BOULEVARD SAINT-MARCEL, ETC
De cette église, bâtie à la place même où avait été enterré au ve siècle saint Marcel, évêque de Paris, il reste encore quelque chose. On revoit, au n° 5, la voûte du clocher, dont la flèche fut rasée en 1804 ; cette voûte et les murs y attenant furent adjugés, le 11 frimaire an vi, à Ambroise Tinancourt, ensuite condamné aux fers par un jugement du 28 thermidor an vin, qui emportait la confiscation de ses biens. Voici de même, n°3, la porte et le bâtiment du cloître, adjugés le 29 avril 1793 à Pierre-Sylvain Maréchal, homme de lettres : des numéros sont encore déchiffrables à la porte des chambres, dans l'intérieur de cette propriété. Tinancourt avait deux enfants, dont les droits furent pris en quelque considérations ; mais le citoyen Lhuillier, plus tard référendaire à la cour-des-comptes, racheta aux criées l'immeuble du condamné, fit ensuite un échange avec son voisin Maréchal, et, depuis 1821, les deux immeubles sont réunis entre d'autres mains.
Maréchal, à l'époque de son acquisition, était un sophiste à la mode ; il rima pour la fête de l'Ètre-Suprême une hymne, qui fut suivie d'hymnes à la Raison ; Grétry composa la musique de plusieurs pièces de sa façon, Diogène et Alexandre, Denis à Corinthe, la Rosière républicaine; il écrivit, en outre, une pièce en prose, le Jugement des rois. De lui paraissait chaque année une brochure philosophique, rappelant son A Imanach des honnêtes gens, brûlé par le bourreau en 1788. Ce n'en était pas moins un. homme serviable, au milieu des fureurs déchaînées par l'esprit départi. Ses débuts, ayant été faits dans la poésie pastorale, l'avaient d'abord autorisé à signer « le berger Sylvain » ; puis il avait hurlé avec les loups. Vers le commencement du Consulat, il habitait Montrouge, avec sa femme et quelques autres femmes instruites, société qui lui inspira une déclamation nouvelle :