NAGUÈRE DE CLUNI
encore s'étendait, grâce à l'ancienne arcade, sur la rue des Cordiers. La maison qu'habita Jean- Jacques en avait été originairement et le collège de Cluni avait occupé le tout.
Il en reste la chapelle, dont le fronton, surmonté d'une crête sculptée, dépasse à peine la toiture du n° 7 de la place ; mais cet ornement révélateur n'est visible, pour le passant, que du haut des marches de l'église de laSorbonne. Un grand libraire, M. Hachette, a pour magasin de livres cette chapelle abandonnée, qui a servi d'atelier au peintre David de 1806 a 1815 ; elle est masquée sous toutes ses faces et abordable uniquement par la cour d'une autre maison neuve, le 21 de la rue des Grés. Plusieurs abbés, prieurs et docteurs en théologie de la congrégation de Cluni reçurent la sépulture dans les caveaux de la petite église, à son tour ensevelie dans l'ombre. Ce sous-sol, mis à découvert par la décroissance du niveau, donne accès, sous d'épais arceaux, aux portefaix de la maison Hachette, qui, chaque jour, font un vide et en remplissent un aulre, dans les rayons de cette bibliothèque de volumes en feuilles et brochés, profond tonneau des Danaïdes qui s'épanche sur le monde entier!
Le collège de Cluni regardait comme ses fondateurs : Yves de Vergy, abbé de Cluni sous le règne de saint Louis, Yves de Chasant, son neveu et successeur, puis Henri de Fautières. abbé au commencement du xivc siècle. Ce séminaire de l'ordre avait été créé en 1269 dans l'hôtel des évêques d'Auxerre, qui attenait a la porte Saint- Michel. La plupart des chroniqueurs disent que tous les prieurs et doyens subordonnés à l'abbaye de Cluni étaient obligés d'entretenir un ou deux boursiers dans ce collège. Quel énorme contingent d'élèves, si de pareils cadres avaient été remplis ! La congrégation comptait encore, dix-sept années