RUE LOUIS-LE-GRAXD
le moins connu. C'était plutôt une maison qu'un hôtel, car elle n'avait pas de jardin, tant le couvent des Capucines, par- derrière, la serrait de près ! M""^ de Montespan, dans la disgrâce, y passa quelque temps. Depuis son départ de Versailles, elle menait une vie de .péaitence, quoique peu sédentaire, après s'être essayée à l'immobilité de la retraite dans la communauté des tilles de Saint-Joseph : ses terres la gai-daul six mois de l'année, elle prenait, de plus, les eaux de Bourbon. Le duc du Maine et le comte de Toulouse, légitimés princes du sang, visitaient à Paris M""" de Montespan, qui ne les traitait pas sur un autre pied que le fils du marquis de Montespan, leur frère aîné. MM. de Grandbourg, et Castela ont disposé de là propriété; elle a été occupée de plus fraîche date par l'ainii-al Parceval-Deschônes, parle général Digeon : n'" li et o à-présent.
M; de l'Épinay était propriétaire du 4, arrièrebâtiment de l'hôtel Mondragon, que nous avons vu rue d'Antin. L'hôtel avait appartenu conjointement à Marie Bersin, femme de Louis Duval de l'Épinay, secrétaire des hnances. et au marquis de Mondràrgon, secrétaire des commandements de Madame, comtesse de Prcivence, ainsi qu'à la marquise, née Duval de l'Épinay. M. Varignon de Villemarais, qui avait le 9 du chef de sa femme, veuve de Derbais en premier lit, était l'un des prédécesseurs du général marquis de Chasseloup- Laubat, père du ministre actuel de la Marine. Sénateur depuis une année, !c général, en 1814, se rappela qu'il était lils et petil-lils de brillants officiers, qui avaient servi sous le drapeau des maréchaux do Saxe et de Luxembourg ; il refusa même, aux Cent-Jours, de reprendre sa place au sénat, ce qui n'empêcha pas Napoléon de faire encore à Sainte Hélène l'éloge des talents et de la probité de Chasseloup-Laubat. Le général a
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eu pour acquéreur le beau-père de M. Double, propriétaire à l'beure qu'il est de l'immeuble où il donne l'hospitalité à une rampe d'escalier, tirée de la maison de Samuel Bernard, rue Notre-Damedes- Victoires. M. Double possède aussi, dans la vallée de Montmorency, un ancien château des ducs de Vendôme, qui fut de plus à M"*" d'Enghien. Son appartement h Paris est d'un luxe devenu rare en ce qu'il ne parle pas qu'aux yeux: un magnifique mobilier historique y réveille le souvenir des détenteurs primitifs de chaque objet, c'est-àdire des plus grands ministres, des ducs' et pairs, des rois eux-mêmes, et des femmes qui, l'une après l'autre, taillèrent dans chaque règne le leur. Tapisseries, cheminées, porcelaines, mosaïques, pendules, bronzes, doi^ures, lustres, sofas et guéridons sont des chefs-d'œuvre de bonne compagnie, avec lesquels jamais on n'est tout seul : chacun d'eux cite une date et un nom historiques, dont on aime à s'entretenir et qui donnent quantité d'idées qu'un mobilier tout neuf garde pour plus tard. Tout n'est pas une importation dans le musée domestique de M. Double : les sculptures, les peintures des plafonds et des dessus-de-portes n'ont jamais été autre part. Bon Boulogne a passé par-là.
Suit l'ancienne propriété de M. Maurangel ; M. Taupin, vers 1800, la vendit à M. Merlin, agent-dechange, beau-père du général Berlin de Vaux, qui y commande. Les immeubles d'après n'ont fait, pour la plupart, que croître, sans embellir, depuis le règne de Louis XVT : exemples, le grand hôtel d'Egmont, au "21, et le petit, dans le fond du 23. Jenny-Colon a joué aux Varié|é§ une pièce qui nous empêche d'oublier que la jolie M™" d'Egmont chassait de race, étant tille du maréchal de Richelieu.
L'hôtel de M. de Gontaut-Biron a quitté entière-