LKS DEUX RUES SAINT-CLAUDE, ETC
'intrigante, ainsi que sa femme, la romaine Séraphina Féliciani, aussi belle que peu lettrée, ne sachant ni écrire ni lire. Sa mise en liberté fut un triomphe ; on l'attendait en foule pour le reconduire dans son petit hôtel du nM, rue Saint-Claude, et ce retour était fêté par des sérénades et des vers, des acclamations populaires et les bouquets des dames de la Halle. Tant que la maison put tenir de convives, il en soupa ; des pièces d'argent et d'or furent jetées par les fenêtres aux parasites forcément éconduits. Mais le lendemain parut un commissaire : le roi donnait vingt-quatre heures à Gagliostro pour quitter Paris, huit jours pour le royaume. Le mobilier de l'illustre aventurier ne fut vendu que cinq ans après sa mort, c'està-dire en 1810, dans l'appartement même qu'il avait occupé. C'est la marquise d'Orvillé qui avait eu pour locataire le thaumaturge du xvni'^ siècle; le père de la marquise, Bouthillier, comte de Chavigny, capitaine des vaisseaux du roi, avait fait bâtir tant sur un terrain détaché de l'hôtel Boucherai et acquis en 1719 de M""" de Harlay, héritière de son père, le chancelier Boucherat, que sur une place vendue par Etienne Pauvel, maîtremaçon.
La chronique scandaleuse donne aiussi rue Saint- Claude l'adresse d'une D"* de Vauvignolles, entretenue par Collet fils. Ce protecteur était intéressé, pendant la guerre de Sept-Ans, dans la fourniture des fourrages de l'armée. Mais ladite pouvait bien recevoir les visites de Collet dans une autre rue Saint-Claude, ouverte en 1660 entre la rue de Cléry et la petite rue Sainte-Foy. Une image de Saint- Claude, pendue au coin de la rue Bourbon- Villeneuve (i), avait fait prévaloir ledit nom sur celui
(l; Présentement rue d'Aboukir.