RUE ET PLACE SAINTE-OPPORTUNE
Mallet, agent-de-change, et par Gibert, notaire, peu de temps avant la suppression de l'église. Le bureau des Lingères s'y trouvait également, près la rue Courtalon, alids ruelle Sainte-Opportune, et ce n'était pas depuis peu, car il aliénait déjà sous la Régence aux derrières de la maison de la Barbe-d'or, qui formait un des angles de ladite ruelle avec la rue Saint-Denis. Pour les maîtresseslingères le droit de réception ' s'élevait encore à 800 livres, vers la fm, et il avait été plus fort de la moitié sous le règne précédent. Sait-on même pertinemment si cette gracieuse corporation ne siégeait pas au cloître Sainte-Opportune dès le milieu du xvn*' siècle? C'est justement l'époque où la
Rue de TAi^uillerie (i)
commençait à se substituer h la rue du Cloître- Sainte-Opportune, laquelle avait porté antérieurement la dénomination de l'Esculerie, et, en 1220, le nom de particulier que voici : Alain-de-Dampierre. Il est vrai que la communauté des Aiguilliersépingliers pouvait s'être fixée, aussi bien que celle des Lingères, dans une des maisons aliénées ou affermées par les chanoines de Sainte-Opportune. L'excellence des dragées et confitures, ces premières douceurs affriolant Paris, fit, moins légèrement que les aiguilles, une spécialité de commerce à notre rue, puis une réputation à la rue des Lombards, dont elle est la queue en droite ligne. La communauté des Épiciers achetait, en 1563, « dans la rue de l'Escuillerie, » c'est-à-dire au petit cloître Sainte-Opportune, une maison, moyennant une rente de 200 livres, qui dans la suite fut amortie. Or les épiciers-apothicaires ne formaient, sous Philippe-Auguste, que le dernier des quatre corps de marchands, qui passa plus tard le second. Les six maîtres ou gardes qui administraient ses alfaires, au bureau de la rue de l'Aiguillerie, portaient dans les cérémonies des robes de drap noir, ii bordures de velours et à manches pendantes, comme les robes de juges-consuls. Cette confrérie était dépositaire de l'étalon des poids. Une de ses grandes assemblées avait lieu à l'église Sainte-Opportune, dès 1572 ; une autre, dix-sept années après, à l'église des Grands- Augustins. Et le patron était saint Nicolas. Dans
(1) Notice écrite en. 1864.