RUE SAINTE-CROIX-DE-LA-BRETONNERIB
s'amusait à manger des chenilles, comme le moineaufranc, et ne croyait pas plus en Dieu que s'il ne savait pas un mot des autres secrets du ciel . N'est-ce pas au 14 ou au 16 que se trouvait l'hôtel Lalande ?
L'un des deux pour le moins a été d'Amblimont. Nom que répète un indiscret écho, dans la chronique des bals de l'Opéra, note du 13 février 1767 :
« M. de Bargemout, colonel du régiment de Soubise, ne cache pas son intrigue avec M1,,s de Beauharnais ; ils ont disparu ensemble pendant trois heures au dernier bal de l'Opéra. M. de la Sablière, chevalier de Saint- Louis, qui a été dans l'Inde, faisait partie carrée avec Mm0 d'Amblimont. »
Cette nouvelle à la main, qui aurait inspiré de la jalousie à Dorât, ménageait le mieux possible M. Claude de Beauharnais, en dissimulant l'existence de ce mari de Fanny Beauharnais, capitaine des vaisseaux du roi. Fanny était la fille d'un receveur des finances nommé Mouchard ; elle faisait jusqu'à des comédies et vivait en garçon d'esprit.
Un peu plus bas était propriétaire d'une maison décorée d'un fronton, le bijoutier Frédéric Strass, dont le nom et l'état s'accordaient parfaitement. Strass ne veut-il pas dire cristal en allemand? Pline citait déjà comme une industrie lucrative chez les Romains l'art d'imiter les pierres précieuses, pratiqué par les alchimistes au moyen-âge et perfectionné en Allemagne avant de prendre à Paris des développements nouveaux. *Le droit de bourgeoisie que Frédéric Strass avait su acquérir se brisa comme verre, à son tour; la maison du bijoutier fut saisie, à la requête d'un serrurier, et adjugée en cour des Aides à l'échevin Bernard, qui s'y fixa.
Le fermier-général Romans avait entre les murs d'après sa résidence, sous Louis XIV : la rue
RUE S AINTE-C ROIX-DE-L A-B RE T ONNERIE . 901
comptait en ce temps-là 57 maisons, 20 lanternes. Le règne suivant vit stationner sous ce toit Le Peletier de Morfontaine, intendant delà généralité de Soissons, puis conseiller d'État, qui de là fut habiter l'hôtel Roquelaure, rue Notre-Dame-de- Nazareth, en y transférant son cabinet de peinture. Cet homme à bonnes fortunes, que s'était attaché pendant plusieurs années la duchesse de Mazarin, la laissa dans les meilleurs termes avec M. de Sainte-Foix, trésorier de la marine, qui toutefois n'était pas alors sans engagement avec Jeanne Vaubernier à la veille de passer Mme Dubarry. Le Peletier, trésorier d'Amiens, remplaçait M. de Morfontaine rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie : il avait installé un curieux cabinet d'histoire naturelle dans l'ancienne galerie de peinture. L'hôtel, qui est devenu depuis 1840 la mairie de l'arrondissement, a gardé bonne contenance. Mais la conservation a été moins heureuse quant au marteau artistement ciselé dont la grande porte était tière : il a été enlevé la nuit, en 1858, par un véritable amateur, dont le signalement n'a pu, en même temps que celui du marteau, être expédié à la police de Londres, qui se livre encore à des recherches ad hoc.
Un des hôtels situés vers le milieu de la rue servait de bureau, sous Louis XVI, à Dufresne de Saint-Cergue, contrôleur-général de la maison de Madame. On y trouvait, au commencement de l'Empire, une Caisse des employés et artisans, dont les actions étaient de 30 francs. Nous croyons que l'un et l'autre de ces renseignements intéressent le 21.
Le 39 fut laissé par Quentin, baron de Champlost, premier valet-de-chambre du roi, à Quentin, chevalier de Champlost, mestre-de-camp de cavalerie, également valet-de-chambre du roi, lequel demeurait au vieux Louvre et faisait gérer ses