Mahen, lettres du pape Jean VIII
3. Louenan, contemporain du roi d'Angleterre Edouard I (901-925) (4).
Après cet évêque l'invasion normande ruine l'établissement ecclésiastique de Dol. Le clergé dolois se retire sur
politain de Dol, il ait tenu à mettre en relief le droit qu'il avait sur le siège de celui-ci.
(1) Ces renseignements se déduisent : 1° pour Dol, Saint-Brieuc et Tréguier, de la lettre du concile de Soissons (Hardouin , Conc, t. V, p. 493) ; 2° pour Léon, de la vie saint Malo (cf. ci-dessus, p. 87; 3" pour Alet, Quimper et Vannes, du Cartulaire de Redon.
(2) Jaffé, 2789, 2806, 2807.
(3) Jaffé, 3003, 3144; dans la première, il est appelé Mainus; dans l'autre, Malien.
(4) Lettre de Rohbod, prévôt de Saint-Samson, au roi Ethelstan, publiée par Duffus Hardy dans le commentaire de son édition de Guillaume de Malmesbury (Migne, P. L., t. CLXXIX, p. 1105).
le territoire français. Au temps du roi d'Angleterre Ethelstan (925-931), on trouve à sa tête le prévôt [praepositus) Rohbod. En 930, ces exilés avaient un évêque , Aganus, qui se qualifiait d'episcopus sancti Samsonis. Il résidait à Orléans , à l'abbaye de Saint-Symphorien , qui lui fut concédée, cette année-là même, par Hugues le Grand, duc de France.
Alet.
Rethwalatre est mentionné dans les chartes de Redon , depuis le 18 janvier 856, peut-être plus tôt (1).
Ratuili figure dans la même série de documents, depuis .le 13 juillet 866 jusqu'au 10 février 872. C'est à lui que le diacre Bili dédia la Vie de saint Malo.
Bill, auteur de la Vie de saint Malo. D'après un des deux récits de la translation de ce saint (2) , son épiscopat aurait coïncidé, pour une certaine part, avec le règne d'Alain le Grand (888-907) ; comme ce récit soulève de très graves difficultés (3), le synchronisme qui s'en déduit ne saurait être considéré comme bien sûr.
Saint-Brieuc.
Tréguier.
Pour ces deux sièges, aucun évêque du neuvième siècle n'est connu, sauf Gaturbrius et Félix, nommés dans la lettre du concile de Toul (Savonnières), du 14 juin 859, sans désignation de siège, mais dans des conditions qui ne permettent pas de douter que ce ne soient des évêques de
(1) La lettre d'Erispoé {Cartul. , p. 366) peut être de l'une quelconque des années de ce prince (851-857). — C'est, je pense, à cet évêque qu'il convient de rapporter une lettre de Nicolas I" (Jafifé, 2852; Migne, P. L., t. CXIX, p. 1130) adressée à un Rivoladi'us episcopus. De cette attribution il résulte que Rethwalatre était encore évêque en 858, la première année de Nicolas I"; c'est tout ce qu'on peut dire, la lettre n'étant pas datée.
(2) Plaine et de la Borderie, Vies de saint Malo, p. 121.
(3) Sur ceci, v. Revue celtique, avril 1890, p. 20-22.
Saint-Brieuc et de Trégiiier(l), Lequel était de Saint-Brieuc, lequel de Tréguier? On ne saurait le dire.
L'évoque de Tréguier qui, menacé par les Normands, emporta en France les reliques de saint Tutgual , est appelé Gorennanus ou Guoernanus par le troisième des biographes de ce saint (2).
(1) La lettre (Hardouin, t. V, p. 493) est adressée à quatre évêques : Fastcarius , Wernarius , Gaturbrius et Félix. Les deux premiers sont ceux de Dol et de Rennes. Quant aux deux autres, la nature de la démarche représentée par la lettre conciliaire et les rapports qu'elle suppose, excluent absolument les titulaires anciens ou nouveaux des sièges de Nantes, Vannes, Quiraper, Saint-Pol et Alet; les anciens, parce que les destinataires de la lettre sont censés résider en Bretagne et jouir d'un grand crédit auprès du duc Salomon ; les nouveaux , parce que le concile les considère comme des intrus, les désigne mémo, sans les nommer, comme des personnes excommuniées avec qui l'on ne doit point avoir de rapports. Les quatre évoques de Rennes, Dol, Saint-Brieuc, Tréguier, se trouvaient dans une situation différente. Celui de Rennes n'était intrus à aucun degré ; tout son tort se réduisait à se tenir en dehors de l'obédience métropolitaine de Tours; les trois autres n'avaient, dans un certain sens, évincé personne ; avec un peu de complaisance (et le concile était obligé d'en montrer), on pouvait les traiter comme des évoques légitimes. L'épiscopat franc et la cour de Rome fermèrent de bonne heure les yeux sur l'érection des nouveaux sièges; ce qui leur tenait à cqeur, c'était la dislocation de la province de Tours ; et, sur ce point, leurs réclamations finirent par être satisfaites. On conçoit donc que le concile de Toul soit entré en rapport avec les évéqucs des nouveaux sièges bretons, alors mémo qu'il tenait énergiquement rigueur aux successeurs illégitimes de Susannus, Salacon, Actard, etc.
(2) La Borderie, Vies de saint Tudual, p. 41.