

Projet de loi portant défense aux femmes d'apprendre à lire.

La ferme de Saint-Marcel, qui appartenait au chapitre, se retrouve n"' 13 et 15, près* d'une seconde ferme, fructifiant sous Louis XVI pour le marquis d'Àubouin, dont le château avoisinait Villejuif. En ce temps-là une foire se tenait, à la Toussaint, sur la place de la Collégiale. L'espace y était découvert dans le commencement du xvni" siècle'; mais, au milieu du précédent, un cimetière obstruait encore le passage entre l'église précitée et celle de Saint-Martin, dont il subsiste pareillement des fragments. Au 6 est sa vieille porte en pierre, qui n'ouvrait pas dans le sens de la place ; des poules donnent un aspect rustique à cette maison de tonnelier, vestige d'un temjjle qu'environnaient et que pavaient, si récemment encoi-e, plusieurs généi'ations de tombes, confondues dans le même oubli. La ci-devant église de Saint-Martin, qu'on

Se jeta bas que vers 1806, avait été le chef-lieu e la section du Finistère.

Ce qu'on nommait le petit cimetière sert également de basse-cour, n" 4, dans l'ancien presbytère du curé de Saint-Martin, qui .n'avait alors qu'un étage, sur lequel était prise la salle des margniilliers. Le 14 lloréal an iv, ce bâtiment fut adjugé au citoyen Piault, capitaine de vétérans, par acte dressé à 7 heures du matin, en présence d'un citoyen Jean-Jacques Rousseau, commissaire du Directoire exécutif près l'administration municipale du xn«' arrondissement du département de la Seine, canton de Paris.

Kiie Tliouiii,

EN CE (^UI s'ÉX appelait NAGUÈRE

de Foure.y - 8aiiit - Jacqiie^^^ et rue de Fourcy,

XAGCÈRE

do Fourcy-Saînt-Antoîiie. (i)

Un grand jour pour l'Hôtel-de- Ville que le30 janvier 1687! Les édiles ce jour-là traitaient le roi, les princes et princesses du sang, des seigneurs et dames de la cour. Jamais dîner ne fut plus de gala. Le prévô^-des-marchands Henri de Fourcy, président de In chambre-des-enquêtes, servait îe roi; Geoffroy, premier échevin, le Dauphin; la présidente de Fourcy, la Dauphine ; le deuxième échevin. Monsieur, et le dernier échevin, le duc de Chartres.

M. de Fourcy, comme chef de l'édilité, fit combler d'anciens fossés de la ville, en exécution d'un arrêt du conseil du 17 avril 1685, pour i'ormer la rue de Fourcy-Sainte Geneviève, alkis de Fourcy- Saint-Jacques, dite aussi place Neuve-de-Fourcy d'après Lacaille. Le mur de l'abbaye, dans lequel s'était ouverte la porte Papale de ce monastère,

(1) Notice écrite en 1867. La mémoire du naturaliste Thouin ne se rattachait encore par aucune particularité à la rue de Fourcy-Saint- Jacques qui, en changeant de vocable, a agripé un crochet de celle des Fossés-Saint- Victor.

RUE THOUm, ETC. 81

et un jeu de longue-paume en occupaient d'abord tout un côté, où se trouvait, au siècle suivant, le marchand de vin Thiéry, h l'angle de la rue Bordet, aujourd'hui Descaries.

En ce jeu de paume avait été monté un petit spectacle par le farceur Legrand, dit Turlupin, et ses deux acolytes, Gros-Guillaume, Gautier-Garguille. Ils venaient tous trois du faubourg Saint- Laurent, où ils avaient été garçons boulangers avant que d'y monter sur les tréteaux de la foire, et ils s'étaient particulièrement arrêtés dans la région du Pont-neuf, en accomplissant le voyage d'outre-Seine qui avait mis le sceau à leur réputation. Les bouffonneries de ce triumvirat créaient un genre, éminemment railleur, et nous voyons encore des personnages du répertoire de Molière se . turlupiner sur la scène. Les représentations données par Tui lupin et G* près de l'abbaye ne duraient guère que de une heure à deux de relevée; on en voyait la farce pour 2 sols 6 deniers par place. L'esprit naturel des scènes qu'ils oifraient au public avec succès, ne devait rien à l'allicisme ; néanmoijis les comédiens privilégiés de l'hôtel de Bourgogne se plaignirent de cette concurrence au premier mniistre de Louis XIIL Avant de faire droit à leur réclamation, le cardinal de Richelieu voulut se donner un plaisir que tant de monde avait pris à si lx)n compte sans lui, et qui allait être supprimé. Appelés à jouer au Palais-Cardinal, les trois acteurs y déridèrent si bien son Éminence qu'elle les lit entrer par ordre dans la troupe même de l'hôtel de Bourgogne. Près de là, en 1791, la place de l'Estrapade eut 6n théâtre des Muses, qui se ferma l'année suivante.

Les turlupinades, que l'envie avait poursuivies jubque-là, s'étaient pourianl bien éloignées de leur berceau. N'avaient-elles pas, en outre, un voisinage sinistre dans l'Estrapade? François CoUetet, en son

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