‹ Les anciens forts de Lachine et Cavelier de La Salle [microforme]Chapitre 18 sur 23 · SITE DE L'ÉTABLISSEMENT DE LA PRÉSENTATION · texte numérisé non relu

SITE DE L'ÉTABLISSEMENT DE LA PRÉSENTATION

La localité appelée aujourd’hui Dorval, vis-à-vis des isles de ce nom, est bien l'endroit où le fort de la Présentation fût bâti, Mais comme le domaine, qui en dépendait, avait 20 arpents de profondeur sur dix-neuf arpents de front sur le teuve, à partir de la terre de Jacques Morin, en montant, il n'est pas facile de tracer le site précis de la mission et du fort, vu surtout que la maison, la grange et toutes les bâtisses, à l'exception d’une cave et d'une cheminée, étaient de bois, Je crois néanmoins que l'on peut y arriver.

Pierre Le Gardeur resta propriétaire du domaine de la Présentation jusqu'au 29 janvier 1691, époque où il le céda à Jean- Bte Bouchard dit Dorval,

Les Bouchard dit Dorval comptent parmi les premiers habitants de cette partie de l'île, Ils étaient voyageurs et traiteurs, et comme leurs co-paroïssiens, Frs Lenoir dit Rolland, Charles Le Moyne, Jean Millot et René Cuillerier, c'était moins par l'agriculture que par cette sorte de commerce qu'ils étaient attirés en ce lieu,

Le 17 septembre 1685, l'un d'eux, Paul, habitant du haut de la Présentation, S'engageait à Frs Le Noir % pour faire avec luy

“le voyage des [ynois l'année prochaine.”

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Le nom de la petite rivière Bouchard vient de celui de cette famille, Ce fut Jean-Baptiste Bouchard dit Dorval, le successeur de Repentigny, qui imposa son nom aux trois îles jusque là ap-

pelées “de Courcelles ?”

ou “la Présentation.” Enfin de nos jours et depuis le commencement de ce siècle, le nom de Dorval a remplacé celui de la Présentation même sur l’île de Montréal,

Chose certaine, les bâtisses ne pouvaient être sur la terre: voisine à l’ouest de Morin, (Herron de nos jours) le marais qui en forme la devanture rendant ce local impropre à la construction d'un fort, C’est aussi ce que nous laisse entendre le procèsverbal d'arpentage de la terre de Jacques Morin (celle que j'occupe), fait le 7 novembre 1685 par Gédéon de Cathalogne dit Laliberté (1) ‘“'arpenteur et soldat de M. de Lorimier.” (plus tard enseigne de M. de Subercase), déposé au greffe de Bourgine, De Cathalogne fait rapport qu'elle est bornée à l’est par René Chartier et à l’ouest par le domaine de la Présentation, et que la terre est coupée par la petite rivière ** Bouchar ” et aboutit au lac du même nom, qui n’est aujourd'hui qu'un marais connu sous le nom de prairie de Guillaume. Puis mention est faite d’une route et du pont de la Présentation sur la rivière ‘ Bouchar, ” ce qui démontrerait que la route ou ehemin public était loin de la rive et du chemin actuel, évidemment à cause des marais qui se trouvaient en haut et en bas de la propriété de Morin.

J. Bte, Bouchard dit Dorval resta propriétaire du domaine de la Présentation et des îles Dorval jusqu'à sa mort vers 1705, (2) laissant une succession insolvable et plusieurs enfants d'un deuxième lit qui se portèrent douairiers et créanciers, Le domaine fut partagé entre les créanciers etles enfants. Un de ces créanciers était Charles de Couagne, négociant important de la rue St Paul, à Montréal, Il eut pour sa part 6 arpents, 4 perches, 10 pieds et 10 pouces de front du domaine et les trois îles, Son fils, René, vendit ces six arpents et quelques perches, mais non les îles, à Antoine Meloche, le 18 décembre, 1753, Hodiesne notaire, Ce n’est que plus tard que Meloche acquit les îles et elles res-

(1) C'est le seul acte où le surnom ‘‘ Laliberté”’ soit donné à de Cachalogne.

(2) Mgr. Tanguay dit “avant 1704.” En octobre 1704, il faisait opposition au décrêt de son domaine à la poursuite de Guillaume Lord, cessionnaire de Charles de Couagne. Jug.et Del. vol. 4, p. 1102.

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tèérent dans sa famille jusqu'à ces dernières années, alors qu'elles passèrent à Sir George Simpson.

Cette vente à Meloche constate que cette terre est bornée à l’ouest par Pierre Legault dit Deslauriers (fils de Noël) et à l’est par Antoine Picard (la terre de Morin), Puis il y est déclaré que ‘la dite terre est presque toute en bois debout et fredoches ‘€ sans sur icelle aucun bâtiment." La mission n'était donc pas sur ces six arpents et quelques perches, formant aujourd’hui la terre des Monette ou de Benjamin Décary et celle de Ierron, l’une de 44 arpents et l’autre de 2 arpents,

Pierre Legault dit Deslauriers avait acquis de son père Noël, par acte devant Hodiesne, passé le 6 mars 1750, et Noël avait acquis de Pierre Barsalou et sa femme, Geneviève Bouchard dit Dorval, fille de J.-Bte, (née le 16 octobre 1696,) par acte devant Adhémar le 28 janvier 1746, Prix 1800 livres. Les contrats disent que cette terre avait 5 arpents + perches et 9 pieds de front, et était bornée à l’ouest par Jean-Bte Bouchard dit Dorval, fils de J.-Bte, (né le 18 janvier 1698,) et à l’est par de Couagne “avec tous les déserts et terres labourables, sans bâtiment." La mission n'était donc pas non plus sur la part de Geneviève Bouchard dit Dorval, formant aujourd’hui les terres Shackell et Murray, de deux arpents chacune, et un arpent et quelques perches de la terre voisine à l’ouest de M, Alexis Brunet, qui a trois arpents ; mais elle en était tout près, puisque le désert avoisine toujours le fort, afin de faire de la culture et de se mettre à l'abri des surprises des Troquois. Je n’ai pu me procurer les anciens titres de M. Brunet; nous savons qu'il tient un arpent et quelques perches de Geneviève Bouchard dit Dorval, et que le surplus formait la part de son frère Jean-Baptiste, à près de douze arpents de la ligne de Jacques Morin,

Ilest bon d'observer que le terrier donne au domaine 19 arpents de large: sur 20 de profondeur ; mais dans le contrat à Delle de Saint-Perre, le Séminaire ne donne pas de mesure précise et l’oblige même d'en faire faire l’arpentage, Les deux dernières terres du domaine à l'ouest d'Alexis Brunet, aujourd'hui celles de Madame Roy et de Dosithée Legault, plus basses que les premières et souvent inondées le printemps, étaient évidemment impropres à une culture immédiate et encore plus

à la construction d'un fort, Placée là, la mission aurait d’ailleurs

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été loin du centre du domaine, La terre de M, Brunet et celles de M. Murray et de M. Shackell, par leur position élevée sur le fleuve, formant un des plus beaux plateaux de tout Lachine et d'une soixantaine d’arpents en superficie, se prêtaient à une culture profitable et presque sans travaux d'irrigation. Le choix de ce site s’imposait tout naturellement, Nous avons vu qu'il n'y avaitaucun bâtiment sur les terres aujourd'hui occupées par MM. Herron, Décary, Murray et Shackell. Les bêtiments étaient donc sur la part de J, Bte Bouchard, fils (M, Brunet), à environ unarpent de la ligne d'en bas, à l'ouest, sur le fleuve, c’est-àdire près de la rue Brunet, à quelques pieds à l’ouest de sa muison de briques, vendue dupuis peu à W. R. Torrance. Voilà ce que les titres et la situation des lieux prouvent.

De son côté, M. Brunet à mémoire qu'en creusant les fondations de cette maison de briques, les ouvriers eurent à démolir à coups de pique et.de pince, de gros murs ensevelis sous le sol qui devaient être ceux dela cave de pierre mentionnée dans l'acte d'échange du 7 septembre 1685.

C’est bien là que la mission de Gentilly a été bâtie par le Séminaire, vers 1666, et dont l’une des chambres servait de chapelle, C’est la chapelle qui, d’après Faillon, fut dédiée au mystère de la Présentation de Marie au temple, et qui finit par donner son nom à toute la localité, depuis la montée de Liesse jusqu'à la Grand’'Ance. Une croix plantée à la rue Brunet, près de cette maison de briques, indiquerait le lieu de cette première chapelle à Lachine, qui servit au culte jusque vers 1686,

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