RUE SAINT-PAUL ET RUE CHARLES V
La prison de Saint-Éloi, ainsi que tout le territoire qui, de ce côté de la rue, n'appartenait pas à l'église, avait dépendu du palais.
Non-seulement Charles V, n'étant encore que dauphin, a créé ce royal séjour, sous les auspices de l'église du lieu ; mais encore, étant rôi, il a fait élever la Bastille, pour tenir en respect les soldats du séditieux duc de Bourgogne, et il a pris sur les jardins de l'hôtel l'emplacement donné aux célestins. Ce domaine princier, réuni en 1364 au domaine de la Couronne comme hostel solemnel des grants esbatemens, avait été formé, pendant la captivité de Jean-le-Bon en Angleterre et le Dauphin étant régent, par l'acquisition de plusieurs hôtels et au moyen d'une taille particulière établie sur les Parisiens. Il avait tini par s'étendre de l'autre côté de la rue Saint-Paul et au-delà même de YAve-Maria, rue des Barrés. L'hôtel de Sens ayant été vendu au Dauphin, en 1363, par Guillaume de Melun, archevêque de Sens, Jean-le-Bon y avait lui-même résidé. Diverses pièces de cet hôtel de Sens ont été spécifiées la chambre où gît le roi, la chambre des nappes, la grand'chamhre du retrait, la chambre de Vestude, les estuves, les chauffedoux ; mais, sous François P', a été rétablie la résidence archiépiscopale dont, nous parlons dans l'historique de la rue du Figuier et de la rue des Barrés.
Un autre hôtel se qualifie ancien logis de la reine Blanche, au coin de la rue Saint-Paul et de la rue des Barrés. On y remarque un chiffre merveilleusement sculpté, la décoration d'une alcôve qu'un atelier a le bon goût de respecter, des mansardes du xvr^ siècle et une rampe de fer moins ancienne. Les béguines de YAve-Mar^ia ont été établies par saint Louis à côté du séjour de la reine-mère, que le palais a dû également englober au siècle suivant. M. Bournet-Verron, notaire, est présentement propriétaire de cette maison, qu'il