‹ Les anciens catalogues épiscopaux de la Province de ToursChapitre 33 sur 36 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

siècle pour reconstituer les séries épiscopales de Vannes et de Quimper se produisirent trop tard pour que l'on pût en ressaisir le commencement, la partie correspondant au temps d'avant les Normands. Quant aux autres diocèses, il ne s'y est conservé aucune liste, ni bonne ni mauvaise. Leur histoire ne peut se foncier que sur les documents qui mentionnent isolément les évêques, conciles, vies de saints, histoires, chartes, correspondances, etc.

En s'aidant de ces documents pour les diocèses de la péninsule armoricaine et en les combinant avec les listes pour les diocèses de Tours, Le Mans, Angers et Nantes, on arrive à constater les faits suivants :

Le plus ancien souvenir chrétien de la province est le martyre des deux jeunes saints de Nantes, Donatien et Rogatien. Il n'est pas sûr qu'ils doivent être rangés parmi les victimes des édits rendus contre les chrétiens en 303 et 304 ; il y aurait plutôt lieu de les reporter à une date antérieure. Mais ni ce fait, ni le document où le récit s'en est conservé, ne permet de conclure avec certitude que le siège épiscopal de Nantes fût déjà fondé au moment oii les deux saints moururent pour la foi.

La plus ancienne église de la province est très probablement celle de Tours. 11 est douteux qu'elle remonte jusqu'au milieu du troisième siècle , comme l'a cru Grégoire. Des traditions recueillies par révêque-historien, on peut cependant déduire que l'église de Tours fut organisée dès le temps de Constantin. Les églises du Mans, d'Angers, de Nantes, ne paraissent pas remonter tout à fait si haut. Leurs origines n'atteignent guère que le milieu du quatrième siècle.

Quant aux églises situées plus à l'ouest, elles doivent avoir à peu près la même antiquité que les précédentes ; elles auront été fondées vers le déclin du quatrième siècle. Ici cependant nous n'avons pas d'attestation directe; on ne peut plus s'appuyer que sur l'analogie fournie par les diocèses voisins et la vraisemblance qui résulte de ce que

nous savons de l'organisation ecclésiastique du monde romain au temps de Théodose et d'Honorius. Nous avons, je crois (1), les noms des quatre évêques qui, en 453, gouvernaient les églises des cités de Rennes, de Vannes, des Ossismes et des Corisopites ; mais il n'est pas possible de les répartir avec précision entre ces quatre églises. Peu après 460 apparaissent les premiers titulaires bien définis des sièges de Rennes et de Vannes; en 511, celui de la cité des Ossismes ; pour Quimper, il faut descendre jusqu'au neuvième siècle.

Avant cette date, dès la fin du cinquième siècle et le commencement du sixième, se produit l'immigration bretonne , qui se fait sentir dans toute la province , sauf les diocèses de Tours, d'Angers, du Mans, et aboutit d'abord, au point de vue religieux, à la fondation d'un grand nombre de monastères isolés. Sur la côte nord, entre les anciennes cités des Ossismes et des Redons et à leurs dépens, il s'organise une sorte de royaume plus ou moins indépendant, qui porte le nom de Domnonée. A la longue, peutêtre avant la conquête franque de 799, peut-être auparavant , les établissements religieux de cette région sont groupés autour du siège épiscopal d'Alet ; enfin, en 848, Nominoé divise la Domnonée en quatre diocèses épiscopaux, ceux de Dol, Alet, Saint-Brieuc et Tréguier.

(1) Voy. p. 84, note 1.

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