‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 3)Chapitre 85 sur 114 · RUE DES CHARBONNIERS, ETC · texte numérisé non relu

RUE DES CHARBONNIERS, ETC

de Marat, et la découverte de sa retraite le contraignit à eu chercher une autre; mais le 18 Brumaire lui permit de quitter l'incognito, pour concourir, non sans éclat, à la rédaction des Débats. Une fabrique de poterie succède à un jardin, n° 12, et l'école des Frères, qui fait vis-àvis, tient elle-même la place d'une serre. La maison contiguë aux classes n'a plus rien, Dieu me pardonne ! qui sente le sac à charbon ; on y vit et on y respire sans poussier qui monte a la gorge. Un jardin s'épanouit encore derrière la muraille du 14, dont la seconde porte est rue des Bourguignons. Mais du temps de Buffon c'était bien autre chose : on venait jusqu'à la rue des Gharbonniers-Saint-Marcel rien que pour la pépinière de Descemet, fleuriste du collège de Pharmacie et de Monsieur, frère du roi. Un hôtel de la Noblesse y portait, qui plus est, le n° 20: école formant par l'éducation nobiliaire des officiers pour l'artillerie, le génie et la marine. Néanmoins notre rue et celle des Bourguignons étaient privilégiées, comme une portion de celle de l'Arbalète, en ce que les ouvriers pouvaient s'y passer de maîtrise.

L'autre rue des Charbonniers a porté la désignation de Clochepin, et d'abord celle du Portau-Plâtre. Elle a changé du blanc au noir ; ce n'est pourtant pas une rue politique. Son n° 25 se reconnaît sur la grande carte de 1739 : cette maisonnette ouvrait dès-lors sur la rue de Charenton, mais il y attenait un jardin longeant la petite rue. Une jolie fille, nommée Bose-Marie, que le maréchal de Soubise avait lancée dans la circulation galante, et qui, au lieu de monter en grade, ce qui eût été difficile, avait fini, de chute en chute, par s'affoler d'un simple mousquetaire de la 2e compagnie, casernée rue de Charenton, logeait dans cette maison en 1757, et de chagrin elle s'y jeta dans le puits: elle avait vu la veille

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