RUE CLOVIS
le long de la rue Clovis, h travers des bocages plus élevés que la chaussée, des nids d'hirondelles que le granit où ils s'attachent rend presque historiques. Chaque année en renouvelle uniquement la mousse, dans les fissures d'un pan de mur, large environ d'un mètre et demi et qui nous reste de la clôture de Philippe-Auguste. Ce tronçon d'enceinte vu de profil, qu'éclaire la nuit un bec de gaz, indique l'ancien niveau du sol ; mais on n'y retrouve plus les créneaux qui couronnaient d'abord le large mur. Longtemps il ne servait plus de limite qu'aux collèges de Boncourt et de Navarre, qui ont fini par n'en former qu'un seul.
Une Histoire de Paris, publiée en 1781 par Poncelin, avocat au parlement, fut ornée de gravures par Martinet ; nous y revoyons de ce collège royal de Navarre la belle entrée, que décoraient des statues et d'autres sculptures ; la grande cour est également reproduite, puis le jardin du principal, enfin l'uu des dortoirs de la maison, qu'une ingénieuse disposition avait faits les modèles du genre. D^es bâtiments et la chapelle de cet établissement célèbre subsistent encore de nos jours, comme pour excuser Martinet de n'en avoir pas donné le dessin. Fondé en 1304 par Jeanne de Navarre, reine de France, au profit de 70 boursiers, ce collège de plein exercice a compté pour élèves : Henri III. Henri IV, le duc de Guise, le cardinal Louis de Bourbon, le prince Eugène de Savoie ; on disait que le roi de France en était le premier boursier, de fondation, et que les revenus de sa boui'se s'employaient à acheter des verges pour entretenir 1;> discipline. Les archives de la Nation de France, ancienne division de la Faculté des Arts, étaient confiées aux écoliers de Navarre, avant que l'université de Paris les transférât à Louis-le-Grand. Réunie à celle de Boncourt, la maison n'a été fermée
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que par la grande révolution. Ur. décret de Napoléon, daté de Saint-Cloud le 9 germinal an xni, a transféré l'école Polytechnique dans les ci-devant collèges de Navarre et de Boncourt.
Rue Vietor-Cousin,
NAGUÈRE
de Cluiii. (i)
La Maison des grands Hotmnes. — Les Ecoliers de Cluni.
L'hôtel de Saint-Quentin occupait le n" 5 ; sa porte était rue des Coidiers, où la remplace de nos jours la boutique d'une marchande à la toilette. Des pierres en saillie, qui n'en ont plus d'autres à attendre, prouvent qu'une voûte a couvert l'extrémité de la rue de Cluni, du côté de celle des Grés (2). Au surplus, l'édifice est haut, et ne dirait-on pas que tout y parle ? Un escalier à balustres de bois le mesure perpendiculairement ; des fenêtres à coulisses, prenant jour sur différentes faces du bâtiment, le croisent d'étage en étage, mais avec moins de symétrie que dans les constructions modernes qui ne disent rien. Au quatrième, gémit une porte en chêne lorsqu'elle met 5 découvert un pas usé, seuil d'une chambre mémorable, dans laquelle Jean-Jacques Rousseau reçut d'abord Thérèse Levasseur. C'est même la maisonde plusieurs grands hommes en ce qu'y habitèrent le philosophe
(1) Notice écrite en 1860 La rue n'avait pas encore répudié la mémoire du collège de la congrégation de Cluni pour convoler, sur la carte des rues, eu secondes noces avec un maître que l'éclectisme philosophique, la politique libérale, la littérature et l'Université venaient de perdre.
(2) Aujourd'hui Cujas.