‹ Les anciens corps d'arts et métiers de NantesChapitre 11 sur 25 · MAÇONS · texte numérisé non relu

MAÇONS

Sans remonter à la Tour de Babel, il est des travaux plus récents qui ont mis en relief la valeur des artisans de ce nom, et en particulier la construction de la cathédrale de Strasbourg, et de plusieurs autres Eglises, également importantes, élevées à la même époque; c'est même, dit-on, à la construction de ce monument qu'il faudrait rattacher les premiers éléments connus d'une association, qui se répandit partout mais surtout dans les Provincesdu Nord. L'équerre, le niveau

et le compas, devinrent les signes caractéristiques de leur confrérie, et pour mieux réussir à taire un corps à part dans les ouvriers, ils adoptèrent des mots de ralliement et certains allouchemenls pour se distinguer. Ils nommaient cela le signe des mots, le salut, le signe manuel. Ils juraient naturellement, en entrant, de ne jamais divulguer les mots ou les signes secrets de l'association, non j)lus que les statuts de la Société.

Tout maçon qui avait une conduite irrégulière, qui n'o))servait pas les préceptes de la religion, était déclaré indigne de faire partie d'aucune de ces assemblées.

Les maçons comprenaient trois corps distincts, les maçons proprement dits, dits aussi Tailleurs de Pierre; les morlelliers qui étaient plutôt chargés de préparer le ciment, tout en concourantau travail commun, et les Plâtriers à qui incombait le même travail qu'ils font encore aujourd'hui. Au début, ils furent rattachés, nous l'avolis déjà signalé, à la corporation des charpentiers, chez (jui nous avons également fait remarquer cette méthode d'association, et le même soin jaloux de se reconnaître entre eux par des signes secrets.

Les jetons fraj)pés pour la communauté, portent en général des devises, et des images se rapportant à leur métier.

Aucun statut à Nantes pour cette catégorie d'ouvriers, aucune pièce qui les concerne, que cette courte note relevée dans l'histoire de Nantes, de l'abbé Travers, Tome IIL'.

« En 1590, le 2 mars, les Maçons et les manœuvres présentèrent une requête à la police, tendant à faire augmenter le salaire de leurs Journées, Il fut réglé que, depuis la mi-mars jusqu'à la mi-octobre, les journées des maçons seraient paj'éesdouze sous, et depuis la mi-octobre jusqu'à la mi-mars dix-sous. Les Journées des manœuvres furent taxées à deux sous de moins. »

Tout ce que je puis dire d'eux, pour notre ville, c'est qu'ils sont mentionnés dans la cérémonie qui eut lieu à l'occasion du mariage de Louis XII et de la Duchesse Anne. « Ils portaient une truelle d'agent sur un écusson couleur de prison ».

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