NAGUERE NEUVE-SAINT-PAUL
tient de son beau-père, et que l'État a vendue pendant la République. M. Bouniet-Verron, n'ayant entre les mains aucun titre de propriété séculaire, nous permettra de lui apprendre que son immeuble, au xvni« siècle, était l'hôlel de Ligiierac. Une baronnie audit nom était possédée, dans la Marche limousiiie, par la maison de Robert de Mure. Toutefois M. de Lignerai, dont les petits-soupers n'ont pas laissé que de faire quelque bruit, portait le titre de marquis. Ses commensaux étaient principalementle marquisde GaucourtetM. Dutillet, et il donnait en ce temps-là 25 louis par mois à Collette, de la Comédie-Italienne, chez laquelle ce chef-d'emploi se contenta ensuite de servir de doublure, par mesure d'économie, au trop fameux comte de Sade, plus tard marquis. Ce dernier avait été conduit à Vincennes par ordre du roi, en 1763, puis dans les terres de son beau-père ; on lui avait permis, l'année suivante, de reparaître en ville, mais la police avait défendu à la Brissault et li d'autres appareilleuses de lui confier des filles hors de leur surveillance directe. La comtesse de Lignerac disposa aussi, sous Louis XVI, d'une propriété venant après l'ancien logis de la reine Blanche.
M. de Malerme en avait deux en face de la rue des Lions-Saint-Paul ; la comtesse de Percuit ou de Péreuil, deux autres vis-à-vis la rue Neuve- Saint- Paul ; la comtesse de Fontelet, trois ou quatre du même côté. Le 35, avec une autre maison contiguë, appartenait aux De Sève : un conseiller d'État, membre de cette famille d'origine piémontaise, avait épousé une fille de Guéiiégaud, trésorier de l'épargne. A la fabrique de Saint-Louis étaient deux maisons, situées à l'entrée d'un cul -de-sac, maintenant passage à l'église. Là se trouvaient sans doute les six étaux de la boucherie ouverte dans la rue. Mais l'angle de celle Saint-Antoine