‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 3)Chapitre 97 sur 114 · RUE MA.RIE-STUARD · texte numérisé non relu

RUE MA.RIE-STUARD

Sous le règne suivant, une maison plus voisine de la rue des Deux-Portes que de la rue Montorgueil fut habitée par Carlin Bertinazzi. Cet arlequin célèbre de la Comédie-Italienne improvisait mieux qu'il ne récitait. Sa probité n'était pas moins connue dans le quartier que sa gaîté. Sa femme avait pourtant, sans sa permission, des amants, et pouvait-il en rire ? Quand on jouait des tours à l'arlequin, alors qu'il n'était plus en scène, il s'en consolait par ces mots: — Décidément je crois qu'il n'y a que moi de parfaitement honnête homme.

Mme de Hesse et M,,e Trial, du même théâtre, ont demeuré aussi rue Tire-Boudin. La première était fille de Thomassin, l'ancien arlequin des Italiens ; elle avait débité, enfant, des petits rôles, avant d'être reçue en 1727 amoureuse et soubrette. MIle Trial eut pour mari l'acteur qui a laissé son nom a son emploi dans l'opéra-comique.

Hue Saint-Joseph, (i)

Prudhomme, auteur du Miroir de Paris, fait mourir Mme de Montespan dans la rue Saint-Joseph ; mais cette maîtresse de Louis XIV a passé les dernières années de sa vie tantôt au couvent de Saint-Joseph, situé rue Saint-Dominique, chez les filles de la Providence, dont elle était la bienfaitrice ; tantôt à Bourbon-l'Archambault, où elle a rendu le dernier soupir.

Lorsque Mme de Montespan avait encore ses appartements à Versailles, Martin Le Pas, architecte des bâtiments-du-roi, occupait déjà un hôtel dont le n° 11, rue Saint-Joseph, a pris la place dans notre siècle. La veuve de Leroquier, couvreur, était propriétaire nos 7 et 9, et Guignes, valet-dechambre du roi, n° 1. MM. de Marande avaient sur l'autre ligne la troisième maison et la quatrième à partir de la rue du Gros-Chenet, présentement du Sentier.

Des scènes dramatiques d'un roman d'Alexandre Dumas, le Chevalier d'Harmental, se passent au n° 5 ; mais on n'y rencontrait réellement que Vincent père et fils, banquiers, dans la seconde moitié du dernier siècle. Au même temps, un payeur de rentes, nommé Maupetit, occupait le n° 4, postérieurement hôtel d'Hautpoul, qui appartient encore à Mme la comtesse de Palarain, tille de la marquise d'Hautpoul.

Le Conservatoire de musique, dont les traditions furent sauvegardées pendant la Terreur par le corps de musique des ci-devant gardes-françaises, se réfugia, à cette époque, rue Saint-Joseph; mais

(1) Notice écrite en 1862.

Page 1