‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 3)Chapitre 100 sur 114 · RUE DES GRAVILLIERS · texte numérisé non relu

RUE DES GRAVILLIERS

dénomination si populaire, 30 maisons et 7 lanternes faisaient suite directement aux 61 maisons et 13 lanternes de l'autre rue, plus fidèle à son nom du xme siècle. Ces bâtiments, comme on peut s'en rendre compte, n'ont fait depuis lors que croître; cesréverbères n'ont fait qu'embellir.

Au n° 69 d'à-présent, le grand hôtel d'Estrées garde sur la cour une madone dans sa niche ; il fut bâti pour un grand-maître de l'artillerie de France, père ou grand-père de la belle Gabrielle. On retrouve au 70 le petit hôtel du même nom. L'un et l'autre nous reportent au bon temps des mansardes ; elles ne couronnaient alors que peu d'étages, et il ne tient qu'à nous d'en revoir deux à cheval l'une sur l'autre, au n° 37, et qui semblent si entichées de leur célibat respectif qu'on les ferait tomber en poussière plutôt que de les accoupler.

Le passage de Rome, qui répond de ce côté au n° 24, nous rappelle qu'une rue des Cordiers, puis du Puits-de-Rome, relia la rue du Temple à la rue au Maire, où elle se réduisit ensuite à l'état de cul-de-sac. Le plan de 1652 marque tout simplement la place dudit cul-de-sac, maintenant passage, avec un seul mot, le mot : Rome.

Baletti, acteur de la Comédie-Italienne, demeurait en 1761 vers le n° 30 actuel. Lebel, premier violonau même théâtre, musicien ordinaire du roi, habitait la même rue vingt ans après. Le chimiste Cadet de Vaux y avait, à la même époque, sa pharmacie, qu'il vendit, afin d'appliquer plus librement, par ses expériences et ses écrits, la chimie aux besoins ruraux et domestiques. Cette officine portait- le n° 16. Mais alors le n° 1 faisait le coin de la rue Transnonain, ajoutée de nos jours à celle Beaubourg, et le n° 2 suivait, sans changer de côté ; Arbinet, serrurier notahle, occupait

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