‹ Les anciens canadiens [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 42 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

(a) Quelques personnes m'ont demandé si mon vieux pasteur n’était pas le type d’uñ ancien curé de la paroisse de Saint Thomas, qui, lui aussi, avait baptisé et marié tous ses paroissiens, dont il avait enterré trois générations. Oh, oui! c'est bien le modèle que j'avais sous les yeux en écrivant « La débâcle.» J'ai beaucoup connu le-respectable monsieur Verrault, depuis mon enfance jusqu’à sa mort. C'était un prêtre d’un zèle inextinguible, mais aussi indulgent pour les autres qu'il était sévère pour lui-même, Il aimait la société, et se dépouillait, dans ses rapports avec elle, de la rigidité nécessaire au minietre des autels, quand il exerce ses fonctions. Ce n'était plus alors que le vieillard gai et aimable, se livrant avec entrain aux charmes do la causerie.

La mansuétude du saint homme fut mise un jour à une rude épreuve, à un souper, chez le seigneur du lieu.

J'ai déjà dit, dans une note précédente, que le seigneur Couillard, père de mon ami le Docteur Couillard, si avantageusement connu dans le distriet de Québec, élait un savant en us: il parlait les langues iatins, anglaise et allemande avec

ER

364 Les Anciens Canaaiens

autant de facililé que la sienne propre. Sa mémoire était si prodigieuse, qu'il serait devenu, sans doute, un linguiste dise tingué en Europe, où il aurait eu la facilité d'étudier plusieurs idiomes des nations étrangères. Un régiment de troupes allemandes était stationné à Saint-Thomas : monsieur Couillerd fit la connaissance des ofliciers, et au bout de trois mois parlait

w FRE :

2 DR etats miel «= ER

l'allemand aussi bien qu'eux. Mais grand fut son désespoir, après le départ de ses nouveaux amis, de n'avoir personne pour converser dans une langue qu'il affectionnait,

11 apprend, le jour même du souper dont j'ai parlé plus haut, qu'un docteur allemand, arrivé de la veille, avait élu domicile dans le village de Saint-Thomes. Quelle bonne fortune pour lui ! 11 se rappelle les moments agréables qu'il avait passés peu d’années auparavant dans la société du docteur Oliva, marié à sa cousine germaine, médecin aussi distingué dans sa profession que par ses vastes connaissances littéraires: sans doute que tous les docteurs allemands doivent se ressembler, à peu de chose près. Il se rend aussitôt chez l'étranger, qui lui fait l'accueil le plus aimable. Ils conversent tous deux en allemand pendant deux heures, à se disloquer la mâchoire; et

monsieur Couillard finit par Finviter à souper pour le soir + même. ‘ : 4 à 6

On allait se mettre à (able, lorsque le nouveau docteur arriva 6 half seas over, c’est-à-dire à moitié ivre. Le malheureux n'avait, L

crois, appris de la langue française qu'un Vocabulaue «ie C

it si dise eurs allerd fit rlait poir, onns

haut, nicile pour assés )liva, ns Sa sans er, à i lui x en >, et

soir

rriva vait,

Page 1