RUE BOÎSSY D'ANGLAS ETC
fort curieuse lui coûtait encore plus cher que son hôtel, ci-devant à la marquise de Gauvisson, bien qu'il en eût fait un palais. Les deux colonnes qui en décorent le seuil datent de cette restauration. D'ailleurs, un vieillard nous rapporte devisû que ledit hôtel, acheté par la liste civile, a servi à l'exposition des diamants de la Couronne, qu'on montrait tous les mercredis. Quant à M,ne de Cauvisson, elle avait eu pour voisins les d'Andlau, prédécesseurs probables du comte Pelet.
Qui si nous remontons au plan de Turgot, pour voir les choses de plus haut, des murs et des chantiers n'avaient pas encore fait place en 1739 aux hôtels dont nous venons d'ébaucher l'histoire. Presque tout le terrain, du côté des numéros pairs, avait eu pour propriétaire Paul Duparan, seigneur en Brie et conseiller du roi Louis XIV, puis Noël Odeau, puis le célèbre Law. La rue s'appelait de la Bonne-Morue et finissait à la porte du Cours-la-Reine, en 4714, après avoir porté antérieurement, comme simple chemin, la dénomination de l'Abreuvoir-l'Evêque. Toutefois, dès le milieu du xvne siècle, il avait été bâti du côté précité une maison à deux corps, à quatre étages, à deux boutiques et à l'image de Sainte-Anne, pour Rousse, conseiller du roi ; les actes la désignaient comme sise au faubourg Saint-Honoré, en la grande rue, où donnait sa porte principale. Mècre, lieutenant de cavalerie, en était propriétaire lorsque des lettres-patentes de Louis XV, en 1757, donnaient à la rue son nom actuel, en prescrivant l'alignement qui coupait en écharpe ladite propriété, et ordonnaient l'établissement de l'égout qui grouille encore sous le trottoir. À la place de cette construction, doyenne à coup sûr delà rue, deux autres maisons s'élevaient sous la Restauration.
Rue des Charbonniers et rue Itertliollot,
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des Charbonniers-Saint-llnreeL (i)
L'une des deux donne rue de Charenton, au faubourg Saint-Antoine ; 1 autre, rue des Bourguignons, au faubourg Saint-Marceau.
Celle-ci date de 4540, en tant que chemin des Charbonniers, qui demeura quelque temps encore inhabité ; mais Henri IV eût pu y appliquer l'un des grands mots qui l'ont fait populaire : « Charbonnier est maître chez soi. » De son règne datent le 4 et le 6, masures déjà vides, qui ne demandent plus que le coup de grâce. A l'enseigne des Trois-Chapelets a été le 7. Le 0 tient bon, il porte ses deux siècles avec une certaine aisance : maison de petite bourgeoisie. Au 18 Fructidor vint s'y cacher Dussault, qui avait rédigé avec Fréron Y Orateur du Peuple, feuftta rivale de celle
(1) Notice écrite en 1858. I/avpnue Daumesnil et le viaduc du rhemin de f>r de Vincennes croisaient déjà celle des deux mes des Charbonniers qui garde sa dénomination ; mais 1rs travaux de voirie n'y étaient pas achevés comme au boulevard Ma/as, qui dépassait déjà cette rue dans un sens presque parallèle à l'avenue et au fiaduc La rue qu'on a dédiée depuis à un errand chimiste ne commençait qu'à celle de l'Arbalète ; elle part maintenant de celle des Feuillantines, prolongement donné à un cul-de-sac ; sou élargissement, bien qu'il ait épargné quelques maisons qui se regardent an milieu du nouveau parcours, porte son embouchure un peu plus à gauche que naguère sur la ci-devant rue des Bourguignons, tronçon actuel du boulevard Arago.