‹ Les anciens canadiens [microforme]Chapitre 22 sur 27 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

JULES, ARCHÉ.

ARCHÉ (sans voir fules).—Le bruit du combat, le malheur de la défaite, rien ne peut faire taire dans mon cœur la voix terrible du remords qui me ronge comme un vautour. Elle me reproche mes cruautés envers un peuple qui m'aimait que j'aimais, moi aussi, et que j'aime encore. Dieu m'en est témoin. (avec amertume). Oh | je paie bien cher l'honneur de porter les armes de la fière Albion. Et mon frère Jules, ne me sera-t-il pas donné de le voir, de lui dire toutes les angoisses qui déchirent mon cœur. (apercevant Jules). Mais que vois-je... Quel est ce guerrier ?... Grand Dieu! c'est Jules d'Haberville !... (Z/avance quelques pas.)

JULES (sans se détourner). —Lui-même! (47 se « ve, fixe Arché, fait un mouvement d'horreur et détourne la tête) Quoi ! en croirai-je mes yeux ? Estce bien vous Archibald de Locheil ? Ce n’était pas assez d’avoir indignement trahi ceux qui vous aimaient comme leur enfant, vous voulez encore repaître vos yeux du sang qui coule de nos blessures ; vous voulez ajouter l’insulte à la cruauté ? 7... Archibald de Locheil, jusqu’à présent je vous détestais comme un ennemi, maintenant je vous méprise comme un lâche.

ARCHÉ.— Vous aussi, Jules, mon ami, vous me condamnez sans m’entendre.

Juzes.-—Moi, votre ami, cessez de m'appeler ainsi ; misérable proscrit, retirez-vous d'ici ; ne souillez pas plus longtemps mes yeux de votre présence. Et d’ailleurs qui pourrait vous retenir plus heureux en ces lieux. Vous avez vu le dénue-

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