‹ Les anciennes universités et la collation des gradesChapitre 6 sur 21 · P. 20 et la première pièce justificative, p. 9, art · texte numérisé non relu

P. 20 et la première pièce justificative, p. 9, art

48 LES AirCIENNES UNIVERSITES

lier de Notre-Dame , pour recevoir de lui la bénédiction apostolique, et la licence en médecine...

<c Le jour de la licence arrivé, les docteurs de la faculté remettaient au chancelier une liste de candidats placés par ordre de mérite. Les noms des candidats admis étaient ensuite proclamés* Les nouveaux récipiendaires se mettaient à genoux, la tète découverte, et le chancelier, ou son vice-gérant, lui donnait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, la licence ou faculté de lire, d'expliquer et de pratiquer pour la médecine et le droit à Paris et ailleurs. La faculté admettait ensuite le licencié parmi ses maîtres, sans nouvelle épreuve, et celui-ci pour obtenir une chaire s'adressait à sa nation. Enfin les lettres de licence étaient sig;Qées du doyen, et scellées du sceau de la Faculté.

a On cherche vainement TÉtat en tout cela »r conclut très justement de ces usages M. Loth(l).

1. La Collation des grades, elles Universités. (Y. Univers^ 8 mai 1876.) .

^^^^™^«^^^-^ ■ ■■! ■ ^^»^^^ !■■■ ■ ^ ■ ■■■■ —.-1 Ml».».—».».! ■■■■■■■■»■ IWl». ..Bl ^^

a Où est le ministre de l'instruction publique? Où est le règlement officiel ? Les examens se passent sur des programmes déterminés dès Torigine par le Saint-Siège ou ses légats, devant des professeurs librement nommés par la corporation, et qui ne relèvent que d'elle. Les grades sont conférés, non en vertu d'une délégation de la puissance royale, mais auctoritate apostolica^ par le chancelier qui tient son pouvoir du pape ; et ce n'est pas au nom de l'État ou du roi, c'est au nom de la sainte Trinité qu'ils sont décernés au candidat agenouillé devant le représentant de l'Église. »

En 1678, Claude Joly, petit-fils de ce Loysel que nous avons déjà cité, écrivait :

« Le chancelier de Notre-Dame continue toujours comme il avait fait auparavant de donner la permission d'enseigner la philosophie, la théologie et le reste. Et c'est de là qu'il a encore le pouvoir de faire les maîtres es arts, de donner la licence aux bacheliers, et le bonnet aux docteurs en théologie ; ce qu'il peut faire avec tant d'au-

50 X LES ANCIENNES UNIVERSITES

torité que Balde a remarqué, au rapport de Guimier, sur la Pragmatique Sanction, que le chancelier peut faire tout seul un docteur... » (1). Ce ne sont pas de minces autorités que Balde, le jurisconsulte des Universités italiennes, et que Guimier, le savant commentateur de la pragmatique.

1. Des anciennes écoles épiscopales et ecclésiastiques, etc. Paris, 1678. Nous reviendrons sur cef important ouvrage, qui complète les précieux renseignements de Loysel.

Coup d'œil sur les Universités d'Allemagne.

Cette liberté du reste n'était pas un privilège de l'Université de Paris. Elle régnait dans toute l'Europe, comme M. de Crozals le démontrait naguère dans une thèse de doctorat où il fait preuve d'une grande impartialité.

ce A l'époque même, nous dit-il, où le parti luthérien s'insurgeait contre la domination du Saint-Siège, on regardait le droit de promotion

1. Conspectus historiœ Ingolstadiensis Academiœ, durante primo a fundatione sœculo^ 1472-1588. Sandoz et Fischbacher, 1877.

aux degrés de renseignement, comme dérivé de la prérogative pontificale. C'est ainsi que lorsque le margrave Albert de Brandebourg (protestant depuis 1526) accorda en 1544 à rUniversité de Kœnigsberg des lettres de fondation, le recteur eut pour premier soin d'écrire au cardinal Bembo à Teffet d'obtenir par ses prières une bulle papale qui attribuât le droit des promotions à la nouvelle Université. »

Le pape promit d'envoyer la bulle si l'empereur confirmait la fondation. Celui-ci refusa, et la bulle ne fut pas expédiée. Il est probable que le pontife voulut éviter de poser un précédent en faveur d'un prince luthérien, même quand celui-ci affectait de reconnaître les prérogatives de la cour romaine. Quoi qu'il en soit, le droit du pape fut dans cette circonstance solennellement affirmé.

Le chancelier des Universités, dit encore M. de Crozals, y représentait le pape ; et comme cette charge était confiée d'habitude par le Souverain Pontife à un haut personnage, c'était

Tévêque d'Aichstedt qui la remplissait dans l'Université d'Ingolstadt (1). En 1528, la faculté de droit dans l'école bavaroise délibéra sur les hautes attributions et sur la prééminence que Ton devait reconnaître au chancelier. Le célèbre Jean Eckius, théologien de l'Université, y souscrivit et fit une docte dissertation sur la Chancellerie universitaire (2). L'article 2 surtout mérite d'être rapporté :

(c Comme il importe à l'Église de Dieu d'établir des écoles publiques et des études privilégiées, c'est à bon droit que le Souverain Pontife y prépose ses chanceliers, pour y. exercer en son nom une intendance sur les promotions, de peur que partout des indignes ou des infidèles n'obtiennent le magistère et l'autorité pour enseigner, et que l'on n'introduise au milieu des brebis du Seigneur, au lieu de pasteurs et de guides, des loups dévorants. »

Page 1