RUE TIRECHAPE
prude poussaient elles-mêmes ii la vente. De nos jours, les marchandes du Temple s'y prennentelles bien différemment pour arrêter tous les passants ?
Dès le xni'^ siècle, n'eii doutez pas, les fripiers arrêtaient, comme à présent, les gens dont la mine valait mieux que l'habit, pour leur en off'rir un qui montrât moins la corde. Dans la rue Tirechape, qui doit son nom à leurs moyens coercitifs de taire des offres de service, elles réhabilitaient commercialement le procédé qu'une passion malheureuse avait discrédité jadis entre les mains de M""= Putiphar. Le souvenir de cette chape-chute encourageait, il est vrai, d'autres femmes, aussitôt qu'il passait le soir quelque Josejih, à le tirer de même par son manteau, qui leur restait à défaut de sa bourse : m.aintes petites rues comme celle qui nous occupe furent bercées, en naissant, par de pareilles nourrices. D'autre part, on appelait lù^e-laine, au moyen-âge, un voleur à la tire, et tire-chape en paraît trèsfort le synonyme.
Quoiqu'on ait de force habillé et déshabillé les passants en cette rue Tirechape, au frontispice de son histoire, deux de ses maisons ont été grevées d'une rente de 4 livres parisis, léguée en 11275 au chapitre de Notre-Dame par Agnès, veuve de Jean Sarrasin, pour fonder son anniversaire.
Deux frères, Jean et Thibaud Paclet, bourgeois de Paris, avaient â la môme époque le fief Tirechape, seigneurie de la rue, bien que celle-ci dépendît partiellement du For-aux-Dames. Lesdits tenanciers ayant refusé de rendre foi et hommage h Renoul, évoque de Paris, en raison de leur flef, qui consistait dès-lors en 21 maisons, rapportant 20 livres, il sols, 6 deniers parisis de cens, un procès s'ensuivait ; mais il y a eu tran-
RUE TIRECHÂPE. 275
saction entre les parties avant solution judiciaire : les droits de lods et ventes sont restés aux frères Paclet et à leurs successeurs, moyennant reconnaissance au prélat de la justice et de l'iiommage, mais ce dernier raclietable par convention au prix de 2 marcs d-'argent doré. Or Tirechape était encore au nombre des fiefs de l'arclievêclié de Paris en 1789.
Pellisson-Fontanier, de l'Académie-Française, n'a pas dédaigné la rue dont vous tenez le dossier historique entre les mains. Courageux avocat, il est resté fidèle dans la disgrîce à Fouquet, qui l'avait fait premier commis des finances, puis conseiller d'État, et les mémoires écrits pour la défense du surintendant sont, devant la postérité, le meilleur titre de son protégé. Les cinq ans de Bastille qu'il lui en a coûté ont formé l'éducation d'une araignée, travail de patience. Aussi bien cet ami de M"^ de Scudéri, auciuel la veuve de Scarron a dû oOO écus de pension royale, n'était-il pas des plus patients ? Il jouait aux échecs mieux que personne de son temps, et il fallait que l'amour rançonnât de belle sorte la laideur diL bonhomme pour que Boileau ne craignît pas de proclamer :
L'or même à Pellisson donne un leint de beaulo.
Etienne Salle, qui était propriétaire au coin de la rue Saint-Honoré en 1672, tenait sur la rue Tirechape à Magdeleine Porcher, veuve de Claude Amant, qui tenait de même à Barbe Duménil, veuve de Nicolas de Pugny. Quelque vingt ans plus tard, les deux dernières maisons, c'est-à-dire les n"' 23 et 28 actuels, appartenaient : la première, qui portait l'enseigne du Grand-Monarque, à Julienne d'Assy, veuve de Robert, et l'autre à Noblet, secrétaire du roi, du chef de sa femme,
27f5 RUE TT RECHAPE.
liée Contenot. La rue ne comptait pas en ce temps-lh moins de .38 maisons. Il y en avait une à deux portes, qui servent aujourd'hui de passage à l'impasse des Bourdonnais, par l'allée d'un marchand de vin, à l'enseigne du Panier- Fleuri. Or, sous le règne 'de Louis XÏV, un gros traiteur, ayant nom Bédoré, était établi dans la rue à l'image du Petit-Panier, et le traiteur Baron avait, tout près, des pratiques qui regardaient plus à la dépense.
Rue de Veiiiiite. (i)
Sommes-nous bien à Paris? Ne luit-il pase comme h Venise, une madone, derrière un cierge, au fond de chacune des boutiques de cette étroit, rue? La plupart des rez-de-ciiaussée sont malheureusement voués au sombre et fétide commerce des chiffons, qui se borne à donner le bouquet des odeurs qu'exhale en détail le réalisme des étages populeux d'au-dessus : pas plus de poésie ne paraît fleurir en haut qu'en bas. Dame ! nous avons aftaire à une ruelle où des usuriers du moyen-iige avaient amassé pièce à pièce des richesses qui, au temps de Law, en sortirent à la fois par la rue Quincampoix, sous la forme de papier-monnaie ! Au fort de la mêlée des agioteurs, en se pressant les uns contre les autres, on se volait, pour jouer au plus adroit, quand on n'était pas le plus heureux ; mais on allait jusqu'à tuer rue de Venise. De Horn, membre d'une famille princière de l'Allemagne, un gentilhomme piémontais et le tlls d'un banquier de Tournay y assassinèrent, en plein jour, le capitaliste Lacroix, pour s'emparer d'un riche portefeuille, au cabaret de l'Épée-de-Bois. A la môme place, n" 27, l'enseigne d'un marchand de vin est aujourd'hui le Cerf-Galant. Celle du Port-de-Venise fait vis-à-vis, sur la porte d'un petit restaurant.
Vers l'époque où le crime ( ommis là fut expié en Grève par deux de ses auteurs, une maison, située du même côté que le fameux cabaret, appartenait au sieur Quertin, huissier au parle-
(1) Notice écrite ea 1864.
ment ; une autre contiguë, à Catherine d'e Comminges, veuve de Héracle Fréteau, secrétaire des finances ; une autre après, aux héritiers de Boucher du Bouchet, seigneur de la Brosse, auditeur des comptes. M"'= Pothay, fille majeure d'un serrurier, était en face propriétaire d'une maison tenant à des propriétés de la rue Quincampoix et de la rue Saint-Martin,
Parmi les beaux-esprits dont les visites valaient à l'Epée-de-Bois une célébrité attrayante, il faut citer Marivaux et Louis Racine. Mazarin y avait autorisé antérieurement les réunions d'une compagnie de maîtres ii danser et de musiciens, dont le chef se donnait pour le Roi des Violons. De ces réunions sans doute était sortie, sous les les auspices du même ministre, l'académie royale de Danse, qui tint ensuite ses séances aux Tuileries, puis chez le maître des ballets du roi. Elle ne se composait d'abord que de 13 membres titulaires; un peu plus tard se présentèrent des candidats que leur crédit dispensa de faire antichambre, et la réception d'un nouvel académicien ne fut plus soumise à la condition d'une vacance à remplir, s'il avait déj^i dansé dans les ballets de Sa Majesté, Tous les jeudis se réunissait l'Académie ; les plus grands personnages assistaient à ses exercices, sur lesquels se réglaient les danses d'une cour qu'imitaient h. l'envi toutes les cours étrangères, et le corps, juge compétent en cette matière, y regardait h deux fois pour lancer chaque pas nouveau, qui avait à courir le monde.
De nos jours, au profit du boulevard de Strasbourg a été supprimé un passage de Venise, dont la formation à travers le jardin du couvent de Saint-Magloire était contemporaine de l'émission des assignats. De même a commencé et a fini la cour Batave, qui, tout près, occupait la place
de l'hôpital du Saint-Sépulcre et qui a fait appeler impasse Batave, jusqu'en 180G, un ancien cul-desac de Venise et Quincampoix, confinant au jardin des filles de Saint-Magloire, Ledit cul-de-sac, également disparu, avait fait partie d'une rue de Bièvre et de Berne, entre les siècles xni« et xvn^ Bièvre est l'ancien nom du castor et le nom toujours d'une petite rivière, qui paraît devoir à la tannerie une teinte jaunâtre, mais dont Rabelais attribuait la source, tout crûment, au pissat des chiens. Aussi bien la rue de Venise fut en partie celle de la Corroierie, dénomination également d'une rue qui fut ensuite des Cinq-Diamants, maintenant ajoutée à la rue Quincampoix. On y faisait, dans le principe, l'apprêt et le commerce des peaux; par conséquent, il y avait de l'eau. Mais quelle distance encore entre un ruisseau, ii l'entrée de l'un de nos anciens Paris, et les lagunes de Venise !
L'enseigne à l'Écu-de-Venise, qui pendait rue Bertaut-qui-Dort, n'en fit-elle la rue de Venise qu'au xYi*^ siècle, comme les ouvrages sur Paris le veulent généralement ? Cette rue, sous Philippele-Bel, était dite Érembourg-la-Tréfilière, et l'on y citait, sous Jean-le-Bon, à l'angle de la rue Saint-Martin, une maison qui aboutissait parderrière à la maison qui fust Bertaut-qui-dort . C'est la seconde moitié de la rue de Venise actuelle. La première moitié, qui en est séparée par la rue Saint-Martin, ne tombe pas tout-à-fait en face : cette singularité témoigne de leur origine différente. La rue de la Corroierie avait succédé, vers 130o, à une rue Plâtrière, déjà connue en 1280, date h laquelle demeurait, rue Érembourgla-Tréfilière, le lombard Jehanel de Sève.
Parmi les banquiers et prêteurs sur gages, qu'on appelait en ce temps-là des lombards, il y en avait pas mal de Vénitiens par la spécialité' des
rapports commerciaux, quand ce n'était pas de naissance. L'un d'eux avait donc pu déjà arborer cet Écu-de-Venise dont parlent si vaguement tous les historiographes. Les principaux lombards de Venise qui se trouvaient établis h Paris, lors de l'avènement de Philippe-le Bel, avaient noms : Marc Roumain, Liénart de Puille, ou de Poulie, Marc de Lorenz, Marin Maripére, Seurin Bahilone, Antoine de Moulin, Marc d'Artigues.
Rue OeoflTroi-Langeviii. (i)
Urne Pruderie de Voltaire. — Étyrnologie des trois premières Lettres du Mot CUL-DE-SAC. — M. Geoffroi-Langevin. — Les Damet de Sainte- Avoye. — M. de la Varaigne et ses Voisins, vers 1720. — M. Simon- Lefrayic. — M. de Mesmes et ses voisins, sous Henri IV. — M. de Maintenon — L'Abbé de la Bletterie. — Largilliêre. — Chanlaire . — Les Tr ois-Etoiles.
Voltaire, bien qu'il ait souvent dépassé les historiens de Paris eux-mêmes pour le sans-gêne des expressions, blâmait l'emploi du mot cul-desac et y substituait le mot impasse, en affichant une fausse pudeur dont le masque, pour nos édiles, tient encore bon : il exagérait à plaisir une incongruité dont, à la vérité, on ne s'est effarouché qu'après. Bref ce grand homme ne craignait pas d'écrire que l'objet désigné par le substantif dont il requérait magistralement la condamnation, « ne ressemblait pas plus à un sac qu'à un cul. » Rabelais eût exprimé assurément l'avis contraire, sans reculer devant les mêmes images. D'autres écrivains moins illustres ont confondu avec la rue Geoffroi-Langevin un cul-de-sac y ayant donné au xni« siècle, et telle en était la dénomination qu'on aurait évité un pléonasme en l'accolant, par anticipation, au synonyme voltairien, pour dire : voici l'impasse Culde-Pet. La rue elle-même avait eu pour parrain
(l) Notice écrite en 18G4.
Geoffroi (dont la famille était de l'Anjou) avant l'année 12.73.
Dix années après, Jean Séquence, chevecier de Saint-Mérri, achetait rue Sainte-Avoye et rue Geoffroi-Langevin une propriété, avec un oratoire sous l'invocation de Dieu, de Nostre-Dame et de Madame sainte Avnyc : cette sainte avait été prieure de Mécré, monastère de l'ordre des prémontrés au diocèse de Cologne, vers la fin du siècle précédent. Les chanoines de Saint-Merri, dont la censive seigneuriale embrassait, dans lesdites rues, des terrains qu'ils avaient détachés de leur domaine, en rachetèrent une autre portion. Au moyen de cette annexion, Jean Séquence établit, en 1293, une communauté de veuves dites les Bomies femmes de Sainte-Ai-oj/e, près la porte du Temple. De leur maison ont fait partie et le n" 4, dont la porte cochère est condamnée rue Geoffroi-Langevin, et le n" 6, qui a changé d'aspect : on entre maintenant dans ces deux propriétés par la rue de Rambuteau.
La communauté, au lieu de 40 membres dont elle s'était composée, n'en avait plus que 9 quand M'"<^ Sainte-Beuve, née Luillier, veuve d'un conseiller au parlement, et M. Gui Houssier, curé de Saint-Merri, leur proposèrent d'embrasser la règle de saint Augustin et les constitutions des ursuiines : cette dame leur offrait aussi 1,000 livres de rente. Ayant consenti, le 10 décembre 1621, à la substitution, les religieuses de la rue Sainle-Avoye accueillirent, le mois suivant, des ursuiines de la rue Saint-Jacques, dont elles prirent l'habit. La combinaison réussit à ce point que, pendant un siècle, des agrandissements successifs témoignèrent d'une prospérité croissante chez les lilles de Sainte-Avoyc. En cette rue Geoffroi elles accjuéraient : une maison de M. Feydeau, dans le coui'ant de l'année 1627 ; une autre de la
succession Pellerin, en 16IM ; une autre, à l'enseigne du Pied-de-Biclie, de M. Riclier, notaire, en 1646 ; une autre de M. Poulet, auditeur des comptes, en 1659 ; encore une de M. René de Verdun, avocat, en 1662; une autre enfin de M. Joseph de la Varaigne, lieutenant-général des eaux-et-forêts, en 1719.
Voulez-vous connaître les dignitaires du couvent à cette date ?
RR. DD. Elisabeth Petit de Saint-Ignace, s?tpc'r)'eure ; JeanuG-Maiie Guyenet de l'Ange-Gardien, assiskmle ; Marguerite Armedé de Saint-Anastase, zélatoire ; G&ncviè"ve Desqueux de la Conception ; Judith-Marie do Mesmes de la Nativité-de-Jésus ; Marie-Angélique d'Herbigny do Sainte-Thérèse et Marie- Gabriellc Alexandre de J'Enfant-Jéi'US.
La pension d'éducation était de oOO livres par élève, et les élèves ne manquaient pas. Le curé de Sainl-Merri avait gardé les droits fondamentaux de ses prédécesseurs sur la direction de cette maison religieuse, et chaque année, dans l'église paroissiale, les ursu.lines de Sainte-Avoye faisaient présenter à l'offrande, le jour de la Tête du saint, un écu d'or adhérant à un cierge qui pesait une livre.
Ainsi les dépendances du grand couvent de la rue Sainte-Avoye prenaient de la nôtre la moitié d'un côté. M. de la Varaigne vendnit à M"" Marie Eudes, fille majeure, une maison contiguë, et les héritiers de M. Lecat étaient propriétaires sur la même, ligne, au coin de la rue Sainte-Avoye, présentement ajoutée à la rue du Temple. L'angle d'en face apparlenoit à M. Titon de Villegenoux, seigneur de. lansac, inspecteur-général des magasins d'armes du roi. De ce t)ôlé-là, mais plus loin, une maison occupée par M. Chaufourneau, maître
de musique, était laissée, vers la même époque, par M. Nicolas Lescot, docteur en Sorbonne, h ses neveux ; M, de Faverolles en possédait une autre, et 31""° Mariage, notre n° 5, dont la façade étroite et haute est encore coiffée d'un toit en forme d'accent circonflexe.
Le 7, à porte gigantesque, fit partie originairement d'une vaste propriété, dont l'entrée principale était rue Simon -Lefranc et qui comprenait trois maisons. Elle n'aurait été rien moins, pour commencer, que le château du parrain de cette rue parallèle, d'après une tradition purement orale, qui ne présente rien que de vraisemblable. Nous ne connaissons pourtant avec certitude,. des anciens habitants de l'hôtel, que M de Mesmes, sous Henri IV; M. Essaim, vâlet-de-chambre du jeune, roi, sous la régence de Marie de Médicis, et un ou deux magistrats au xvni*' siècle. Ledit M. de Mesmes y succédait sans doute h son père, le surintendant de la reine Louise de Lorraine, qui avait négocié avec les protestants une paix aussi boiteuse que les prières des héros d'Homère : il était, -lui, le conseiller d'État en faveur de qui la terre d'Avaux s'érigea plus tard en comté.
Passons maintenant au 17, pour admirer son diadème de mansardes, puis les balustres qui, comme une fraise montante, y garnissent un escalier. A-t-on gravi ces marches d'un pas léger pour pénétrer chez la belle Gabrielle? Faut-il encore que nous prêtions l'oreille au bruit qui s'en est répandu tout doucement, comme une caressante indiscrétion ? Dans tous les cas, la première crémaillère n'a pas été pendue en cet hôtel par M. Jean-Paul, seigneur de Maintenon, qui le vendait, de compagnie avec deux maisons contiguës, le 15 octobre 1698, h M™« Françoise Solu, épouse non commune en biens de M. François le Juge, écuyer. Mais qui diable se permettait de taire
ainsi son nom patronymique, en se parant encore de celui d'une terre que Louis XIV avait achetée et donnée, nombre d'années auparavant, pour faire oublier les deux noms que portait jusque-là M'"*^ de Maintenon ? Probablement le droit en avait été réservé pour les rejetons et successeurs de Louis d'Angennes, un des vendeurs. Au milieu du siècle suivant, l'abbé René de la Bletterie, historien et littérateur, logeait à l'ancien hôtel de Maintenon. Il avait cessé d'enseigner à l'Oratoire la rhétorique et l'histoire ecclésiastique, à cause d'un nouveau règlement sur les perruques qui contrariait ses goûts, ses habitudes ; d'ailleurs, il était professeur d'éloquence au Collège de France et membre de l'académie des Inscriptions-el-belleslettres.
Au 3, enfin, si ce n'est pas au 7, Nicolas Largillière, le célèbre peintre de portraits, se fit un hôtel à sa guise d'un ci-devant jeu de paume, qui compo)'tait déjà deux petites maisons, avec jardin, avec seconde entrée rue Simon-Lefranc, et qu'il avait acquis, en 1713, de M. Charles Benoît, conseiller honoraire au parlement. Largillière y forma un cabinet de peinture, qu'on ne visitait pas le dernier si l'on passait en revue les curiosités de Paris. Il mourut à l'âge de 90 ans, dans cette maison, qu'il laissait à 'son fils, conseiller au Chàtelet. Sous l'Empire, y demeurait le géographe Chanlaire, auteur et éditeur de V Atlas national.
Sur la ligne opposée, l'auberge des Trois-Etoiles offrait le gîte et la table au milieu de l'autre siècle.
Rue Wîmoii-fA^franc. (i)
La robe et la finance n'avaient guère laissé, au moment de la Révolution, que des avocats et des payeurs de renies dans cette rue Simon- Lefranc, où dominait déjà une population industrielle et ouvrière, mais encore assez parisienne pour que chacun, par tradition, y sût un peu l'histoire de la maison qu'il avait ou qu'il habitait. Le roman h un sou raconte par-ci par-lk ce que furent quelques grands hôtels et quelques couvents appartenant à d'autres rues ; seulement l'édition populaire rétribue assez mal les recherches historiques pour que l'auteur se prive rarement de les emprunter i) Dulaure, et le voilà traitant de Turc à More l'ancienne société française, comme si la nouvelle n'en était pas la hile ! Une rue séculaire, quelle qu'elle soit, doit à l'histoire même de la ville sa quotepart de souvenirs, sa chronique contributive. La rue Simon-LelVanc va payer, à son tour, ce nouveau genre de cote foncière, dans la mesure de ses forces. M. Rousseau y a fait sa tournée de percepteur de notes, comme en tant d'autres rues ; mais ce qu'il en a rapporté ne marque pas absolument l'endroit ou le Cigne-de-la-Croix était l'enseigne d'une modeste hôtellerie, contemporaine des Trois-Étoiles, dont nous parlions rue Geoffroi-Langevin.
Des maisons qu'éclairaient le soir, en 1722, les 9 lanternes de la rue, la plupart sont encore debout. Il y en avait une aux héritiers Biévry, deux h la veuve de Thomas le Pilleur de Grambonne, seigneur de Mortemer, capitaine au régi-
[l] Notice écrite en ISGl.