‹ Les anciens forts de Lachine et Cavelier de La Salle [microforme]Chapitre 12 sur 23 · L’ANCIENNE ÉGLISE DK LACHINE · texte numérisé non relu

L’ANCIENNE ÉGLISE DK LACHINE

Pendant les premières années, les habitants de la côte étaient desservis par les messieurs du Séminaire, qui d'ordinaire célébraient la messe dans la maison d'un des colons. Du temps de M. de La Salle et jusqu'à l'année 1676, la messe a dû être dite à la mission de la Présentation et quelquefois dans la maison'do La Salle ou de Millot, et dans celle d'un colon du bas de la côte de la Chine, près du fort, nommé Jean Fournier. M. Remy dit dans une note écrite en tête des régistres que ‘ Lachine fut des- ‘ servi du dit lieu de la Présentation depuis l’année 1673 jusqu’à ‘ l'année 1675.” En été, le missionnaire ne pouvait s'y rendre qu'en canot. Un dimanche de mai 1675, le canot chavira et le missionnaire, M. Bailli, dût se sauver à la nage ; mais le canotier, nommé George Allain, se noya. Cet accident détermina le Séminaire à construire une chapelle à Lachine même.M, Guyotte, prêtre du Séminaire, fut chargé de cette entreprise, La chapelle fût construite en bois dans l'enceinte du fort, par Pierre Gaudin dit Châtillon, cultivateur et charpentier du bas de la côte. Elle fut ouverte au culte le Jeudi-Säint 1676. A la demande des paroissiens, elle fut dédiée à Dieu sous le vocable des Saints Anges. Le registre de Villemarie du 4 octobre 1677, dit que Vincent Alix est ‘habitant de la Chine, isle de Montréal, ‘* paroisse des Saints-Anges.” Comme il n’y avait pas encore de presbytère, un certain nombre des actes de l’état civil avaient lieu à la ville ou à la Présentation.

C’est cette chapelle de bois qui servit d'église paroissiale de 1676 à 1791, époque où l'on bâtit la ‘ grande église en pierre ”dit le registre de Lachine, près du site de l’ancienne chapelle : elle n’a été démolie qu’en 1869.

M. Pierre Remy, prêtre du Séminaire, l’ancien supérieur des Sœurs de la Congrégation, en fut nommé le premier curé le 10 novembre 1680. M. Remy, né à Paris, était venu au Canada sous diacre, le ler juin 1671: il futordonné prêtre le 31 mai 1676. Le fort ne tarda pas à prendre le nom de ce zélé et généreux pasteur: ille garda dans la suite des temps indistinc-

tement avec celui de l'Eglise ou de la Chine, On lit dans les ‘ Mandements des Evêques,” année 1683, vol. ler, p. 128 :—* Monsieur Remy, prêtre de Saint-Sulpice, dessert

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Ia Chine, le haut de l'Ile de Montréal et Châteauguay ; il fait ‘‘ sa résidence à la Chine.

Il y à 60 familles et 255 âmes. [l y a une chapelle de 36 ‘* pieds de long et de large.

“ Elle est dédiée aux Saints-Anges ; il y a un presbytère.

“Haut de VIe —%Le haut de l'Ile est distant de la Chine de 5 “lieues. Il y a 18 familles et 59 âmes ; on y dit la messe dans “une maison particulière, y ayant ni chapelle ni presbytère. ”’

J'ai raison de croire que l’assortion, contenue dans le mémoire des Sœurs, que le curé de Lachine continua de résider à la Présentation, au moins jusqu'à l'année 1685, est exacte. Le presbytère de bois ne fut construit qu'après le 5 avril 1680 : (Voir Vieux Lachine p. 27) durant cette année-là même, dit le mémoire des Sœurs, Jusqu à l'année 1685, il n'aurait servi que de résidence passagère au curé qui continua d'habiter la Présentation. C'est ce que semble dire un billet annexé au titre de concession de Jacques Morin, déposé au greffe de Bourgine, 1685, et qui se lit comme suit : ‘Jacques Morin m'ayant dit “qu'il avait perdu le billet que je lui ai donné de son habitation ‘ par ordre de Monsieur Dollier, il y aura trois ans l'automne ‘ prochain, et me priant de lui en donner un autre pour en faire ‘ faire le contrat, je lui ai accordé le présent billet de quatre ‘arpents de front sur vingt de profondeur, aux charges et con- “ ditions ordinaires. En foy de quoy je luy ay signé le présent ‘en la Présentation le ?28ième juillet 1685 (Signé), Remy curé de ** la Chine.”

On verra plus loin, en parlant du fort de la Présentation, que le 7 septembre 1685, le domaine de la Présentation fut cédé par le Séminaire à Agathe de Saint-Perre, épouse de Pierre le Gardeur, sieur de Repentigny, et qu'il était livrable au nouveau pro priétaire à Pâques de 1686. Il faut donc supposer qu'à partir de cette date, le curé résida au fort de Lachine et que les Sœurs n'ont occupé qu'une partie du presbytère, Aussi l'édifice continua-t-il d'être connu sous le nom de presbytère, ce que constate

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