‹ Les anciens canadiens [microforme] (volume 2)Chapitre 31 sur 42 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

(a) Les sauvages avaient horreur de la corde; ils préféraient le poteau, où leurs ennemis les torturaient pendant des journées entières. Un jeune sauvage ayant assassiné deux anglais, quelques années après la conquête, sa {ribu ne le livra au gouvernement qu’à la condition exprèsse qu’il ne serait pas pendu. Convaincu de ce meurtre, ‘il fut fusillé Le pays devait être alors sous la loi militaire : une cour criminelle ordinaire n'aurait pu légalement substituer le plomb à la corde dans un cas de meurtre.

Il est de tradition dans ma famille que mon bisaïeul maternel,

le second baron de Longueuil, étant gouverneur de Montréal,

ft pendre un prisonnier iroquois, et que cet acte de rigueur eut

le bon effet d'empêcher ces barbares de torturer les prisonniers

français qu’ils firent ensuite, le baron de Longueuil leur a ant

déclaré qu'il ferait pendre deux prisonniers sauvages pour un Français qu’ils feraient brûler,

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(b) Lorsque les sauvages relournaient “d'une expédition guerrière, ils poussaient, avant d'entrer dans leurs villages, autant de cris de mort qu’ils avaient perdu d'hommes. lJ’ai eu l'occasion d'entendre ces cris lamentables qu'ils tirent du fond de leurs poitrines. C'était pendant la guerre de 1812, contre les Américains. Dix-huit grands chefs, députés des diverses tribus du Haut-Canada vers le gouverneur Provost, vinrent à Québec, pendant l'hiver; ils étaient assis dans le fond des carioles ; et commencèrent à pousser leurs cris de mort vis-à-vis de l’Hôpital-Général, et ne cessèrent que quand ils laissèrent leurs voitures pour entrer dans la maison du «Chien d’or» cù ils furent d’abord reçus,

11 parait que cette réception, dans une maison presque vierge de meubles, fut loin de leur plaire, et qu’ils s’attendaient à être reçus moins cavalièrement. En effet, un aide-de-camp étant venu les complimenter de la part du ge\verneur, un des chefs lui dit que s'ils eussent rendu visite au président des Etats- Unis, on les aurait traités avec plus d’égards à Washington. Dès le lendemain, ils furent logés dans le meilleur hôtel de Québec aux frais du gouvernement. [1 paraît néanmoins qu'ils n’attachaient aucun prix aux meubles des chambres, car ils ne so servirent ni des lits, ni des chaises, pendant tout le temps qu'ils restèrent dans l'hôtel.

Ils ne furent frappés que de deux choses rendant leur séjour dans notre cité: d’abord du flux et du reflux de la marés qni

attira toute leur admiration, ne sachant comment expliquer ce phénomène ; et ensuite de la hauteur de la citadelle. Ils s’écrièrent qu'ils étaient heureux de voir que les grands-couteaux ne culbutgraient pas leur Père (le gouvernevr) dans le grand lac.

lis étaient accompagnés de leurs truchements. Quelqu'un observa en présence d’un chef Sioux qu'il ressemblait au Prince de Galles :

— Je n’en suis pas surpris, répliqua-t-i, car moi aussi je sue k fils d'un Roi.

Une autre personne lui ayant demandé s'il était un grand guerrier :

— Je suis un si grand guerrier, dit-il en se redressant d'un air superbe, que quand je marche au combat, la terre tremble sous mes pieds.

d'ai rarement vu un plus bel homme que cet indien;

An grand

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