‹ Les anciens canadiens [microforme] (volume 5)Chapitre 25 sur 44 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

(a) Un ilot, dont il cxiste encore quelques restes, mais plus

près du moulin à scie, couronnait le somget de la chute de

- Saint-3homas, pendant mon enfance. On l'abordait quand les

eaux étaient basses, soit en passant sur la chaussée mème du moulin, soit en traversant dans un petit canot les eaux profondes de l'écluse. Pendant les fréquentes visites que ma famille faisait au seigneur Jean-Baptiste Couillard de L’Epinay, son fils et moi faisions des excursions fréquentes sur l'ilot, où nous avions construit une pelile cabane avec les branches de cèdre et de sapin dont il était encore couvert, malgré les

ravages fréquents des débäcles du printemps.

LS

: Mon jeune ami demanda un jour à son père de lui céder ce

pelit domaine, dont il avait mème déjà pris possession

— Volontiers, lui dit son père, qui était un savant en us, mais quel nom lui donnerons-nous ? Attends un peu, et choisis toi-même.

762 Zes Anciens Canadiens

Et il commença alors à faire une nomenciature de toutes ies îles connues, je crois, des anciens Grecs et des anciens Romains, et le fils de lui dire:

9: 4 — Non! non! Il y a une heure que js m'égosille à vous crier que je veux l'appeler «l’ilot au petit Couillard.»

” On fut aux voix ; et toute la société prit pour l'enfant, malgré les réclamations du père désolé de ne pouvoir lui donner un nom scientifique.

Toute la société se transporta l'après-midi sur .l’ilot au petit S : Couillard,» où une excellente collation les attendait; et mon

jeune ami prit possession de son domaine,

O le plus ancien et le plus constant de mes amis! tu m’as qu abandonné sur cette terre de douleurs, après une amitié sans nuage de plus d’un demi-siècle, pour habiter un lieu de repos. Car Loi aussi, à le plus vertueux des hommes que j'ai connu ! tu as bu la coupe amère des tribulations ! tu as vu passer le domaine de tes aïeux entre les maizus de l’étranger ! Et lorsque tu es descendu dans le tombegu, tu n’as emporté avec toi, de toutes tes vastes possessions, de l’ilot même que tu affectionnais pendant ton enfance, que la poignée de terre que le fossoyeur, et tes amis ont jeté sur ton cercueil! .

es

er

ré

an

tit

Page 1