‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 65 sur 66 · RUE DU CIIEMIN-VERT · texte numérisé non relu

RUE DU CIIEMIN-VERT

ment l'offrir à l'amoureux, qui en désespérait et qu'elle suivit à Paris. Le duc la mit, rue des Martyrs, dans une maison où Labatte, tapissier, qui avait la spécialité de ces garnitures impromptues, apporta tout ce qu'il fallait. Pour que rien ne s'en ébruitât, l'amant imposa à Labatte de ne pas mettre en circulation et même de conserver sous pli, jusqu'à l'échéance, une lettre-de-change de 5,000 livres sur la conservation de Lyon, dont il payait ses fournitures. Mais les indiscrétions de Labatte, qui prenait d'habitude à contre-pied la recommandation de rester bouche close sur les galantes équipées de sa clientèle, édifièrent un agent de la police qui en fit son rapport, le 4 juillet 1760, et alors la fille Desjardius était lancée, bien que M. de Montmorency l'aimât encore, sans le crier pardessus les toits.

» Ce seigneur esl marié, disuit J'argus de la chroniqua scandaJeuse ; son époase est exlrêmement aimable et l'adore. Il est pour elle d'une indifférence qui approche même de la dureté ! Toutes les fois qu'elle le voyait sortir de chez lui, elle passait les journées à le pleurer, et enfin elle l'a guetté pendant quinze jours, avant son départ, passant les nuits sur son balcon, pour l'embrasser avant qu'il partît. Elle lui sauta au col, ce jour-là, et lorsqu'il fut monté en chaise, elle rentra dans son appartement à lui, qu'elle n'a pas quitté depuis, pleurant jour et nuit. J'ai su ces particularités par des gens attachés à son service. Il est naturel d'imaginer, d'après tous ces torts, que ce seigneur serait très-fâché qu'on sût ses engagements secrets avec la demoiselle Desjardins.

« Cette demoiselle est la même que j'arrêtai à la foire Saint-Germain, travestie en homme, le 28 mars dernier, et qui fut relaxée le même jour, suivant les ordres du magistrat. Elle est connue sous le nom d« la baronne de Fraqueville. »

La maison que le plan de Turgot marquait au

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