‹ Les anciens canadiens [microforme] (volume 2)Chapitre 5 sur 42 · FE · texte numérisé non relu

FE

68 Les Anciens Cnadiens

José entonna alors d’une voix de tonnerre la complainte suivante :

Le roi fut averti par un-de ses gendarmes, D'un appelé La Fin, capitaine des gardes :

Bire, donnez-vous de garde du cadet de Biron Qui a fait entreprise de vous jouer trahison.

LaFin n'eut point parlé, voilà Biron qui entre

Le chapeau à la main faisant la révérence ;

C'est en lui disant : sire, vous plait-il de jouer Mille doublons d'Espagne, que je viens de gagner Ÿ

— Si tu les as, Biron, va-t-en trouver la reine, Va-t-en trouver la reine, elle te les jouera, Car des biens de ce monde longtemps tu ne jouiras

11 n'eut pas joué deux coups, le grand prévost qui entre f Le chapeau à la main faisant la révérence,

C'est en lui disant : Prince, vous plaît-il do venig

Ce soir à la Bastille, où vous faudra coucher ?

ra

— Si j'avais mon épée, aussi mon arme blanche! Ah! si j'avais mon sabre et mon poignard doré, { Jawais prévost de France ne m'aurait arrôté, ]

I y fut bien un mois, peut-être six semaines, Sans être visité de messieurs, ni de dames, ( Hors trois gens de justice faisant les ignorants | Lui ont demandé : Beau prince, qui vous a mis céang

com-

Céans qui m’y ont mis ont pouvoir de m'y mettre C'est Le roi et la reine, qne j'ai longtemps servie, Et, pour ma récompense, la mort il faut souffrir

Be souvient-il le roi des guerres savoyardes, | JR TA D'un coup d’'arquebusade que je reçus sur mon corps? Et pour ma récompense il faut souffrir la mort !

Que pense-t-il le roi, qu’il faut donc que je meure, | Hi + Que du sang des Biron encore il en demeure ! ER RER EN ER P J'ai encore un frère, le cadet d’après moi,

+ Qui en aura souvenance, quand il verra le roi. Il |

l'our le coup de Locheill était complètement éveillé : | à | a voix de stentor de José aurait réveillé la Belle-au-Bois- L | Dormant, plongée depuis un siècle dans le sommeil le [Al plus profond : ce qui est pourtant un assez joli somme, Hi ll | même pour une princesse qu'on supposerait avoir ‘cs franches coudées pour se passer cette fantaisie,

— Mais, dit José, vous, monsieur, qui êtes presque aussi sa ant que le chevalier d'Haberville, vous pourriez peut-être me dire quelque chose de ce méchant roi qui avait fait mourir ce pauvre monsiéur Biron, qui lui avait rendu tant de services,

— Les rois, mon cher José, n’oublient jamais une offense persomselle ; et, comme bien d'autres qui n’oublient jamais les fautes d'autrui, même après expiation,

ils ont la mémoire courte pour les services qu’on leur a rendus.

— Tiens ; c'est drôle tout de même, moi qui croyais que le bon Dieu ne leur avait rien refusé. La mémoire courte ! c’est farceur.

Arché reprit, en souriant de la naïveté de son compagnon :

— Le roi Henri IV avait pourtant une bonne mémoire, quoiqu’elle lui ait fait défaut dans cette occasion : c'était un excellent prince, qui aimait tous ses sujets comme ses propres enfants, qui faisait tout pour les rendre heureux, et il n'est pas surprenant que sa mémoire soit encore si chèreà tout bon Français même après cent cinquante ans,

— Dame ! dit José, ce n’est pas surprenant, si les sujets ont meilleure mémoire que les princes ! C'était toujours cruel de sa part de faire pendre ce pauvre M. Biron !

— On ne pendait pas la noblesse en France, fit Arché ; c'était un de leurs grands priviléges : on leur tranchait simplement la tête.

— C'était toujours un bon privilége. Ça faisait peutêtre plus de mal, mais c'était plus glorieux de mourir par le sabre que par la corde, |

— Pour revenir à Henri IV, dit Arché, il ne faut pas le condamner trop sévèrement : il vivait dans des temps

a enr patate #34 pee A = + P

En 4 ps

ur a

oyais noire

com-

noire, était 1e ses IreUx, ore si eans,

sujets jours n |

rché ; nchait

peutir par

t pas embps

difficiles, à une époque de guerres civiles ; Biron, son parent, son ami jadis, l’avait trahi, et il méritait doublement la mort,

— Pauvre M. Biron, reprit José, il parle pourtant ben dans sa complainte.

— Ce ne sont pas toujours ceux qui parlent le mieux qui ont le plus souvent raison, dit Arché ; rien ne ressemble plus à un honnête homme qu’un fripon éloquent.

— C'est pourtant vrai ce que vous dites-là, M. Arché : nous n’avons qu’un pauvre voleur dans notre canton, et comme il est sans défense, tout le monde le mange à belles dents, tandis que son frère, qui est cent fois pire que lui, trouve le tour, avec sa belle langue, de passer pour un petit saint. En attendant, voici la ville de Québec ! mais: pas plus de pavillon blanc que sur ma main, ajouta José’en soupirañit.

Et pour se donner une contenance, il chercha sa pipe dans toutes ses poches en grommelant et répétant son refrain ordinaire :

— “ Nos bonnes gens reviendront.”

José passa deux jours à Québec, et s'en retourna chargé de tous les cadeaux que de Locheill crut lui être agréable. Il aurait bien désiré aussi envoyer quelques riches présents à la famille d'Haberville, il n’y aurait pas manqué sous d’autres circonstances ; mais ilærn:" ‘it

de les blesser dans leur amour-propre. Il se contenta

HE Poe

de dire à José en lui faisant ses adieux s

— J'ai oublié au manoir mon livre d'heures

priez

e Blanche de vouloir bien le garder jusqu'à

mon retour : c'était un “ Pensez-y-bien.’

ise

mademo

N 85 AU à x 9

tenta

prices asqu'à

Page 1