RUE DES COLONNES
plus épais, savoir : les archives de la Ville, de la Police et de l'Empire, puis les Bibliothèques, pour mettre d'accord nos propres découvertes avec celles de nos devanciers, qu'il nous faut parfois rectifier.
Des trois ou quatre maisons de commerce faisant la place aux alentours, et qui valurent à la rue des Colonnes certain renom de foire aux amours, une seule a été retrouvée par le prud'homme, notre envoyé. La matrone en pensa mourir sous une voiture, durant l'Exposition universelle, dont le succès fit valoir jusqu'à ses produits : depuis l'accident elle est estropiée. Ce nom, trop connu, de Buquet qu'elle affiche dans son escalier, n'est pas le sien ; il n'a même pas appartenu à sa devancière, courtière sous le manteau, qui l'avait emprunté d'un négociant américain, le protecteur en passant de sa jeunesse. La famille exotique de ce négociant ne se doute peut-être pas de la notoriété parisienne dont elle aurait si peu lieu de s'énorgueillir. La soi-disant Mme Buquet était d'abord marchande de vin et locataire de l'actrice Emilie Comtat, à côté du théâtre Feydeau; elle avait alors pour concurrent, au coin des rues Feydeau et des Colonnes, un bonhomme dit père la " Perruque, ci-devant portier de Robespierre dans une maison de la rue Saint-Honoré. M. Hennette, directeur du cadastre du département de la Seine, a fait bail à l'ancienne marchande de vin, rue des Colonnes, n* 3, d'une propriété qu'avait vendue en l'an vin au sieur Chanteloup l'architecte Bénard.
Ce dernier avait édifié, en société avec Fichet, trois maisons touchant l'une à l'autre, sur l'emplacement de l'hôtel de Yerneuil, acquis de la famille de Baudecourt par Bénard et Fichet, avec obligation de suivre un plan mis au cahier des