LE BON GENTILHOMME
Les dei mois que Jules devait passer avec sa a: avant son départ pour l'Europe, étaient deh ep le vaisseau dans lequel il avait pris passage à ss évait fre voile sous peu de jours. De Locheïll était à Leg | occupé aux préparatifs d’un voyag: qui, en moyeñn:
\ devait pas durer moîns de deux mois. Il fallait d'amp amp provisions, et Monsieur d’Haberville avait chargé pages soins le jeune Ecossais, tandis que de leur côté la mère ét la sœur de Jules encombraient les valises des jeunes gens de toutes es douceurs que leur tendresse prévoyante pouvait leur suggérer. Plus approchaît le temps d’une séparation qui pouvait être éternelle, plus Jules était empressé auprès de ses bons parents, qu'il ne pe 4
guère. Il leur dit cependant un jour : s
— J'ai promis, comme vous savez, au bon gentil. homme, d'aller coucher chez lui avant mon départ pour l'Europe ; je serai de rétôur demain ai/matin pour dé. jeuner avec vous.
"Ce disant, il prit son fusil, et s’achemina vers la forêt, tant pour chasser que pour abréger la route.
Monsieur d'Egmont, que tout le monde appelait “ le bôn gentilhomme,” habitait üne maisonnette, située sur la rivière. des Trois-Saumons, à environ trois quarts de lièue du manoir. ‘Il vivait À avec un fidèle domestique, qui avait partagé sa bonne et sa mauvaise fortune. André Francœur était du même âge que son maître, et son frère de lait; compagnon des jeux de son enfance, plutôt son ami, son confident, qué son valet de chambre, dans un âge plus avancé, André Francœur avait trouvé aussi nas turel de s'attacher à lui, lorsque la main de fer du mal- ‘heur l’eût étreint, que lorsqu’en ses jours prospères, il le suivait dans ses parties de plaisir, et recevait les cadeaux dont lé comblait sans resse son bon et généreux maître.
. Le bon gentilhomme et son domestiqüe vivaient alors d'une petite rente, produit d’un capital qu ‘ils avaient mis en comiun. On pouvait même dire que les épargnes du valet surpassaient celles du maître, pravenant d’une perte pension alimentaire que lui faisait sa famille lorsqu ii vivait en France, Etait-ce bien honorable à monsieur d'Egmont de vivre en partie des épargnes de Francœur ? chacun répondra non ; mais I bon genkilhoinme
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— J'ai été riche autrefois, j'ai dépensé la plus grande partie de ma fortune à obliger mes amis, j'ai répandu mes-bienfaits sur tous les hommes indifférem ment, et mes nobles amis ne m'ont payé que d'ingratitude, André seul s’est montré reconnaissant ; André seul m'a prouvé qu'il avait un noble cœur::je puis done, sans manquer à la délicatesse, associer ma: fortune à la sienne, comme. je l’eusse fait avec un. homme de mon rang, s’il s’en fût trouvé un seul, un seul assez généreux pour imiter mon vu d'ailleurs; au dernier vivant la succession.!
Lorsque Jules arriva, le bon gentilhomme PORN à sarcler un.carré de laitues dans son jardin. Tout à sa besogne, il ne vit point. son jeune ami, qui, appuyé sur l'enclos, le Sentemplait en aignce en écoutant son monologue... . ;
— Pauvre insecte l disait le bon PORN PET pauvre petit insecte} j'ai eu le malheur de te blesser, et voilà que les autres'fournis, naguère tes amies, se précipitent sur toi pour te dévorer. Ces petites bêtes sont:done aussi cruelles que les ‘hommes, Je vais te/secourir:! et vous, mesdames . les. fourmis, merci de la leçon; j'ai meilleure:opinion maintenant de mes semblables.
— Pauvre, misanthrope {| pensa Jules ; il faut done qu'il ait bien souffert, ayant une âme si sensible. ,
Et, se retirant:alors sans ni il entra pat: la. pe du jardin. … ‘
Monsieur d’Egront p poussa 1 un cri de joie. ‘en voyant
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