‹ Les anciens canadiens [microforme] (volume 5)Chapitre 8 sur 44 · EC 2 7 TT · texte numérisé non relu

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Qui a fait entreprise de vous jouer trahison.

LaFin n'eut point parlé, voilà Biron qui entre Le chapeau à la main faisant la révérence ; C’est en lui disant : sire, vous plaît-il de jouer

Mille doublons d'Espagne, que je viens de gagner Ÿ n.

— Si tu les as, Biron, va-t-en trouver la reine, Va-t-en trouver la reine, elle te les jouera,

Car des biens de ce monde longtemps tu ne jouiras

à T1 n'eut pas joué deux conps, le grand prévost qui entre Le chapeau à la main faisant la révérence,

C'est en lui disant : Prince, vous plait-il de venir

Ce soir à la Bastille, où vous faudra coucher ?

— Si j’avais mon épée, aussi mon arme blanche Ah! sij'avais mon sabre et mon poignard doré,

Jamais prévost de France ne m'aurait arrêté,

Il y fut bien un mois, peut-être six scmainer, és Sans être visité de messieurs, ni de dames, Hors trois gens de justice faisant les ignorants

Lui ont demandé : Beau prince, qui vous a mis céang

Zes Anciens Canadiens

—Céans qui m'y ont mis ont pouvoir de m'y mettre

C'est Le roi et la reine, que j'ai longtemps servie,

Et, pour ma récompense, la mort il faut souffrir.

8e souvient-il le roi des gucrres savoyardes, D'un coup d'arquebusade que je reçus sur mon corps?

Et pour ma récompense il faut souffrir la mort !

A ne SG

Que pense-t-il le roi, qu’il faut donc que je meure, Quo du sang des Biron encore il en demeure :

J'ai encore un frère, le cadet d’après moi, 1)

Qui en aura souvinance, quand il verra le roi.

Pour le coup de Locheill était complètement éveillé : a voix de stentor de José aurait réveillé la Belle-au-Bois- Dormant, plongée depuis un siècle dans le sommeil le Le plus profond : ce qui est pourtant un assez joli somme, même pour une princesse qu’on supposerait avoir ses : franches coudées pour se passer cette fantaisie,

— Mais, dit José, vous, monsieur, qui êtes presque aussi savant que le chevalier d'Haberville, vous pourriez peut-être me dire quelque chose de ce méchant roi qui avait fait mourir ce pauvre monsieur Piron, qui lui avait rendu tant de services.

— Les rois, mon cher José, n'oublient jamais une offense personnelle ; et, comme bien d’autres qui n’oublient jamais les fautes d'autrui, même après expiation, :

ils ont la mémoire courte pour les services qu’on leur a rendus. ; 'ASPONELS

— Tiens ; c’est drôle tout de même, moi qui croyais que le bon Dieu ne leur avait rien refusé. La mémoire courte ! c’est farceur.

Arché reprit, en souriant de la naïveté de son come pagnon :

# *— Le roi Henri IV avait pourtant une bonne mémoire, !

quoiqu’elle lui ait fait défaut dans cette occasion : c'était un excellent prince, qui aimait tous ses sujets comme ses + propres enfants, qui faisait tout pour les rendre heureux, et il n’est pas surprenant que sa mémoire soit encore si

chère à tout bon Français même après cent cinquante ans,

H , e V4 . Q ” — Dame! dit José, ce n’est pas surprenant, si les sujets ont meilleure mémoire que les princes ! C'était toujours

cruel de sa part de faire pendre ce pauvre M. Biron! , — On ne pendait pas la noblesse en France, fit Arché ; c'était un de leurs grands priviléges : on leur tranchait

simplement la tête.

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, — C'était toujours un bon privilége. Ça faisait peutêtre plus de mal, mais c'était plus glorieux de mourir par le sabre que par la corde, |

, rt — Pour revenir à Henri IV, dit Arché, il ne faut pas

le condamner trop sévèrement : il vivait dans des temps |

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