‹ Les anciens canadiens [microforme]Chapitre 2 sur 27 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DE Sainr-Luc ET TlOUS LES MILICIENS.

DE Sainr-Luc.—Braves miliciens, nous avons

beaucoup à faire aujourd'hui. Il faut nous prépa-

rer à soutenir le feu de l'ennemi. Ranimez votre courage à la pensée de vos succès passés. Comme tuujours, attendez l'heure du combat avec assurance et gaieté. La joie et le courage s'unissent dans le cœur des braves. Pour mieux nous préparer à recevoir l’ennemi et exciter notre ardeur, chantons ensemble nos exploits passés. Allons, mon brave, entonne cette chanson que t’inspira le champ de bataille.

(‘ O Carillon ” chanté par un soldat.)

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DE Sainr-Luc.—Bravo, mes amis, vos chants belliqueux font naître le courage et la joie dans tous les cœurs. Toujours gai, sans souci au bivouac, terrible comme un lion sur le champ de batailie ; voilà bien le soldat canadien.

FoNTAINE.—'est-à-dire . ...

LuBé.— Comment c’e:t-à-dire....

FOoNTAINE.—Eh ben! oui, c’est-à-dire que la gaieté au bivouac, ça me va assez pourvu toutefois que l'ennemi ne soit pas trop proche ; t’nez, sur le champ de bataille. .- . ah! non, je ne suis pas fait pour être soldat, moé.... j'aime trop mes semblables.

DE Sainr-Luc.— Comment ?

Dugé (r1ant).— Certainement, mon officier; à telles enseignes que ce grand Fontaine, le brave entre les oraves, qui s’est caché dans la cave du père Michon quand est venu l’ordre de rartir.

FoNTAINE.-—Oui... et pis que c’est toé qui m'a découvert au r’cruteur. Ah! tu mé paieras ben ça, va! mon grand bavard.

UN» socpar.— Allons ! allons! Fontaine, je n’en puis croire Ines oreilles, toi qui descends en droite ligne des héros, des fondateurs de la colonie.

FONTAINE.—J’ai à vous dire que je n’ai jamais descendu autre chose que la côte qui nous sépare d'avec le voisin Gendreau, et qui conduit à l’église de ma paroisse. Si on vous a dit autre chose sur mon individu, on vous a trompé. (Tous rient.) Y’a pas de quoi rire. Je vois ben que si j'suis en guerre aujourd’hui, c'est la faute des grands parleurs. Eh ben ! vous répondrez du sang que je verserai.

DuBé.—Ah! ne t’occupe pas d’ça. Je prends tout sur moi, pourvu toutefois que tu ne verses pas le tien, car celui-là est trop précieux.

FonTaAINE.—Eh ben ! c’est ben pour ça que je

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veux pas m'exposer... Mon Dieu, quand j'y pense, d’voir que j'étais si heureux chez nous, à faire mon petit train et à passer le soir avec ma femme Josette. (27 pleurniche.)

De Sainr-Luc.— Heureusement que les Canadiens comme toi sont rares, mon pauvre garçon (Fontaine lui fait la révérence), car autrement le pavillon anglais flotterait bientôt en vainqueur sur les bords du Saint-Laurent.

Dugé.- Tu seras au moins assez généreux par nous payer la traite afin que nous puissions boire à ta santé.

FonTaine.—Soit !..,. J'aime encore mieux dépenser mon argent avec des bons chrétiens, comme vous autres, que d’le voir enlever p'tête ben par

ces schismatiques d’'Anglais.... Tiens, Pierrot, va su la mère Dupré....(77 {ui donne l'argent.). Ewportes-en du bon....Tu diras que c’est pour

Edouard Fontaine, fils d'André Fontaine, son père, bedeau de la paruisse de Saint-J :n-Port-Joh, et tu seras bien servi.

Tous.— Voilà qui est bien parlé.

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