RUE DE LA VRILLIÈRE
fermier des posîes, n'avait réellement acquis, en l'an 1705, et chacun de nous se contenterait à moins, que l'hôtel édifié au siècle précédent par François Mansard pour le secrétaire d'État Phélypeaux de la Vrillière, seul ministre de Louis XIV que le régent ait conservé. Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, s'en rendit acquéreur deux années avant la mort du roi, son père, et il y fit faire des changements considérables par Robert de Cotte, architecte. La cour que cet amiral de France tint à Rambouillet, rivalisait pour l'esprit et le ton avec celle de Sceaux. Son fils, le duc de Penthièvre, dernier héritier des fils légitimés de Louis XIV et de Mme de Montespan, servit avec distinction et se fit estimer par l'exercice de toutes les vertus. Florian, d'abord page de ce prince, restait son favori, distribuait ses bienfaits et gardait un logement dans son palais, quoique la princesse de Lamballe, belle-fille du duc, y résidât. Cet ancien hôtel de Toulouse était décoré de peintures et de bas-reliefs magnifiques : 61 portraits en pied y représentaient les amiraux de France, depuis Florent de Varennes jusqu'au duc de Penthièvre. Un ordre de la Convention y transféra du Louvre l'Imprimerie nationale. Les discours des tribuns les plus ardents, notamment ceux de Robespierre, se tiraient alors à 400,000 ; toutes les fabriques de papier furent mises en réquisition, pendant trois ans, pour subvenir aux exigences de cette immense consommation. Marat, pour travailler pareillement au salut de la liberté, ne mettait pas en jeu, dans la cour du Commerce, moins de trois presses, qu'une autorisation écrite de Danton, ministre de la justice, lui avait permis d'enlever à l'Imprimerie nationale, pour le service deYAmi du Peuple. Laverne, directeur dudit établissement, ne monta pas sur l'échalaudi, comme son prédécesseur, Anisson-Duperron ; mais