‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 48 sur 66 · RUES TARANNE ET SAINT-BENOIT · texte numérisé non relu

RUES TARANNE ET SAINT-BENOIT

Au coin de la rue de l'Égout demeurait personnellement M. de Longnré en 1691, et la lamille de Listenois plus tard. Mais quel hôte plus illustre y a gardé vingt ans un logement au quatiième étage? Bidevoi, que les Mémoires de if'"« dCÉpiyiay surnomment si volontiers le plnlosoplie de la rue Taranne. Comme ces tories têtes de V Encu^-iopécUe avaient l'oreille des têtes couronnées ! Les grandes cours étrangères faisaient tout leur possible pour attirer les écrivains hardis, si peu persécutés en France qu'ils y avaient eux-mêmes, fussent-ils sans naissance, pour courtisans des grands seigneurs. Rome, par ses contradictions, par ses intluences répressives, qui avaient tant de raison d'être, stimulait plus encore un esprit novateur que Berlin et que Londres par leurs encouragements. Les livres supprimaient la distance, bien avant les chemins de 1er ; les idées auront toujours peine h se réduire en télégrammes, comme un ordre pour l'agent-de-change, ou une commande au tailleur. Est-ce que Catherine II en fut moins la première -a apprendre que Diderot, pour éteindre quelques dettes, voulait vendre sa bibliothèque ? L'impératrice acheta tous ses livres, mais à la condition expresse qu'il en restât le conservateur, avec un traitement à vie.

Les fenêtres de Diderot avaient en perspective un prolongement de la rue de l'Égout, qui en avait porté la dénomination, mais qui s'appelait Saint-Benoît depuis l'aliénation de l'hôtel Bourbon, dont l'ancienne porte servait de nouvelle entrée Il l'abbaye Saint-Germain, où était en vigueur la règle de saint Benoît. Cette ouverture, au-dessous de laquelle se reconnaissent d'anciennes écuries de l'abbaye, est devenue le passage Saint-Benoît.

Un jardin de l'abbaye donnait encore, du temps de Diderot, près de ces écuries, sur la rue Saint- Benoît. Les escaliers à petits piliers de chêne ne

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