RUE DES GRAVILLIERS
le n° 14 et rivalisait avec Georges, établi n° 27 ; les angles de la rue du Temple portaient les chiffres 46, 47, et Naturali, banquier, habitait le n° 84.
Ce dernier numéro est assez élevé pour faire croire que la rue Jean-Robert ne se distinguait déjà plus, sous Louis XVI, de celle des Gravilliers. Toutefois, MM. Lazare ne rapportent ce rapprochement qu'à l'année 1854. Ils racontent en même temps que, le 4 germinal an xii, Joyaut, Burban et Dutry, compromis avec Georges Cadoudal, furent arrêtés au n° 24 de la rue Jean-Robert, depuis lors n° 88 de la rue des Gravilliers.
Hue du Poirier. (1)
Thaumasse, dans la Coutume du Berri, parle de grains vendus et à vendre « selon que le blé vault au Poirier. » On appela donc Poirier un marché au blé, et cette ancienne acception semble donner à notre rue, qui suit la rue Brisemiche, laquelle fait angle avec la rue Taillepain, la seule étymologie rationnelle de son nom. Mais celui-ci fut également porté par une sorte de jeu.
Aussi bien la rue s'était dite de la Petite- Bouclerie dès le commencement du xive siècle, et une reconnaissance censuelle de l'année 1723 ne la nommait encore Poirier qu'en ajoutant : « dite aussi de la Baudroirie. »
Ce titre confirmatif, passé au profit du chapitre de Saint-Merri, comme seigneur censitaire, était conçu dans les termes ordinaires ; seulement on y relatait une circonstance particulière, c'est que le reconnaissant signait entre les deux guichets du Châtelet. Le propriétaire en prison n'en était pas moins qualifié messire Jacques-Edouard Richer, sieur de la Petite-Barre, Hessel, Glivot et autres lieux, bachelier de Sorbonne, prieur de Saint- Vincent de Laitre. Sa maison de la rue du Poirier comportait trois corps-de-bâtiments et aboutissait par-derrière à une maison de la rue Neuve-Saint- Merri appartenant à l'Hôtel-Dieu et que nous désignons dans la notice consacrée à cette autre rue.
(1) Notice écrite en 1864.